‹ Le mouvementChapitre 74 sur 184 · I. Waller. Brain, 1896, XVIII · texte numérisé non relu

I. Waller. Brain, 1896, XVIII

les pas d'un homme sont plus inégaux que les mouvements de ses doigts en écrivant. De même, si quelqu'un essaie de faire des mouvements du bras d'une longueur de 3 décimètres, ces mouvements différeront davantage entre eux que lorsqu'on essaie de faire des mouvements de i décimètre.

Les mouvements les plus longs sont sujets à plus de sources de variabilité que les plus courts. Chaque mouvement et chaque perception est, physiologiquement, une affaire composée, qui consiste en l'action de nombreuses structures élémentaires, comme les cellules nerveuses et musculaires, et même des unités plus petites; il est composé de plusieurs actes élémentaires. Et un mouvement plus grand est composé d'un plus grand nombre d'éléments ; chacun de ces éléments étant variable, le mouvement le plus grand renferme le plus de sources de variabilité et est le plus variable.

Par exemple, la sensation du mouvement d'un bras est produite par les impulsions envoyées au cerveau par les nombreux organes sensoriels stimulés dans le processus du mouvement. Plus le mouvement est long, plus il y a d'organes stimulés. Chacun de ceux-ci étant variable dans ses conditions et son action, le plus long de deux mouvements est sujet à plus de variations que le plus court. De même dans l'estimation des poids ; le mouvement nécessaire pour soulever un poids lourd met en jeu plus d'éléments musculaires et nerveux que pour un poids léger. Chaque élément étant variable, une élévation difficile est plus variable qu'une facile et la perception en est moins exacte. En général, la perception d'une grande

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amplitude se compose de plusieurs processus variables élémentaires et elle est sujette à plus de variations et à une plus grande erreur.

A ce point de vue, l'augmentation dans Terreur de perception accompagnant l'augmentation de l'amplitude perçue, est un exemple d'une loi générale de variation composée.

Nous voudrions rendre notre loi plus précise. Ne pouvons-nous pas déduire de la composition des variations quelques formules exactes pour la proportion dans laquelle peut augmenter l'erreur de perception ? Nous ne pouvons faire ces déductions qu'à l'aide de Tune ou de l'autre de deux hypothèses. Si nous supposons que chaque processus élémentaire varie toujours dans la même direction que tout autre processus élémentaire dans le même acte de perception — ainsi par exemple si l'un des organes sensoriels terminais était très sensible, tous les autres seraient proportionnellement sensibles, si l'un était émoussé, tous les autres le seraient — alors nous aurions en effet une simple addition de toutes les erreurs élémentaires, et l'erreur totale augmenterait dans la même proportion que l'amplitude. Ce serait déduire la loi de Weber de la loi des variations. Mais supposons au contraire que la condition de chaque organe élémentaire est indépendante de la condition de chaque autre organe — ainsi lorsque l'un répond avec force, un autre est aussi bien en état de répondre avec force que faiblement — alors les erreurs élémentaires seront tout aussi aptes à se contrecarrer qu'à se renforcer Tune l'autre, et Terreur totale augmentera moins rapidement que Tamplitude

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perçue. Conformément à la théorie mathématique de la combinaison des chances, l'erreur augmentera selon la racine carrée de Tamplitude perçue, ce qui nous donnera une déduction de la formule de la racine carrée. La probabilité est qu'aucune supposition n'est exacte. Certaines influences, comme l'attention, la circulation du sang, et d'autres conditions générales du corps, peuvent affecter tous les processus élémentaires dans la même direction. Mais il est certain que les influences locales affecteront les différents processus élémentaires dans différents sens ; c'est pourquoi nous ne pouvons pas, à priori y déduire une formule exacte pour l'accroissement de l'erreur de perception.

Ce que nous pouvons faire de mieux, c'est de comparer les données empiriques, avec les différentes formules, et voir en quoi chaque assertion se rapproche de la vérité. Puisque nous avons trouvé que l'accroissement réel dans l'erreur de perception se trouve entre les deux formules, mais plus près de celle de la racine carrée, nous sommes amené à la conclusion que les processus élémentaires qui accomplissent les actes de la perception, sont en grande partie indépendants les uns des autres.

11 me semble que de cet exposé ressort clairement que l'accroissement de l'erreur de perception est dû en grande partie à la combinaison des variations. FuLLERTON et Cattell out Ics premiers contribué à répandre cette idée. Us ont émis l'opinion que cette augmentation était probablement due à plus d'une cause, de sorte qu'on ne pouvait s'attendre à ce qu'une formule exacte fut vraie pour toutes les séries d'observations.

Il est certain qu'aucune autre attitude n'est raisonnable par rapport à la perception du mouvement, et nulle autre conclusion ne s'harmonise avec la vérité. Nous avons vu que les mesures de l'accroissement de l'erreur ne se peuvent faire par une simple formule, et qu'on ne peut considérer une seule cause comme la source excliisive de l'accroissement de l'erreur.

En somme, nous arrivons à un résultat négatif, en ce qui concerne la loi de Weber. Cette loi est loin d'être une formule empirique et n'est pas non plus l'expression de toute cause connue de l'accroissement de l'erreur de perception. La loi de Weber, en ce que concerne la perception du mouvement, n'est donc vraie ni d'une façon empirique, ni d'une façon typique.

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