Les Ré ordinations^ Paris, 1907, p. 3i6 et suiv
6. Das chemals z^vischen derSoboles ex secundis nuptiis und den Blutsverwandten der verstorbenen Elieteiles besteliende Ehehindernis^ dans X'Archiv fur Katholisckes Kirchenrecht, t. LXXXIX, 1909, p. 455, n. 4 et 463, n. 3 ; Die Siehenzahl der Sakramenten bei den Glossatoren des Gratianischen Dekrets. Erweiterter Separat-Abdruck ans Der Xatholik, 1909, IX, p. 18, n. 2, et 37, n. 2.
7. Geschichte des canonischen Elierechts, Tubingue, 1888, p. 36, 89, etc..
le manuscrit C. III, i [DiscordanCium canonumconcordia) de la cathédrale de Durham. Ce qui en est connu jusqu'ici, notamment par le travail si instructif de M. Saltet, jette un jour tout nouveau sur les controverses sacramentaires et fait apparaître Gandulphe dans l'attitude d'un initiateur dont les idées, nettement tranchées, sur la simonie, le pouvoir de l'ordre, l'usage du mariage, les sacrements, etc., eurent une vaste et bruyante diffusion. Même quand elles appellent des réserves — et Huguccio ne s'est pas fait faute, quoi qu'en ait dit von Schulte*, de s'écarter fréquemment de son ancien maître, parfois même avec des airs de hauteur, voire de mépris — elles n'ont pas manqué de faire partout sensation. Du reste, la diversité des citations dans les différentes œuvres, anonymes ou autres, qui nous les ont transmises, nous dit assez l'estime où l'on tenait Gandulphe ^ et la connaissance que l'on avait de ses doctrines. Notons toutefois que, dès la fin du xiii® siècle, l'on voit cette diversité s'atténuer, et si beaucoup de citations survivent, c'est grâce à Jean le Teuton (avant I2i5), qui les fait passer dans la Glossa ordinarla. Même l'époque antérieure fait surgir une question que nous ne pouvons que formuler ici : jusqu'à quel point ces glossateurs et ces commentateurs parlent-ils de
1. Von Schulte se base entre autres sur l'absence de toute pole'mique chez Huguccio vis-à-vis des ide'es de Gandulphe, pour voir dans celui-ci le maître de celui-là {Geschiclite dcr Quellen^ etc.^ p. i56). A part de très rares exceptions, tous les passages où nous avons rencontré le nom de Gandulphe chez Huguccio, montrent le disciple en opposition flagrante avec le maître : parfois les expressions employe'es sont peu flatteuses : sed isti (i. e. Gandulphe et quelques autres) vendunt vesicam pro lanterna,., nemo sanae mentis ambigit{C. XXXII, Q. 7, c. 1^ Licite dimittitur; manuscrit de Cambrai, fol. Soy'""); ou ailleurs Dist. XLV, can. 5, deJudaeis : sed sicut dictuni est maie dixerunt (fol. 54^'); et Dist. XXIII, can. 3,His igitur : sed quidquid G. dicat^ non credo... (fol. 26 V").
2. L'on rencontre fréquemment des expressions comme celles-ci : Secundum Gandulphum et quosdam alios^ Gandulphus et quidam alii, Gandulphus et qui eum sequunlur, qui montrent dans Gandulphe un chef d'école. Voir, outre les passages indiqués plus haut, C. XXXIV, Q. I, can. 3, et Q. 1 (fol. Siôr'); G. XXVII, Q. -i, can. 9 (fol. 278'"' etc.); la Sumnia Lipsiensis (fol. 89^) dit de même : secundum G. et alios qui eum sequuntur (von Schulte, Die summa Decrctorum Lipsiensis, recueil cité, p. 43).
Gandulphe et citent-ils son avis pour l'avoir entendu professer à Bologne, ou pour Tavoir lu personnellement? ou bien encore n'ont-ils puisé la connaissance de ses idées que dans les écrits de leurs devanciers?
Une question du même genre est provoquée par les nombreuses allusions aux Sententiaey que l'on rencontre dans les manuscrits de Pierre Lombard. Faut-il les attribuer à une connaissance immédiate de l'écrit théologique de Gandulphe? par suite, faut-il voir dans ces fréquentes citations une preuve de la diffusion des Sententiae, comme on serait tenté de le faire à première vue? C'est ce que nous nous proposons d'examiner brièvement.
Parmi les aianuscrits des Sentences du Lombard qui citent fréquemment Gandulphe, un des premiers en date, à notre connaissance, est un ancien codex d'Amplonius von Ratinck^, le médecin-bibliophile qui fonda en i4i2) avec le Collegium Amplonianwn , la bibliothèque de la Porta Coeli
— du nom de la maison que donnèrent les magistrats de la ville pour l'établissement du collège — à Erfurt. Jadis la propriété d'un chanoine de Saint-Séverin de Cologne, le manuscrit a été hautement prisé par Amplonius qui lui consacre une notice élogieuse dans le catalogue de sa bibliothèque rédigé vers i4i2 : N^ 45- Item alter textus Lihri Sen» tentiaruniy parum minoi\ optimus adeo quod in toto libro magister Petrus non allegat auctoritatem alicuius doctoris quin illius quotacio quoad lihrum et capitulum ibidem eciam signetur informa'^. Cette notice, on le verra ailleurs, est pleinement justifiée. Les notes marginales les plus anciennes
— ce sont de beaucoup les plus nombreuses, mais pas les
1. C'est le manuscrit io8 (Amplon.) de la Bibliothèque d'Erfurt. Déni fie l'avait signalé dans son e'tude : Abaelard's Sentenzen iind die Bearbeitungen seiner Tlieologia, dans \' Archw fur Literatur und Kirchengeschiclite des Mittelalters, 1. 1, i885, p. 628, n. 4 ; voir W. Schum, Besclircibendes Ferzeichniss der Jniplonia.nisclien Handschriften-Sammlung zu Erfurt^ Berlin, 1887, p. SSg.