Preuve pstchologique et clinique du sens musculaire
Après ce que nous venons de voir, nous désirons
montrer si des sensations vraies, conscientes, peuvent prendre naissance en stimulant les nerfs sensoriels des muscles. On ne peut répondre à cette question d'une façon satisfaisante qu'en observant des sujets humains.
Duchen:!«e a fait plusieurs observations, dans des cas où un accident ou une opération avait laissé les muscles à nu*. Il leur a appliqué l'électricité et a demandé au patient de décrire les sensations qu'il éprouvait. Lorsque la stimulation électrique était faible, la sensation était émoussée ; si la stimulation était assez forte pour provoquer une contraction tétanique, la sensation était très douloureuse.
Goldscheider* a obtenu des résultats semblables sans opération chirurgicale, après avoir anesthésié la peau par une injection sous-cutanée de cocaïne. Une pression sur la partie anesthésiée produisait une sensation émoussée, diffuse, se rapportant subjectivement à l'intérieur du membre. La stimulation électrique produisait des sensations de même nature, qui cependant n'avaient lieu que lorsque la stimulation était assez forte pour produire une contraction musculaire considérable.
On peut attribuer les crampes musculaires et les sensations de fatigue aux nerfs profonds, du moment qu'une pression sur le muscle fatigué produit une sensation douloureuse, qu'on n'obtient pas en pinçant la peau. La localisation subjective des sensations.
1. DucHENNE. FAectrisation localisée, 3® édit. Paris, 1872, p. 761.