‹ Le mouvementChapitre 77 sur 184 · Archii' fur (Anat. und) PhysioL, 1895, p · texte numérisé non relu

Archii' fur (Anat. und) PhysioL, 1895, p

S'il est difficile de trouver un exemple de pur réflexe, il est impossible de trouver un mouvement dépourvu de facteurs réflexes. Presque chaque mouvement est aussi déterminé en partie par l'habitude. Le réflexe et l'habitude — connexions nerveuses innées et acquises — déterminent la coordination et la forme de tout mouvement.

Pour démontrer la multiplicité des facteurs qui coopèrent à la production d'un seul mouvement, considérons un mouvement appelé ordinairement volontaire, le fait de signer son propre nom. Les flexions et extensions élémentaires dont cet acte est composé, sont des mouvements coordonnés, produits par des connexions nerveuses héritées ; à ce point de vue, le mouvement est instinctif. Mais l'action d'écrire est plus qu'instinctive ; la combinaison des flexions et extensions doit être acquise par la pratique, de même que la succession des lettres ; à ce point de vue, le mouvement est habituel. La grandeur des lettres, la rapidité et l'exactitude avec laquelle on écrit, sont influencées par les idées et les émotions du moment ; à ce point de vue, la signature est un acte idéo-moteur. Les sensations produites par les doigts sont nécessaires pour la coordination des mouvements ; l'aspect des lettres écrites sert à contrôler la direction, l'espacement et l'alignement de l'écriture ; à ce point de vue le mouvement est sensori-moteur . Je veux signer mon nom, et de la sorte le mouvement est volontaire. Dépendant tout d'abord de la volonté, la forme et les détails de cet acte sont involontaires et déterminés par plusieurs causes différentes.

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Prenons un autre exemple : le fait de se promener.

La coordination des contractions musculaires, par lesquelles on avance une jambe, est instinctive ; très probablement Talternation des mouvemepts des deux

jambes est instinctive aussi. La démarche distinctive de chaque individu est le résultat de son expérience individuelle, de ses habitudes. Les sensations des jambes et des pieds ont une grande influence ; parfois la sensation de glisser produit une modification dans la démarche. Les idées et les émotions la modifient aussi. L'élément volontaire peut être simplement la volonté de se promener en un endroit déterminé.

Ces exemples pourraient être multipliés à l'infini. Tout mouvement appelé volontaire montrerait des éléments involontaires ; et tout mouvement involontaire est en état de montrer des effets indirects de

. volition. Les convenances sont sauvées, si dans l'incertitude, nous appelons certains mouvements volontaires et d'autres involontaires. Mais ici nous devons déterminer les mouvements en examinant les éléments qui les composent. L'aperçu préliminaire que nous venons de tracer, fait ressortir l'importance des facteurs subconscients dans la production des mouvements les plus conscients. Si l'on envisage un mouvement objectivement, et si l'on se représente la complexité du mécanisme des nerfs et des muscles qui le produisent, nous sommes forcés d'admettre que son mode d'exécution n'est déterminé qu'à un petit degré par des facteurs conscients et intellectuels. Les facteurs les plus puissants sont les connexions ner-

veuses, qui ont grandi dans l'histoire de l'individu et dans le développement de l'espèce.

La tendance générale des chapitres suivants sera de montrer l'influence d(ds autres facteurs sur la production du mouvement, de limiter et de préciser l'influence de la volonté. C'est ce fil qui. guidera l'ensemble ; mais le tissu entier est tissé de matériaux qui ont leur propre indépendance, leur intérêt et leur valeur.

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