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PRÉPARATION TllÉOLOGIQUE DU XIJ<^ SIl-lCLE. 13

depuis Théodulfe jusqu'à la fin du moyen âge, exposent en vers ou étalent en sculptures les emblèmes de la dialectique K

Nous ne nous arrêterons pas aux autres branches du programme. Les sciences du « quadrivlum » d'ailleurs restent sans peine dans leur rangde subordination ; même l 'arithmétique est nécessaire pour saisir la portée symbolique des nombres que nous présente la Bible. Ici d'ailleurs la législation carolingienne ne manque pas d'intervenir, en stipulant, pour les offices et les fêtes, la connaissance du chant, du comput, etc., fournie par l'étude du (<. quadriçium w^. Même Jean Scot constate que les interprétations erronées ou hérétiques des textes d'Augustin sont dues à l'ignorance des arts libéraux 3. Il ne manquera pas de scribes, jusqu'en plein XIV® siècle, qui rattacheront à des mobiles religieux l'étude des diverses branches du « triviumy) et du « quadrwium », comme le montre l'inscription tracée sur la feuille de garde d'un manuscrit d'Amplonius Ratinck à Erfurt ^.

A ce programme scolaire qui assigne aux sept arts un rôle propédeutique et ouvre la voie à l'essor de la dialectique, vient se juxtaposer tout un ensemble de mesures et d'institutions qui préside aux origines de la théologie médié-

1. Théodulphe, De septem liheralibus artihus in quaclam pictura depictis, vers 27 et suiv. (MGH. Poetae latitii aevi carolinly t. I, p. 544- 547)', voir aussi huit autres poèmes anonymes [i.bicl., p. 629); Mâle, L'art religieux du Xf 11'^ siècle en France, Paris, 1910, p. 98-117-, Kraus, Geschichte der cliristlichen Kiinst, Fribour^, 1895-1908,1. II, i, p. 367, 419; t. II, 2, p. 394, S93-594; Sauer. Symbolik des Kirchengebdudcs^ Fribourg, 1902, p. 283.

2. MGH. Capitularia, t. I,n. 116, viii, et 117, v; p. 23 5 et 237; Alcuis, Epistola cxxvi (MGH. Epistolae,i. IV, p. i85), Epistola cxlviii, [ibid., p. 239-240), etc. ; Raban, op. cit., III, 21, 23, 25, p. 234, ^35 et 240-

3. Liber de praedestinatione , cap. xxvni (PL. CXXII, 43o C).

4. Artes libérales : Per hoc triviam sciinus rectum, verum, honestuni. Per hoc quadrivium scimus cœlestiuni contemplationeni , terrestrium abiectionem, beneficiorum Dei enumeraiionem^ orationis ac devotionis exercitationem. (Ms. de la Bibliothèque d'Firfurt, Amplon. 108, premier des deux folios de garde).

vale et commande les grandes lignes de son évolution : c'est ici que se présente le second facteur prépondérant dans l'œuvre théologique de l'avenir.

Nous voulons parler des capitulaires qui s'occupent plus spécialement de la formation du clergé ^ et qui se répètent, parfois textuellement, dans les prescriptions épiscopales ou conciliaires, comme celles de Gautier d'Orléans, de Hatton de Baie, de Rcginon de Prûm, d'Atton de Verceil, de Burchard de Worms, etc. Est-il besoin d'ajouter que l'idéal visé n'est pas bien élevé? Les besoins religieux des foules à peine dégagées du paganisme, le niveau intellectuel des recrues sacerdotales, le désarroi politique et social qui retarde pour longtemps encore la vie intense de l'esprit, tout cela force de se contenter du strict nécessaire. Néanmoins, ces modestes préludes de nos séminaires actuels, représentés, nous l'avons dit plus haut, par la présence d'un ou de plusieurs clercs à instruire aux côtés del'évêqueou du ii presbytère) y sont intéressants pour suivre de près la marche de l'enseignement sacré. Entendu dans le sens actuel du mot, ou même envisagé sous la forme encore rudimentaire qu'il revêtira au xii^ siècle chez le grand Magister diçinitatis de l'époque, Anselme de Laon, l'on peut dire que l'enseignement théologique n'existe pas. En dehors de la formation nécessaire pour l'exercice des cérémonies du culte et du ministère paroissial, de la connaissance de l'oraison dominicale, du symbole, surtout du Quicumque à expliquer, les capitulaires et les conciles n'exigent pas grande science ^.

C'est à peine s'ils accusent quelque progrès sur l'état de la Grande-Bretagne, manifesté par les canons du concile de ClifiP en ^47 ^ • la prédication se réduira à la traduction en langue vulgaire des homélies des Pères, faute de mieux;

1. Capitularia (édit. citée), n. 116, 117, etc.; p. 284, 235, etc.

2. Capitularia, n. 22*, Admoniùo g^eneralis du aB mars 789, cap. lxx et Lxxxii (édit. citée, p. 69 et 61); n. 116, 119, etc. (p. 284 et sniv,); n. i38 (sousLouis le Débonnaire, en 887), cap. \x\-in{ibid.^ p. 279), etc. ; voir aussi les canons des conciles réformateurs de 81 3 : Tours (p. ex. can. 17), Reims (can. i5), Mayence, Châlons, Arles ^ passim (MGH. Concilia, t. 11, I, p. 24S et suiv.).

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