‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 144 sur 228 · Ms. Amplon · texte numérisé non relu

Ms. Amplon

3. W^. ScHUM, Beschreiberides Ferzeichniss der Amplonianischen Handschriften-Sammlung zu Eifurt, Berlin, 1887, p. 368 j voir plus haut, chapitre m, p. 227.

Usés (fol. 4^, 44, i63j ï64, i65, i66, i68, 170, 179., 173,

Les rares, mais précieux indices fournis par ces notes,

nous font constater que la traduction dont se servait le glossateur n'était pas celle de Burgundio. Outre l'attestation formelle contenue dans les mots : translatio lincolniensis y elles nous présentent divers extraits, fort brefs assurément, mais où se rencontre une variante : Burgundio a comme texte : esse (et non : preesse), etenim ypostasim déterminant suhstantiam (et non : ypostasim déterminant hoc est diffiniunt suhstantiam) y inassumptum, non curabile (et non : inassumptum^ non curatum est)^. Il y aurait peut-être moyen de tirer aussi un indice des indications numériques des chapitres qui ne sont pas d'accord avec celles des manuscrits de Burgundio ; mais ceux-ci offrent eux-mêmes tant d'écart que ce terrain est sans solidité.

La diffusion de cette traduction dans les milieux connus du glossateur est attestée par l'épithète de communis : translatio lincolniensis et communis Jiahet - preesse, en opposition à la leçon reproduite par Pierre Lombard. Ainsi se trouverait confirmé aussi le témoignage de Roger Bacon qui ne connaît, nous l'avons dit, que la traduction de Grossetête et ignore celle de Burgundio. Malheureusement, si ces témoignages affirment nettement la paternité de Grossetête sur une œuvre de traduction, de correction ou de

1 . Ces variantes se trouvent respectivement aux chapitres vu et vi du livre III actuel (PG. XClV, col. 1008 C, npoetvai; col. looi D, ôpîÇovTat; col. ioo5 B, àTipoaXrjTtxov. àOEpaTTôUTOv) ; nous donnons le texte de Burgundio d'après le ms. 1-2014-41 de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, fol. iSi^' (où le mot esse, avec lettrine, est accompagné d'une correction : preesse^ faite après coup, interline'aire et marginale), le ms. 893-98 du même dépôt, fol. So^ et i(f^ et le ms. 711 de la Bibliothèque Mazarine; celui-ci a ?l\x?>s\ preesse (fol. So^) et incurabile^ au lieu de non curabile (fol. So*").

2. Nous ne croyons pas qu'il faille traduire : « la traduction du Lincolniensis — dénomination fre'quenLe dans les manuscrits de l'e'poque pour désigner Grossetêle — et la traduction commune portent preesse » ^ comme s'il s'agissait de deux traductions; en ce cas, le glossateur aurait e'crit habent. Nous reconnaissons toutefois que la thèse oppose'e, que soutient le P. Hocedez (article cité du Bulletin (C ancienne littérature etc., p. 190, n. 6, et p. (98), n'est pas sans appui.

paraphrase, le désaccord entre leurs expressions d'une part et les constatations des plus anciens bibliographes laissait place au doute. Etait-ce le mot transtultt et translatio de Salimbene et du manuscrit d'Erfurt qui devait faire foi? ou bien les titres donnés par Baie et Leland : Anno^ tationes in libriun Damasceni de ortJiodoxa fide maie e grecointerpj'ctatum, àonudLieYil-iXs Viàée exacte de l'œuvre originale? Robert lui-même avait déjà suivi ce système de correction dans la traduction du De angelica hierarchia et du De ecclesiastica hierarchia de Denis l'Aréopagite : il y avait utilisé et corrigé d'anciennes versions. Par contre le De divinis nominibus et le De mystica theologia avaient été traduits à neuf complètement ou peu s'en faut ^ C'était donc aux bibliothèques anglaises à donner le dernier mot en la matière et à préciser la portée des textes de Bacon.

Mais par malheur, les papiers de Baie, utilisés pour son Catalogus et publiés récemment par R. Poole et M. Bateson^, ne fournissaient aucune indication complémentaire. Wharton qui se pique de ne parler que de ce qu'il a vu de ses yeux, ne citait rien non plus parmi les manuscrits qu'il avait rencontrés à Lambeth Palace, à Westminster Abbey, ou à Cambridge à la fin du xvii^ siècle '^. Thomas James n'avait pas été plus heureux dans les bibliothèques d'Oxford et de Cambridge, à en croire la liste des œuvres de Grossetète qu'il donne par ordre alphabétique ^. Leland^, qui a fouillé au XVI® siècle ce qui restait du vieux fonds des manuscrits légués par Grossetète aux Franciscains d'Oxford, n'a rien

1. L. Baur, Das philosophisclie Lehenswerk des Robert Grossetète^ dans la Dritte Fereinsschrift fur 1910 de la Gôrresgesellschaft^ Cologne^ 19 lo, p. 64-67. .

2. Jndex Britanniae Scriptorum... quos colle git Baleus, dans les- Anecdota Oxoniensia, Médiéval and Modem séries, part X, Oxford, 1902, p. 371 et suiv.

Page 1