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FORMATION DE L’ÉCORCE SOLIDE DU OLOBE

même, dans certaines grottes, nous voyons s'accumuler des dépôts de carbonate et de silicate calcaire connus sous le nom de stalactites. C’est là un exemple de la cristallisation lente. Tout le monde sait que les laves vomies par les volcans se coagulent par le refroidissement, et donnent naissance à ces niasses noirâtres connues sous le nom de basaltes, de trachytes , que l’on trouve en abondance dans les volcans éteints de l’Auvergne et du Yivarais. La plupart des sources thermales sont de véritables puits artésiens naturels qui, par la chaleur de leurs eaux, témoignent de leur passage à travers des couches terreuses beaucoup plus chaudes que les couches superficielles. Ces mêmes eaux laissent se déposer par le refroidissement des incrustations calcaires tout à l'ait analogues aux stalactites. A Saintc- Allyre, près de Clermont, se trouve une source de ce genre, qui couvre de ses cristaux les branches, les fruits et les * médailles qu’on y plonge et qu’ony laisse pendant quelques jours. Tous ces phénomènes, image amoindrie des grands eil'ets produits par les révolutions géologiques, témoignent en leur faveur. Nous pouvons donc conclure de là que deux causes principales ont présidé, dès l’origine, à la formation des roches, le refroidissement d’une part, ce qui implique une chaleur initiale très-élevée, et la cristallisation par voie humide, ce qui indique des dépôts successifs au fond des mers, des lacs et des fleuves.

11 est temps de remonter à l’origine de ces divers phénomènes et de suivre leur mode de succession à travers les âges. La forme sphérique de la terre et son aplatissement vers les pôles, qui est, d'après les calculs de tous les physiciens, directement en rapport avec sa vitesse de rotation, suffisent pour établir qu’elle n’a pas toujours été à l’état solide. On aurait beau faire tourner une boule de billard avec la plus grande vitesse possible, on ne pourrait .

FORMATION DE L’ÉCORCE SOLIDE DU GLOOE. 233 jamais produire le moindre aplatissement sur cstte masse rigide, complètement réfractaire à l’action de la force centripète et de la force centrifuge. 11 a donc fallu qce la terre fût primitivement fluide pour pouvoir s’aplatir iu” pôles et se renfler à l’équateur.

« Mais la fluidité de la terre a-t-elle été aqueuse du ignée? Les physiciens, armés du pendule, et les géomètres, appliquant le calcul aux expériences de la physique, admettent tous maintenant la fluidité ignée originaire du sphéroïde terrestre (ce qui confirme parfaitement les observations que nous avons constatées précédemment), et considèrent ce sphéroïde comme formé de couches concentriques de' différentes matières, dont la densité va croissant de la circonférence au centre. Des expériences faites avec la balance de torsion de Cavendish autorisent à conclure que la densité moyenne de la terre est 5 fois et demie plus grande que celle de l’eau, et, par conséquent, plus du double de celle de l’écorce terrestre accessible à l’observation du géologue; car le feldspath, le quartz, le mica, le talc et le calcaire, qui en sont les éléments principaux, n’ont guère pour densité que 2, K. La densité moyenne des continents et des mers n’atteignant pas 1,6, il faut nécessairement que l’accroissement de cette densité soit plus rapide à mesure qu’on descend au-dessous de ia surface terrestre. Tout tend donc à prouver que le centre du globe est occupé par des métaux et leurs composés les plus lourds, et que ces substances disposées par ordre de densité y sont encore soumises à une chaleur capable de les tenir à l’état de fusion. » (Ch. d’Orbignv, Dict. des sciences naturelles.)

On sait, du reste, par les sondages, que la température s’accroît d’un degré centigrade par chaque 33 mètres de profondeur. D’oû il résulte, en admettant que cet accroisse-

234 FORMATION DE L'ÉCORCE SOLIDE DU GLOBE, ment se continue d’une manière uniforme, qu’au centre de la terre la chaleur serait de 193 234 degrés (le rayon de terre étant de 63000 kilomètres environ, une simple division suffit pour arriver au résultat précité). En supposant qu’on se bornât à descendre à une profondeur qui ne représenterait que le KO* du rayon terrestre, on obtiendrait encore, en vertu de la progression croissante de t degré par 33 mètres, une chaleur de3800 degrés, c’est-à-diresupérieure ficelle que nous pouvons produire dans nos laboratoires e; à laquelle le diamant lui-même ne résisterait pas.

11 est donc certain que notre planète a été non-seulement liquéfiée à l’origine, mais même à l’état gazeux. Car tous les métiux qu’elle contient se vaporiseraient inévitablement scus une chaleur de beaucoup inférieure à celle qui règne actuellement au centre de la terre. Notre globe a donc été primitivement une nébuleuse résoluble, puis un corps lumineux, en tout comparable aux étoiles et au soleil. I.es expériences de MM. Kirchhoff et Bunsen, qui ont démontré la présence de plusieurs métaux dans l’atmosphère du soleil, viennent encore à l’appui de cette hypothèse, que l’on peut considérer aujourd’hui comme une vérité définitivement acquise à la science. On conçoit qu’une pareille masse incandescente devait produire autour d’elle une immense atmosphère gazeuse excessivement dense et tout à fait impénétrable aux rayons du soleil. Les vapeurs les plus lourdes devaient se trouver à la partie inférieure, c’est-à-dire les plus rapprochées de la sphère, tandis que les plus légères, occupant la partie supérieure, formaient à la terre une sorte de photosphère analogue à celle du soleil, et que les astronomes désignent sous le nom degloire, à cause de sa disposition circulaire .autour de l’atmosphère solaire et de son admirable couleur rose.

Mais la terre, obéissant aux lois du rayonnement, qui

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