Tractatus contra Petrobrusianos (PL. GLXXXIX, 72O CD
4. Ms. de la Bibl. Royale de Bruxelles, 1840-48, fol. 56'. .5. Prologue (PL. GGX, 307 A).
6. Commentaria in quatuor libros Sententiarum, proœmium, quaestio Il (Opéra omnia, t. I, Quaracclii, 1882, p.ro); Summa tlieologica, 2.2, qu. 2, art. 10.
Jean de Trévise, ibid. ; Rer. Brit, Script. , t. XLI, vu, p. 10-13), chez Henri DE Knighton [Chronicon, lib. II, 10; même collection, t. XGII, i,p.l35); chez Jea:s de Brompton {C fironicon ; Twysden, Historiae anglicanae Scriptores, X, t. I, p. 1036), etc.
C'est la chronique d'Antonin de Florence qui se fait l'écho des affirmations des prédicateurs, mais sans les admettre (Opus excellentissimuni trium partium historialium, ou Chronica, tercia pars historialis, tit. XVIII, cap. 6, Baie, 1491, fol. xxiii). Cave va plus loin et raconte, sans preuve aucune à l'appui, qu'au dire de plusieurs : « matrem tergeminos hos fratres ex furtivo concubitu conceptos uno partu edidisse » {Scriptorum ecclesiasticorum liistoria litteraria, Oxford, 1643, t. II, p. 216).
APPENDICE D Pierre Lombard fit-il vers 1148 le voyage de Rome?
Dans son histoire de l'Université de Paris ', Du Boulay parle d'un voyage de Pierre Lombard à Rome vers 1148. L'occasion en aurait été les troubles survenus parmi les étudiants des écoles de Paris, et Pierre se serait rendu en personne à Rome, en même temps que son adversaire, Jocelin de Meaux, pour se justifier.
A l'appui, Du Boulay apportait les lettres du pape Eugène III et de deux cardinaux, adressées à Suger^ : il y est question d'un Magister Petrus de vie édifiante et qui a bien mérité des études ; le sage abbé de Saint-Denis devait donner la décision en l'affaire.
A part la coïncidence chronologique et l'identité du prénom, l'on n'avait, croyons-nous, aucun garant du récit de Du Boulay ; celui-ci d'ailleurs n'osait affirmer pleinement le fait^
Un heureux hasard nous a fait découvrir dans les gloses de Pierre de Poitiers sur les Sententiae la confirmation de la notice de Du Boulay, ou tout au moins l'affirmation d'un séjour de Pierre Lombard à Rome^. Le laconisme même de cette affirmation doitil faire supposer que les contemporains de Pierre de Poitiers connaissaient les circonstances de ce voyage? C'est possible. En tout cas voici ce qu'elle nous apprend : à propos d'une citation prise à Jean Damascène, le glossateur atteste que c'est pendant son séjour à Rome que le Lombard a pris connaissance de ces passages du De orthodoxa fide : « A libro isto, dit-il, sumpsit magister hanc auctoritatem, dum Romae esset ».
1. Historia Unlversltatis Parisiensis, t. II, Paris, i665, p. 25i-252.
2. Jaffé, 9366; voir Bouquet, t. XV, p. 455 et 5i6 ; Gartellieri, Abi Suger von Saint-Denis, dans les Historische Studien d'EsERiNG, t. XI, Berlin, 1898, Regesten, n. 373, 275 et 276; p. 149 et 160.