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Zeitschrift fur klin. Medicin, 1889, XV

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qui souvent n'est pas un guide certain pour en faire connaître l'origine, est très exacte dans les cas de crampes. On peut dire la même chose des douleurs causées par le rhumatisme musculaire ou articulaire, la goutte et autres maladies de ce genre. Subjectivement, ces sensations se rapportent à l'intérieur du membre, et l'origine en est montrée par le fait que l'inflammation qui les cause a son siège à l'intérieur. Les douleurs rhumatismales et autres semblables peuvent se produire dans les muscles, les jointures, le faciès et les os.

Il nous a été donc possible de démontrer que les nerfs sensoriels des muscles et des autres structures internes peuvent avoir de l'influence sur les centres nerveux conscients aussi bien que sur les centres réflexes. Mais nous n'avons pas prouvé que nos sensations habituelles de mouvement corporels se produisent à l'intérieur des membres.

Le sens du mouvement, dont nous essayons de localiser les organes sensoriels périphériques, nous donne les informations suivantes :

1® Il nous informe sur la direction, l'étendue et la rapidité de nos mouvements volontaires ;

2® Il nous donne les mômes informations en ce qui concerne nos mouvements passifs, c'est-à-dire les mouvements imprimes à nos membres par des agents extérieurs ;

3° Il nous informe quelle est la résistance que rencontrent nos mouvements, comme le poids, l'interférence avec les mouvements libres, etc. ;

4° 11 nous permet de dire dans quelle position est placé chaque membre ; il nous indique donc le carac-

tère et le degré de l'effort que nous devons tenter, pour placer un membre dans une position quelconque;

5° 11 nous permet de guider nos mouvements d'une façon précise; en d'autres mots, il fournit les indications nécessaires à la coordination des mouvements. Cette fonction coordinative des nerfs sensoriels n'est pas entièrement exercée par les centres conscients, mais en grande partie par les centres réflexes.

Voilà donc quels sont les services rendus par les nerfs sensoriels, que Ton comprend sous le nom de « sens musculaire ». La question est de savoir si les impulsions sensorielles qui nous donnent ces informations et accomplissent cette coordination prennent naissance dans la peau ou dans les portions profondes du membre en mouvement.

La meilleure réponse à cette question sera obtenue en observant les effets de l'anesthésie cutanée, comparés à l'anesthésie du membre entier. Si toutes les sensations du mouvement se produisent dans la peau, l'anesthésie cutanée annihilerait toutes ces sensations, ainsi que les coordinations qui en dépendent.

Une expérience de Clalde Bernard*, répelée depuis avec le même succès par bon nombre de savants, est très concluante, surtout en ce qui concerne la coordination. Il a produit l'anesthésie totale des pattes de derrière d'une grenouille, en coupant les racines postérieures ou sensorielles des nerfs spinaux, qui se rattachent à ces membres. Le résultat fut un

I. Leçons sur la physiologie du système nerveux, Paris, i858, l/aôi.

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manque de coordination dans les mouvements des pattes. Ensuite, il a annihilé la sensibilité cutanée des pattes d'une grenouille, en en enlevant la peau. Cette opération n'a pas détruit la coordination des mouvements de la grenouille, qui a continué à nager avec la même habileté. Il était donc certain que des nerfs sensoriels étaient essentiels à la coordination des mouvements, mais que les nerfs qui s'y rapportent, ne prennent pas naissance dans la peau.

On a quelquefois trouvé des cas d'anesthésie totale ou cutanée chez des sujets humains. Le sujet, dont un membre est totalement anesthésié, n'est pas capable de connaître ses propres mouvements, ou les po sitions qu'il prend. Il ne peut pas déterminer — excepté lorsqu'il s'aide des yeux — quels mouvements passifs on a imprimé à son membre anesthésié, ni les positions qu'on lui donne, ni les résistances qu'il doit vaincre. La coordination, ou du moins l'exactitude des mouvements de ce membre sont détruites. La simple anesthésié cutanée ne produit pas les mêmes effets, mais seulement une certaine incertitude dans la perception de la position.

Les cas récents les mieux étudiés sont rapportés par Gley et Marillier et par Cremer.

Gley et Marïllier* firent les expériences suivantes sur un malade entièrement dépourvu de toute sensibilité tant superficielle que profonde, dans la moitié supérieure du corps :

« Lorsque L... a les yeux bandés, nous pouvons placer son bras dans toutes les positions que bon nous

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