‹ Le mouvement scientifique pendant l'annee 1864Chapitre 8 sur 63 · D» L'HOMME ET SA DESTINEE · texte numérisé non relu

D» L'HOMME ET SA DESTINEE

M. Lucien Langlet a parfaitement compris ce que peut la science pour le bonheur de l’humanité, car, dit-il, elle s’adresse à tous les peuples, quel que soit leur idiome; elle est commune à tous et se fait accepter sans contrainte par la raison et la conscience de chaque peuple. Le langage des faits est universel, et les lois naturelles sont partout et toujours d’accord avec elles-mêmes. La science prise dans son ensemble est définie par M. Langlet : la connaissance des rapports des hommes, soit entre eux, soit avec Dieu, de toute la réalité physique, intellectuelle et morale, ce qui comprend pour lui la connaissance avec la nature entière, et la connaissance des lois qui régissent ses rapports.

M. Langlet a démontré avec logique et talent que le bonheur de chaque génération doit grandir dans la même proportion que sa raison, sa justice et sa science. Nous recommandons son ouvrage aux esprits qui cherchent librement la vérité; ils pourront se convaincre que dans la société la somme des maux diminue dans la même proportion que notre ignorance, et ils reconnaîtront, comme l’écrivait il y a quelques années M. Littré, « que nous, génération placée sur ce promontoire qu’on nomme le présent, nous pouvons dire sans une vaine forfanterie, sans un optimisme oublieux des peines et des souffrances de l’évolution et avec une claire vision des générations futures et des siècles meilleurs, nous pouvons dire que jamais l’immensité du monde ne s’est reflétée avec plus de grandeur dans l’esprit humain. » Comparez la chimie d’aujourd’hui avec l’alchimie d’autrefois, l’astronomie avec l’astrologie, toutes les sciences du passé avec celles du présent, et dites si l’esprit humain, écrasé, comme Encelade, sous trois montagnes, la pesanteur, la durée, l’étendue, n’a pas vaincu la pesanteur par les machines,

Page 1