FORMATION DE T/ÉCORCE SOLIDE DU GLORE
veulent que tout corps perde de son calorique dans un milieu plus froid que lui, dut se refroidir progressivement en cédant de la chaleur aux astres environnants. C’est en vertu de ce rayonnement incessant que la surface du globe se coagula peu à peu et qu’une première pédicule solide sépara la masse incandescente de l’atmosphère ambiante. De là un premier mode de formation de roches ignées ou jilutoniqucs. (On appelle ainsi les roches non stratifiées qui, primitivement en fusion, se sont coagulées par le refroidissement. Tels sont le quartz, l’amphibole, le pvroxène, le porphyre, le granit, les balsates. On nomme, au contraire, roches sédimentaires ou ncptunieunes, celles qui se sont formées parla stratification de dépôts successifs au fond des fleuves et des océans.)
La première assise solide du globe (terrains primitifs) est complètement uniforme et dénuée de toute trace organique végétale ou animale. La chaleur était encore trop intense pour permettre à la vie do s’y développer. C'est à cette période qu’appartiennent les takites ou schistes talqueux de la Vendée, le micaschiste ou chiste micacé, et les gneiss.
Le refroidissement confinant toujours par le rayonnement intérieur, de nouvelles couches "se solidifièrent et augmentèrent peu à peu l’épaisseur de la couche primordiale. Les matières contenues à l’état de vapeur dans l’atmosphôfe se condensant à leur tour, des torrents de pluie bouillante se précipitèrent à la surface de la planète. De là une immense oxydation et des combinaisons de toutes sortes qui modifièrent encore la croûte terrestre. Alors eurent lieu les premiers dépôts stratifiés, qui consistèrent principalement eu talc et en granit.
.Mais les choses ne purent rester longtemps stationnaires. L’effort des vagues souterraines, de plusen pluscomprimées par le refroidissement et le retrait des couches supérieures,
236 FORMATION DE L’ÉCORCÈ SOLIDE DU GLOBE, brisa bientôt cette frôle enveloppe pour s’épaucher au dehors en laves bouillonnantes, ou soulever les masses granitiques déposées au fond des mers. Alors se formèrent des pics énormes de granit, des dépôts de laves et de balsate tout à fait semblables à celles qui sortent aujourd’hui du cratère des volcans. Un grand nombre d’îles soulevées à cette époque existent encore assez loin des côtes, dans le pays de Galles, habité autrefois par les anciens Silures. De là le nom de terrain silurien donné aux formations de celte période géologique. « Ce terrain couvre une partie des départements du Finistère, d’Ille-et-Vilaine, de la Mayenne, de l’Orne et de la Manche, les ardoisières des Ardennes, une partie des montagnes du Beaujolais et du Forez, certains gneiss du Limousin et quelques schistes de la montagne Noire, dans l’Aude. » On y remarque souvent la stratification discordante.
On comprend, en effet, que la pression interne de bas en haut se faisant toujours sentir, à chaque instant de nouveaux soulèvements et des soubassements correspondants devaient se produire, des îles émerger tandis qup d’autres étaient submergées par le déplacement des eaux, de là des ondulations qui ont dû laisser leur trace dans les couches stratifiées formées pendant la période de calme qui sépara cette époque de la suivante. De là aussi des filons de matières ignées projetées à travers les couches stratifiées par Ja pression intérieure et solidifiées ensuite par le refroidissement. C’est dans les eaux de la mer silurienne que se montrèrent pour la première fois quelques plantes marines : des algues, des prèles, des fucus énormes qui, se trouvant en contact avec des amas de laves épanchées, se carbonisèrent pour donner naissance à des bancs A' anthracite où l’on rencontre encore leurs traces incrustées de sels calcaires.