I. Voir Steffens, p
Nous avons accordé une telle attention à la théorie MCller-Schumann, autant à cause de son autorité et de son intérêt intrinsèque que parce que c'était l'obstacle principal pour accepter les vues générales que nous avons exposées dans ce chapitre. Nous avons trouvé que tous les essais pour dériver une forme de la perception du mouvement d'une autre forme étaient futiles. L'étendue n'est pas perçue en termes de temps ou de position, mais au moyen de sensations qui représentent directement l'étendue. La force n'est pas perçue en termes d'étendue, mais au moyen de sensations qui représentent directement la force. Et alors nous voyons que le poids n'est pas perçu en termes de temps mais au moyen de sensations d'effort et de rotation des jointures qui nous apparaissent comme représentant directement le poids.
Un aperçu semblable sur la perception du temps serait vrai très probablement quoiqu'on ne puisse pas le faire avec certitude. On a supposé que le temps est perçu en termes de tension musculaire, c'est-àdire en termes de force, idée qui a été adroitement exposée par Mûnsterberg \ Il est difficile d'appliquer cette théorie aux faits de battre la mesure ou de jouer en mesure. Un musicien a souvent besoin de faire des mouvements d'égale durée mais de force variable. La théorie peut essayer d'expliquer ceci en supposant que la perception du temps est basée sur d'autres mouvements simultanés exécutés avec une force uniforme.
I. Dans ses Beitrâge zur experimentellen Physiologie, 1889, II. i3-54.
WOODWORTH. 10
1^0 LE xMOrVEMENT
On peut supposer que les mouvements respiratoires peuvent servir de base pour la perception du temps, mais cela ne peut pas être vrai pour un chanteur qui doit respirer à des intervalles irréguliers et avec une force inégale. Dans ce cas la théorie peut supposer que la mesure du temps est trouvée encore dans d'autres mouvements, mais j'ai trouvé qu'il était possible de battre la mesure et même très exactement à Taide de contractions générales alternées par forte et par faible de tout le système musculaire, les muscles respiratoires y inclus. Il est donc probable que la donnée sensorielle sur laquelle est basée la perception du temps ne coïncide pas avec la donnée appropriée à la perception de la force.
Chaque forme de perception semble donc s'appuyer directement sur une donnée sensorielle et non pas sur une autre forme de la perception. Et les données sensorielles pour deux formes de perception difierent beaucoup. Non pas que nous ayons une sensation qui représente la pesanteur seule ou la force seule ou le temps seul. La qualité rudimentaire de chacune de ces amplitudes est présente dans chaque sensation du mouvement. Mais les traits particuhers de la sensation, qui représentent chaque amplitude, ne coïncident pas avec ceux qui en représentent une autre.