Quod omnia sacramenta cum signo crucis perficiuntur
La confrontation de ces questions avec les titres des chapitres de Pierre Lombard ^ fait constater, pour trois ou quatre seulement d'entre elles, une coïncidence qui porte sur le fond plutôt que sur l'énoncé : la deuxième question de Gandulphe correspond à la troisième du Lombard; la
sacramentum confirmationis... efficimiir.^ et celui-ci a son vrai titre transcrit en noir, avant la citation du pape Urbain qui le répète : Quod omnes fidèles... suscipere debent (tenentur). Les manuscrits de Turin ont remis ces titres à leur vraie place. Par contre, le manuscrit de Turin, A. 57, supprime une question à la fin du traité (fol. 72^'); après coup, le copiste a reporté cette question dans la marge, mais la solution qu'il apporte se trouve placée sous la rubrique de la question suivante, laquelle reste sans réponse. Le manuscrit A. ii5 présente aussi des erreurs dans la transcription des titres de la fin du traité.
I. I. De sacramento confirmationis. — 11. Quod nonnisi a summis sacerdotibus Iradi potest. — m. Quae sit virtus huius sacramenti.^ — iv.Utrum hoc sacramentum sit dignius baptismo? — v. Utrum possit ilerari? (Op. cit., p. 162-163).
troisième de Gandulphe, sur la dignité de la contirmation, la quatrième, sur le droit exclusif de l'évêque, la huitième, sur la réitération du sacrement, deviennent respectivement, chez le Magister, la troisième, la seconde et la cinquième. Mais le contenu de ces paragraphes est loin de coïncider, comme le feraient croire les titres qu'ils portent. Le deuxième du Lombard a bien quelques passages auxquels on trouve des ressemblances avec le quatrième de Gandulphe : c'est le texte apocryphe du pape Eusèbe*, dont le Magister ne donne pas le nom; il n'est pas rare, d'ailleurs, de voir clairement indiquer par Gandulphe des sources que le Lombard a captées sans le dire 2. D'autres chapitres présentent encore quelques rares points de contact, comme le fragment d'une citation anonyme, prise en réalité au pape Melchiade^, et que Gandulphe reproduit en entier, sous son vrai nom, dans la troisième question. Par contre, la troisième question du Lombard, sur la vertu de la confirmation, cite partiellement deux textes employés par Gandulphe sous une autre rubrique : le premier est de Raban Maur^, le second d'Urbain^; ils figurent chez Gandulphe dans sa première et
1 . Décrétâtes pseudo-lsidorianae, edit. Hinschius, Leipzig, i863, p. 24^»
2. Nous le constaterons à diverses reprises dans le De ecclesiasticis ordinihus^ où Gandulplie ajoute la mention; ut Isidorus ait; voir aussi le début du livre II de Gandulphe (ms. de Heiligenkreuz, fol. iS'") : Beda ostendit dlcens^ etc. ; ou les chapitres sur l'Eucharistie : ut Beda ait in omelia paschali {ibid. fol. ^2^), etc. (Voir Pierke Lombard, II, Dist. I, 1; IV, Dist. i). En maint endroit, le commentaire anonyme de Troyes signale les sources que le Magister omet de signaler (Troyes, ms. 1206; par exemple, fol. 108, 109, iio, 112, i-ai, etc.); la même remarque se trouve dans le catalogue du bibliophile d'Erfurt, Amplonius von Ratinck (vers 1412), à propos du texte annoté des Sentences (Amplon. n. 108; voir la notice de W. Schum, BeschreibendeS' f^erzeichniss der Amplonianischen Handschrijten-Satnmlungj Berlin, 1887, p. 889, n. 4^)- Mais il faut remarquer que d'anciens témoins du texte du Lombard portent en marge l'indication des auteurs cités; ces notes marginales, écrites ordinairement à l'encre rouge, ne figurent plus dans beaucoup de textes moins anciens et plus d une fois les éditions ont négligé de les reporter dans le texte. Voir notre étude : Les notes marginales du « Liber Sententiaruni », dans la Revue d'Histoire ecclésiastique, t. XIV, igiS, p. 5ii et suiv.