Op. cit.^ p
4. Pour l'influence de Jean Damascène sur la scolastique, voir les excellentes pages de Grabmann, Geschichte der scholatischen Méthode, Fribourg, 1909, t. I, p. m et suiv.
trouvaient là sur leur terrain ; Pierre Lombard, au contraire, pouvait s'y sentir un peu dépaysé. Saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin^, pour citer les représentants de deux écoles différentes, font appel à son autorité avec une estime et une fréquence qui laissent loin désormais les vingt ou trente citations utilisées, un siècle plus tôt, par les timides essais du Maître des Sentences.
APPENDICES
APPENDICE A
La date de la traduction de Burgundio chez quelques chroniqueurs.
Quelques chroniqueurs font coïncider la date de cette traduction avec celle du rigoureux hiver qui permit de traverser la Tamise sur la glace (1150), C'est sur une de ces chroniques, celle de Jean de Brompton, que s'appuie J. H. Lupion {Saint John ofDamascus, Londres, 1882, p. 70, dans la collection The Fathers for english readers). Dans son récent travail. Die Trinitàtslehre des hl. Johannes von Damaskus^ p. 75, n. 1 (dans les Forschungen zur christlichen-Literatur und Dogmengeschichte, t. IX, 3, Paderborn, 1909), le docteur J. Bilz se contente de rapporter l'avis de Lupton, sans prendre position. Cette réserve est fort sage : la composition tardive de cette chronique, le caractère compilatoire de sa rédaction — (voir, par exemple, le passage semblable dans le de Eventibus Angliae, II, 10, de Henri de Knighton, dans les Rer. Brit. Script., t. XGÏI,i,p. 135, Londres, 1889 ; dans le Polychronico/i de Ranulphe Higden,VII,19; dans les traductions anglaises de Jean de Trévise et de l'anonyme du xv" siècle, même collection, t. XLI, vu, p. 10-13) — et les multiples incertitudes qui planent sur l'origine de son texte (mss. de Cambridge, Corpus Christi Collège, n° 96, et Cotton. Tiber. C. XVI) et sur la personne de son auteur ne sont pas faits poar lui assurer grand crédit (Pits,
I. Il faut ceperulant citer une exception, c'est le passade sur la procession du Saint-Esprit ab utroquc [Siimma t/ieologica, I, q. 34, a. 2, ad a"™).
op. cit. y p. 870; Th. Wright, Biographia Britannica litteraria, Anglo-Normand Period, Londres, 1846, p. 412). D'autre part, quand on voit ces auteurs appliquer la même mesure chronologique aux œuvres de Hugues de Saint- Victor, de Gratien, de Burgundio de Pise et de Pierre Lombard, l'on ne peut attribuer à leurs renseignements qu'une valeur approximative; celle-ci se trahit jusque dans le choix des expressions : eodem tempore, circa idem tempus, etc. Aux événements d'histoire littéraire chronologiquement groupés autour de l'hiver de 1150 par le chanoine de Leicester etd'autres, le moine de Jervaux ou l'auteurde la chronique qui porte son nom, a ajouté le travail de traduction de Burgundio; toutes ces notices se placent, sous sa plume, dans le paragraphe consacré à la onzième année du règne d'Etienne de Blois, c'est-à-dire en 1136 {Chronicon lohannis Brompton, abbatis Jorvalensis, dans R. Twysden, Historiae Anglicanae scriptores X, t. I, p. 1035-1036).
APPENDICE B Le titre de « Sententiae » donné au <( De fide orthodoxa».
Le titre de Sententiae Damasceni, ou de Libri Sententiarum Damasceni, se rencontre, pour plusieurs exemplaires, dans le catalogue de la bibliothèque d'Avignon (Ehrle, op. cit., p. 474, 475; inventaire de 1375) et dans celui de la bibliothèque de Durham [op. cit., p. 18, 24, etc.). Il en va de même avec un manuscrit des Croisiers de Huy, actuellement à la bibliothèque de l'université de Liège, n» 69, et un de Paris, Bibl. Nat., lat.2155.Lems. 145 de Merton Collège, à Oxford, termine le De fîde orthodoxa par ces mots : Expliciunt sententiae Damasceni (fol. 50). Parfois le titre de Sententiae a passé de la traduction latine à l'original, comme le montre l'exemplaire grec du xiii« siècle, ms. 1366 delà Bibliothèque Royale de Bruxelles; en 1422, on lui a donné son nouveau nom. Robert Grossetête de Lincoln parle aussi du Liber Sententiarum du Damascène {De cessatione Legalium, p. 92 et 167, Londres, 1568, Lyon, 1652; voir Fabricius-Mansi, op. cit.^ p. 697). Une note d'un manuscrit de la Bibliothèque Laurentienne (Plut. XIV, Cod. IV, fol. 325) donne à l'œuvre du Damascène le nom à'Opus Sententiarum Damasceni. Une glose du ms. d'Erfurt(Amplon.l08) endit autant : Liber... quem dicimus Sententias (fol. 44), ainsi que le titre d'un chapitre d'extraits : Excerptiones a libro Sententiarum I. Damasceni, dans le ms. 73, A. 11 (fol. 4"^ et 5^) de Sydney Sussex Collège, à Cambridge. Duns Scot aussi désigne parfois de ce nom le De orthodoxa fide {Quaestiones in II librum Sententiarum, Dist. III, quaet. iv ; Lyon, 1639, t. VI, p. 394).
394). Le même titre est donné par WycViî {Tractatus de Apostasia, cap. iiietxvi,édit. M. H. DziEwicKi,Wyclif Society, Londres, 1888, p. 51 et 208; et Tractatus de civili dominio, lib. I, 44, édit. Regi- NALD PooLE, même série, Londres, 1884, p. 397), quand il cite le Damascène, et par ses adversaires dans le même cas, comme dans les Acta de J. Kynyng-ham, Contra ideas Wyclife, et la Confesslo de Jean deTyssyngton [Fasciculi Zizaniorum, édit. Smirley; Rer. Brit. Script., t. V, p. 35 et 138) ; même nom dans le Doctrinale antiquitatum fidei de Thomas Netter ou Waldensis {De Sacramentis, cap. xxv, 4; Venise, 1571, t. II, p. 168). Chez Jean Huss se rencontre le même titre : Damascenus 4^ Sententiarum quod intitulatur de sanctis Imaginibus [Super IV Sententiarum ^ Lib. III, Dist. IX, 3, édit. Wenzel, Flajshans et Marie KominkovA, Prague, s. d. [après 1904], p. 418).
Cette liste pourrait aisément s'allonger encore , nous nous contentons de mentionner, pour finir, deux catalogues anglais du xvi^ siècle qui parlent des Sententiae de Jean de Damas ; in suis sentenciis, ou in suis quatuor libris sententiarum. Ce sont ceux du monastère de Sion à Isleworth (Middlesex) et de l'ancien collège de Cantorbéry à Oxford (Mary Bateson, Catalogue of the Library of Lyon Monastery Isleworth, Cambridge, 1898, les n^s D. 102 et D. 120, p. 39 et 41; M. Rhodes James, The ancient libraries of Canterbury and Dover, Cambridge, 1903, p. 167). L'on voit, par cette liste d'exemples, combien le titre de Sententiae avait été mis en honneur par le recueil de Pierre Lombard.