‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 12 sur 228 · I. WlEGAND, Op. cit., p · texte numérisé non relu

I. WlEGAND, Op. cit., p

1. Babdenhewer, Geschichtc der altklrchlichen Literatui\ t. I, Fribourg, 1913, p. 46-49i voir, plus loin, le chap.v, appendice C.

3. Amalaire, De ecclesiasticis ofjlciis (PL. CV, 985-1242)5 sur l'identité des deux Amalaire admise par beaucoup d'auteurs depuis l'élude de dom Morin [Revue Bénédictine^ t. VIIÎ, 1891, p. 433 et IX, 1892, p. 337), voir Hauck, op. cit., t. Il, 1912, p. 186, n. !• Wala- FKiD Stkabon, Libellus de exordiis et incrementis quarunidam in rébus ecclesiasticis rerum (PL. CXIV, 919 etsuiv., et mieux, édit. Knôpfler, dans les Fcrôffentlichungen, Mûnchen, I, i, 1899, ouMGH. Capitularia, Appendix, t. II, p. 473-5i6; Agobahd (PL. CIV, 329, etc.); Florus (PL. CXIX, i5, etc.); Raban, op. cit., lib. I et II (édit. citée). Sur ces auteurs et leur œuvre, voir Thalhofer, Handbuch der katholischen Liturgik, 1^ édit., par Eisenhofer, Fribourg, 1912 , t. I, p. 107 et suiv. ; Franz, Die Messe im deutschen Mittelalter, Fribourg, 1902, p. 35 1 et suiv.

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plus tard dans les théories sur le sacrifice. Là encore se développe cette terminologie sacramentaire, qui maintiendra si longtemps dans le langage théologique le « sacramentum incarnationis y) , jusqu'à en faire un des chapitres centraux de la théologie du xii^ siècle. Si Pierre Lombard semble faire exception, saint Thomas en reprendra l'idée, sinon le mot, dans la IIP partie de sa Summay et Petau conservera le terme jusqu'en plein xvii® siècle. Les homélies de saint Léon relatives à la Noël et à la quinzaine pascale, si nombreuses dans le recueil de Paul Diacre, exercent en cela une bonne part d'influence ; il en va de même avec Bède le Vénérable et avec Ambroise qui consacre, ou introduit peut-être, cette terminologie ^ . L'on peut en dire à peu près autant de saint Maxime^. C'est aux mêmes sources, croyons-nous, qu'il faut attribuer la longue survivance des divers sens du mot sacramentum, qui traversent tous les siècles du haut moyen âge ^ pour aboutir aux sentenciaires de l'époque lombardienne.

1. S. Ambroise, De incarnationis dominicae sacramento (PL. XVI^ 817-846).

2. Contentons-nous de citer ici quelques exemples : Sacramentum salutis (S. Léon, PL. LIV, 198 B et liom. 18 de Paul Diacre; nous citons d'après la liste primitive reconstituée par Wiegand, op. cit., p. 17 et suiv.) -, idein (S. Maxime, PL. LVII, 24^ B et Paul Diacre, hom. 20) ; Sacramentum nativitatis (S. Maxime, PL. LVII, 260 A et Paul Diacre, hom. 22; Bède, PL. XCIV, 35 B et Paul Diacre, hom. 25); Sacramentum hodierni mysterii (S. Maxime, PL. LVII, 249 C et Paul Diacre, hom. 23) \ Sacramentum misericordiae, paschale, passionis, remissionis, sacramenta vicina (S. Léon, PL. LIV, 849 C^ 362 A, 34» C, 241 A, 235 A et Paul Diacre, hom. 98, loi, 102, 44 et 42), etc.

3. Une liste, fort incomplète, du reste, des sens de sacramentum est fournie par ScinoAMORE, dans le Dictionary- of Christian antiquités, de Smith et Cheetham, t. II, p. i83i, par Plummer, en tête de Pédition déjà citée de Bède, t. I, p. lvii, n. i, et par Schanz, Der Begriffdes Sakraments bei den Vàtern.^ dans la Theologische Quart alschrift de Tubingue, t. LXXIII, 1891, p. 53i; voir aussi De Backer, Sacramentum, le mot et Vidée représentée par lui dans les œuvres de Tertullien, Louvain, 191 1, et Poukens, Sacramentum dans les œuvres de saint Cyprien, dans le Bulletin d'ancienne littérature et d'archéologie chrétiennes, t. II, 1912, p. 275 ; J. Bach, Die Siebenzahl der Sakramente, Ratisbonne, 1864, p. i5 et suiv.- V. Grône, Sacramentum oder Begriff und Bedeutung von Sakrament in der alten Kirche bis zur Scholastik^ Brilon, i853 (bonne revue de plus de 200 pages, malheureusement sans tables ni index) ; Hahn, Die Lehrc von den Sakramenten in ihrer

Si du terrain théorique, où l'on a pu étudier la réglementation des études et les lignes directrices des capitulaires, l'on descend sur le domaine des controverses et des œuvres théologiques, l'on constatera sans peine, dans les caractéristiques qui s'en dégagent, sauf les réserves énoncées précédemment, les mêmes préoccupations intellectuelles. Inutile de le rappeler, ce qui précède nous a déjà dit, par avance, que l'heure est prématurée pour une systématisation théologique quelconque, encore plus pour l'éclosion d'une science qui soit toujours d'allure originale. Mais tout accuse déjà les tendances et prépare lés éléments qui se perpétueront jusqu'au xii® siècle, à savoir la culture dialectique et le travail de la reproduction.

Jean Scot Erigène, dont on rencontre le nom dans presque tous les débats philosophiques ou théologiques de la seconde période carolingienne, fait seul exception parmi tous ses contemporains : « vraie colonne de basalte debout dans l'uniformité de la plaine », comme on l'a dit, il lègue sa pensée à la postérité, qui pendant longtemps, semble-t-il, n'y voit qu'une énigme à déchiffrer. Si son nom se trouve mêlé à presque toutes les controverses du moment, sa traduction des œuvres du pseudo-Denis, récemment expédiées de Rome à Paris, lui vaut l'admiration d'un lettré comme Anastase le Bibliothécaire et laisse une trace profonde dans la spéculation théologique occidentale l.

geschichtllchcn Entwickelimg^ Breslau, 1864, P« ^-24, Hans von Soden, Muarrjpiov und Sacramcntum in den erslen zweiJahrh. der Kirche^ dans la Zeitsclirift fur neutestamentliche Wissenschaft, t. XII, 1911, p. 206- 1^'] ; GiLLixANN, Die Siebenzahl der Sakramentc^ et autres articles et notes, cités plus loin et parus clans Der Katliolik^ dans VArcliiv filr Katholiaches Kirckcnrecht, etc. ; Pourrat, La théologie sacramentaire^ Paris, 1910, p. 2-42.

I. OEuvres dans PL. CXXII; voir Loewe, Der Kampf zivischen dem Rcalismus und Nominalisnius im Mittelaiter, p. 33, dans les Abhandlungen de Prague, 1876, Série VI, t. VUI. Sur sa traduction du pseudo- Denis, voir plus loin l'appendice C. L'appre'ciation d'Anastase se trouve dans la lettre à Charles le Chauve (PL. CXXIX, 739-740).

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Dans un autre domaine, il faudrait encore citer ici l'abbé de Saint- Vincent du Vulturne, Ambroise Autpert (f 778), qui, par son savoir, son style, sa formation, à l'aube de la renaissance carolingienne, au viii'' siècle, fait presque l'effet, peut-on dire, d'un anachronisme. Fort peu connu et étudié jusqu'ici, hormis par V Histoire littéraire *, il a été tiré de l'oubli par dom Morin ; Manitius ne lui consacre que quelques lignes 2. C'est un exégète qui dit beaucoup de son cru et, s'il choisit l'Apocalypse comme sujet, c'est qu'il trouve devant lui peu de modèles; cela ne l'empêche pas toutefois de faire des emprunts, surtout à Grégoire le Grand, mais il les soude tellement bien à ses propres pensées que « très peu de lecteurs, dit-il, en peuvent trouver la trace^ ».

Chez les autres écrivains, malgré le réel talent qu'on ne peut dénier à plusieurs, les travaux didactiques ou les joutes théologiques provoquent avant tout un grand effort de résurrection du passé, même chez Paschase Radbert, dont les travaux peuvent compter parmi les plus personnels de cette époque^. Pour longtemps encore, le goût de la compilation et de l'encyclopédie qu'accuse le déclin patristique, entraîne la pensée appauvrie à enregistrer simplement le bagage scientifique ou religieux du passé. L'exemple du laborieux moine de Jarrow-Wearmouth, qui avait déjà fait un triage parmi ces matériaux, suscite beaucoup d'imitateurs ; parmi eux se distingue l'illustre abbé de Fulda, le grand écolâtre du ix° siècle, qui lègue dans son De înstructione clericorum, déjà cité souvent dans ces pages, une

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