‹ Le mouvement scientifique pendant l'annee 1864Chapitre 9 sur 63 · L’HOMME ET SA DESTINÉE · texte numérisé non relu

L’HOMME ET SA DESTINÉE

le temps par la télégraphie, les espaces par les instruments d’optique, et même par la chimie. L’iomme aujourd’hui lit dans le soleil; il y découvre les métaux. Sans être optimiste à la façon du docteur Pingloss, qui voulait persuader à Candide que tout est bien et pour le mieux dans ce monde, personne ne peut mettre en doute que la terre ne soit plus fertile , la vie moyenne de l’homme plus longue et le bien-être plus généralement répandu qu’à aucune époque de notre histoire. Ce mouvement progressif incontestable dans les sciences et dans l’ordre physique, certains disciples exagérés de Leibnitz l’ont contesté à la vertu, néanmoins qu’il existe aussi dans l’ordre moral, peut-être d’une façon moins évidente, parce que dans une société, lorsqu’un besoin prend de l’extension, c’est généralement aux dépens d’un autre. Évidemment aujourd’hui le côté matériel se développe trop aux dépens du besoin moral et intellectuel, il y a là un défaut de proportion et d’harmonie. Mais quelle différence, néanmoins, entre notre époque et les siècles où la raison humaine n’était employée qu’à la satisfaction des besoins et des sentiments !

La vertu n’est autre chose qu’une nature complète et perfectionnée, et je ne sache pas que dans notre société on n’ait jamais vu plus de science unie à plus de raison, cependant nous sommes encore loin de la perfection. Il faut, comme le dit M. Félix Voisin dans son ouvrage où il cherche la loi morale de l’humanité, « il faut étudier l’homme dans sa nature, c’est-à-dire dans ses facultés, son instinct de conservation, ses sentiments moraux, ses pouvoirs intellectuels, car sans ces connaissances il est impossible de lutter avec avantage contre la spontanéité des penchants inférieurs, contre le désordre des actions, les écarts de la volonté, les aberrations de l’entendement. Il

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