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LA QUESTION DE LA LOI DE WEBER 2o3

Ensuite, la série qui s'écarte le plus de la loi :

Unité en grammes. . i 2 5 10 20 5o

Rapport observé. . . 0,180 0,1 4a 0,1 14 0,091 0,076 0,061

Rappprt évalué d'après la formule de la racine carrée. .

Unité en grammes. Rapport observé. .

Rapport évalué d'après

la formule de la ra

cine carrée. .

100 200 5oo I 000 2 000 4 000

o,o5o 0,002 o,o46 o,o5o 0,087 o,oi5

0,018 o,oi3 0,008 0,006 o,oo4 o,oo3

Dans chaque cas, la divergence d'avec la loi de Weber est très grande. Au lieu de demeurer constante, le rapport décroît à i/5 ou même 1/12 de sa valeur à i gramme. La divergence d'avec la formule de la racine carrée est considérable aussi.

Jacobi * a fait d'autres séries d'expériences, d'après les différences les moins perceptibles, sur cinq sujets ; en voici les moyennes :

Unité en kilog. . . . o,5 i 2 3 4

Rapport observé. . o,238 o, 233 o,i4i 0,111 0,091

Rapport évalué d'après la

formule de la racine

carrée . . . » 0,170 0,119 0,099 o,o85

Unité en kilog. ... 5 6 7 89

Rapport observé. . . 0,086 o,o83 0,078 o,o56 o,o45

Rapport évalué d'après la

formule de la racine

carrée 0,077 0'0^9 o,o65 0,060 0,067

I. Archiv fur exp. Path. und Pharm., XXXU, 67. Voir plus haut, p. i35.

2o4 LE MOUVEMENT

La vérité se rapproche davantage de la formule de la racine carrée. Nous pouvons faire ici la même critique qu'à BiEDERMANN et LowiT : Jagobi n'a déterminé que la moins perceptible addition à chaque unité, qui est probablement exagérée, dans le cas des unités plus petites, par Terreur constante positive.

WooDWORTH et Thorndike* ont recherché comment se comportait la loi de Weber dans l'acte familier de l'appréciation du poids des objets. Au lieu de comparer deux poids donnés, ils ont soulevé un seul objet, et essayé d'en rendre le poids en grammes. L'objet soulevé a été comparé avec une unité mentale. Il faut à peine donner les résultats numériques, l'erreur croissant plus lentement, même, que ne l'exigerait la formule de la racine carrée.

Le résultat uniforme de toutes les expériences sur la perception des poids est donc contraire à la loi de Weber. Le rapport ne demeure jamais constant, mais diminue à mesure que le poids augmente. Dans quelques séries la proportion de la décroissance est presque celle que la formule de la racine carrée exige ; dans la plupart des séries, elle est inférieure.

On a essayé d'appliquer quand même la loi de Weber à la perception des poids, en supposant que le poids effectif du bras serait ajouté à celui de chaque objet soulevé; le rapport diminuerait alors davantage, pour les poids légers, et la déviation d'avec la loi de Weber est partiellement écartée.

1 . Judgements of Magnitude by Gomparison with a Mental Standard. Psychol. Review, 1900, Vil, 344-355.

LA QUESTION DE LA LOI DE WEBER 2o5

Mais en tenant exactement compte du poids du bras, Jacobi a trouvé que cela ne suffirait pas ; un poids constant de 25 kilogrammes doit encore être ajouté au poids soulevé, plus le poids du bras, pour maintenir la loi de Weber. Que sont donc ces 25 kilogrammes extra? Jacobï suppose qu'ils représentent la force nécessaire pour donner aux fibres musculaires une tension suffisante pour exercer même la moindre secousse du tendon. Rien ne vient à l'appui de cette supposition. La vérité claire, c'est que la loi de Weber ne peut s'appliquer à la perception des poids soulevés.

Quels sont donc les résultats empiriques de cet aperçu ? Us sont au nombre de trois :

i** L'erreur augmente d'habitude en valeur absolue, avec l'augmentation de la quantité du mouvement perçu.

2° L'erreur n'augmente jamais aussi rapidement que l'exige la loi de Weber.

3° L'erreur augmente d'habitude un peu plus rapidement que ne l'exige la formule de la racine carrée ; mais cette formule rapproche davantage de la vérité que l'autre.

Notre long exposé n'aura pas été inutile, s'il arrive à convaincre le lecteur que la loi de Weber, en ce qui concerne le mouvement, n'est pas l'expression de la vérité. Elle n'est pas vraie, au sens empirique du mot.

On pourrait supposer que la loi de Weber est simplement déguisée par des conditions de second ordre, quoiqu'elle exprime une vérité fondamentale. Mais si les conditions fortuites de l'expérience empê-

WOODWORTH. 12

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chaient la loi de se manifester, les déviations à la loi seraient tantôt dans une direction et tantôt dans une autre ; tandis que, comme par un fait exprès, chaque résultat expérimental dévie dans la même direction. Le rapport décroît avec l'augmentation de l'amplitude perçue et n'augmente jamais. L'erreur augmente toujours trop lentement, jamais trop rapidement. La loi de Weber n'est donc pas cachée par la chance mais, si elle est typique, elle est cachée par certaines influences, qui agissent toujours dans une seule et même direction.

On a supposé qu'une telle influence est la stimulation nommée « résiduelle ». En dehors de la stimulation externe, un organe sensoriel peut être soumis à une stimulation constante, provenant de l'organe lui-même. La lumière de la rétine est l'exemple le plus connu. Pour avoir donc la mesure véritable de la stimulation, il faut ajouter la valeur de la stimulation interne, à la valeur de la stimulation externe. Les petites unités, prises comme types, augmenteront relativement plus que les grandes, et le rapport de l'erreur, ou de la différence la moins perceptible à l'unité, diminuerait relativement plus dans les cas des plus petites unités. Les résultats, ainsi corrigés, différeront évidemment moins de la loi de Weber, qu'avant la correction. Mais en ce qui concerne la perception des mouvements, la correction ne suffirait probablement pas pour que les résultats s'accordent avec la loi. Certainement, dans la perception des poids*, le seul cas où l'on ait mesuré la

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