‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 161 sur 228 · Analecla Novissima. Paris, i885, t. I, p · texte numérisé non relu

Analecla Novissima. Paris, i885, t. I, p

2. Yves de Chartres et Le droit canonique^ dans la 7?tfC?/c des Questions historiques^ t. LXIII, 1898, p. 385 etsuiv. ^ Le Décret de Burchard de Wornis^ e;fc.,dansla Revue d'Histoire ecclésiastique ^\.. XII, 191 1, p. 45i et suiv. ; voir aussi Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands ^ Leipzig,

1896, t. m, p. 437-440 et 953.

HR. Pontificum. L'on combattu par la plume plus encore qu'à coups d'épée. En même temps, se lormèrent de nouvelles collections canoniques en vue de promouvoir l'œuvre de la réforme et d'assurer la liberté du Saint Siè^e; leur influence fut profonde sur les collections ultérieures. Deux points surtout nous intéressent sur le terrain théologique : c'est l'attention donnée à la suprématie pontificale, et les longues discussions sur la valeur des sacrements conférés par les schismatiques, les excommuniés, etc. Mais tandis que la première de ces matières n'entrera guère qu'au xvi*" siècle dans les recueils systématiques de théologie — qui nous donneront alors e.v p/'ofesso, sous la pression des attaques protestantes, un De Ecclesia et de Romano Pontifice^ — la seconde, qui a des aspects canoniques non moins nets que ses côtés théologiques, sera simultanément l'objet des discussions les plus animées chez les canonistes et chez les théologiens. Aucun des essais de codification de l'époque ne pourra s'abstenir de lui ouvrir ses colonnes. Passons rapidement en revue les principales collections de ce groupe grégorien.

La première en date et la plus directement efficace, au \i° siècle et au début du xii®, est la fameuse Collection en soixante-quatorze titres^ malheureusement encore inédite. A peine remarquée par les Ballerini au xviii® siècle, fort mal appréciée par Theiner, qui n'y voit qu'un extrait d'Anselme de Lucques, elle échappe même à Giesebrecht dans son exposé de la législation romaine sous Grégoire VII ; Thaneret Maassen lui rendent davantage justice en iSyS et en 1879. Depuis lors, si von Schulte etScherer ne lui reconnaissent pas d'importance, P. Fournier lui restitue enfin la place qu'elle méritait dans le développement du droit canonique^. C'est grâce à elle que le chapitre De primatu

I. Cela ne veut nullement dire que les grands théologiens du moyen âge n'eussent pas sur l'église des idées nettement conçues; mais ils ne lui consacrent pas de traité systématique. Le livre de Grabman^, Die Lelire des hl. Thomas von Aquin von der Kirchc als Gotteswcrk^ llatisbonne, 1903, est fort instructif à ce sujet.

1. Voir surtout P. Fournier, Le premier manuel canonique de la

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Romanae Eccleslae et des droits du Saint Siège, prendra en théologie et en droit canon le rang qui lui revient. Non qu'elle innove dans le domaine des principes ; il est au contraire à noter qu'elle ne prend ses autorités que dans des recueils antérieurs ; la plus récente ne descend pas au delà de la seconde moitié du ix^ siècle, si bien qu'on a pu dire de l'auteur qu'il présente sa réforme non comme une révolution, mais comme une restauration de l'ancien droit. En Lotharingie, il avait même été précédé dans ce mouvement pour l'indépendance du Saint Siège ^. Mais le plan qui préside aux premiers chapitres delà collection, le choix des matières traitées et la nature des documents invoqués, tout cela est caractéristique du but poursuivi, ou personnel a l'auteur, et constitue un apport nouveau. Les prérogatives du Saint Siège, qui font l'objet des deux premiers titres et reviennent encore ailleurs (par exemple, titres xx, xxini etxxv), sont développées ici avec un déploiement de textes, qui se retrouvera sous une forme plus ou moins semblable dans les collections multiples issues de ce premier modèle. C'est le premier noyau d'une codification canonique et théologique d'un De Ecclesia et de Romano Pontifice : codification bien imparfaite, fort lacunaire et bien caduque dans ses matériaux, puisqu'elle en prend une bonne partie chez le pseudo-Isidore. Mais le premier pas était fait; d'autres devaient suivre qui allaient avancer plus sûrement et plus loin sur ce terrain. Son influence se fait reconnaître d'abord au grand nombre des manuscrits qui nous en sont conservés — Paul Fournier en énumère une quinzaine, auxquels Thaner, qui s'est proposé de l'éditer, en ajoute deux ou trois^ — ensuite au nombre des polémistes

réforme du XI^ siècle^ dans les Mélanges d'Archéologie et d'Histoire, publiés par l'Ecole française de Rome, t. XIV, i8q4, p. 147-223.

1. Sur cette initiative de l'évêque de Liège, Wason, voir Gauchie, La querelle des Investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai, Louvain, 1890, p. lxxxi et suiv, ; la source est le récit d'Anselme de Lie'ge : Gesta Episcoporum Leodie/isium, cIi.lvih et lxv, dans les MGH. SS., t. VII, p. 22/|, 228, etc.

2. Anselmi... Lucensis Collectio canonuni una cum collectione minore, Innspruck, 1906, p. m et iv (sans numéro d'ordre) j Fouuniek, me'moire cité, p. i5o-i54.

et des compilateurs qui y puisent, depuis Manegold de Lautenbach, Bernald de Saint-Biaise, Bernold de Constance, Anselme de Lucques, etc., au xi® siècle, jusqu*à Gratien de Bologne, qui en est indirectement tributaire vers le milieu du xii*^. Déjà sous Grégoire VII, elle est répandue des deux côtés des Alpes.

Il est inutile de nous attarder à décrire chacune des collections canoniques, qui surgissent sous la plume des principaux représentants de l'école grégorienne et qui ouvrent largementla place aux droits du Saint Siège. Il nous faudrait énumérer la longue liste des recueils inédits — c'est le plus grand nombre — ou imprimés, qui mettent à profit les matériaux codifiés par la Collection en soixante- quatoj^ze titres : ils sont au nombre de vingt à peu près ^ et se rencontrent jusqu'en Angleterre ~. Désormais, tous les recueils importants s'inspirent de la même idée et quelques-uns grossissent singulièrement le dossier des pièces authentiques qui appuient l'œuvre de la réforme^. C'est alors qu'interviennent un bon nombre d'anciennes décrétales, livrées par les archives de Saint-Pierre et celles du Latran,

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