I. Voir Dklabarkk, plus haut, p. io
u. Voir plus Imut, p. loa.
agissent parfois avec une régularité suffisante pour produire une erreur . constante. Supposons, par exemple, qu'une personne soit désagréablement affectée par l'expérience ; le premier des deux mouvements éveillera un état émotionnel qui tend à diminuer l'étendue ou la force du second mouvement. Si, au contraire, l'expérience lui est agréable et la stimule, le second mouvement tendra à dépasser le premier. Ainsi l'erreur de temps positive et la négative peuvent être, en partie du moins, un effet de l'émotion.
Cette opinion fût-elle exacte ou illusoire, je désire appeler l'attention sur quelques faits qui s'y rapportent.
D'abord, l'influence des émotions sur la force des contractions musculaires et leur effet dissolvant sur l'exactitude du mouvement sont des faits qui ne peuvent échapper à l'observation.
En second lieu, il y a en littérature suffisamment d'allusions qui indiquent que les mouvements exécutés étaient réellement agréables ou désagréables à la personne qui les exécutait.
Troisièmement, dans beaucoup d'exemples, les erreurs constantes observées sont en accord avec l'effet émotionnel probable. De deux mouvements lents, le second tend à être plus lent que le premier, tandis que de deux mouvements rapides, le second tend à être le plus accéléré. Les mouvements lents sont plutôt déprimants, tandis que les rapides sont distinctement stimulants. Ainsi, un mouvement lent, par son ton émotif, tend à faire le second mouvement encore plus lent, et un mouvement rapide agit comme stimulant. Par exemple, une
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musique, lente et douce, peut être rendue plus traînante encore par l'exécutant, tandis qu'une musique vite est apte à être indûment accélérée.
Les sensations fortes de mouvement sont souvent désagréables et leur effet naturel et presque réflexe est de modérer le mouvement. De cette façon, une contraction musculaire puissante, l'élévation d'un poids lourd, ou un mouvement étendu avec le bras, peut, à cause des sensations désagréables produites, affaiblir le second mouvement. L'erreur de temps négative dans la perception des mouvements larges entre ainsi en ligne de compte, en partie du moins ; et l'erreur positive des mouvements faibles peut être le résultat des sensations stimulantes engendrées par ces mouvements.
Ce facteur émotif diffère beaucoup du facteur moteur, déjà mentionné, et pour lequel l'effet stimulant ou déprimant se rapportait à l'activité des centres moteurs et des muscles ; ici, cet effet est attribué aux sensations dont l'origine est aux périphéries. Un seul mouvement fort ne fatigue pas les organes qui l'exécutent, mais il peut produire des sensations désagréables qui agissent d'une façon réflexe pour diminuer le mouvement suivant.
L'association est encore un autre facteur dçins la production de l'erreur constante. Lorsqu'on compare les mouvements de différents membres, ou des mouvements dans différentes positions ou directions, quoiqu'il y ait primitivement des quantités de sensations à comparer, cependant les sensations diffèrent tellement comme qualité que la comparaison demeure vague. Dans ces cas, une comparaison déterminée
ILLUSIONS DANS LA PERCEPTION DL MOUVEMENT IqS
est possible seulement par association, et peut être par rintermédiaire de la vue. Mais pendant le processus de l'association, différentes erreurs constantes peuvent apparaître; par le fait de l'association, une illusion naturelle, basée sur les inégalités de la sensation, ou sur la motion habituelle, peut être corrigée en trop, et l'on retombe dans l'erreur contraire.
Des facteurs sensoriels, des facteurs moteurs, des facteurs émotifs, des facteurs de l'attention et de l'association, — nous sommes sûrs de la réalité de chacun, quoique nous ne puissions cependant pas mesurer l'influence de chacun d'entre eux, dans la composition d'une erreur constante quelconque. Par chacun de ces facteurs, la perception du mouvement, aussi bien que l'exécution du mouvement, sont détournées dans une direction déterminée.