FouRNiER, mémoire cité, p. 2o
2. Ms. de la bibliothèque du chapitre de la cathédrale de Cantorbéry, n^ B. 7. 2. Le catalogue de Schenki, [Bibliotheca Patriim Britannica, dans les Sitzungsberichte der K. K. Akademie der Wissenscliaften^X.. CXX-XI, 1894, ^I^p. 47)? et celui de Woodruft {Catalogue of the manuscript books in the Libraiy of Christ ChurchCanterburj^Canitorbéry, 1911)5 "'^n donnentpoint une idée exacte.
3. Ce nouvel apport de pièces authentiques ne ferme malheureusement pas l'accès, dans les collections grégoriennes, aux matériaux falsifiés que contenaient depuis longtemps les recueils canoniques, même la Collection en 74 titres. DoUinger^ auquel renvoie Harnack [Dogmengeschic/ilc., 4<^ édit., Leipzig, 1910, t. lil, p. 35o, n. i),en tire avantage sous le titre : Die pàpstliche Unfeldbarkhcit... Fdlschungen [DerPapstund dos Concil.^ von Janus, Leipzig, 1869, P- 1^7 et suiv.). Il y aurait lieu, croyons-nous, de tenir compte des habitudes littéraires de cette époque ; les saines remarques de P. Fournier s'appliquent parfaitement ici [Un groupe de recueils canoniques inédits du X^ siècle.^ dans les Annales de l Université de Grenoble, t, XI, 1899, P- 36i-362, p. 401 etpassim). Quant au principe de Deusdedit (p. ni, op. cit.)., sur \a potior auctoritas., pour la conciliation des antinomies, il se rencontre aussi bien chez Abélard, qui certes ne peut être classé parmi les grégoriens, et longtemps avant lui chez Alcuin (EpistolacxLix. dans les MGH. Epis/olae Karoliniaevi,l. IV, p. 244); voir plus loin, p. Saô.
292 LE MOUVEMENr THËOLOGIQUE DU X[I<^ SIÈCLE.
au point que la conservation de ces documents est uniquement due à certaines de ces collections, telles que la Britannica et d'autres apparentées^.
Parmi ces recueils issus du groupe grégorien et dus plus d'une fois à l'instigation même de Grégoire VII, il faut donner une mention spéciale à celui de Deusdedit (i 086-1 o8y), qui fait éprouver, au dire de Pitra, « comme une fascination rétrospective des archives du Latran et du Palatin 2 ». Celle d'Anselme de Lucques (mort en 1086) est plus importante encore et incomparablement plus répandue, si bien qu'il est regrettable de ne pas la voir encore complètement éditée^. Citons encore celle de Bonizon de Sutri (après 1089)^, et quelques autres inédites ^. Sans nous arrêter à la législation proprement dite et aux droits du pape vis-à-vis de l'empereur, ou des évéques, des laïques, etc., nous transcrivons quelques titres de canons qui mettent sous les yeux du lecteur le genre et la portée des affirmations intéressant la théologie du pape ou de l'Eglise, et dont plusieurs ont passé dans l'œuvre de Gratien ou des théologiens postérieurs^.
1. P. EwALD, Die Paptsbriefe der Britischen Sammliing, clans le Neues Archiv, t. V, p. 294.
2. PiïRA, op. cit., p. i4o. L'édition défectueuse de Martinucci (Venise, 1869) a e'té avantageusement remplacée par celle de Wolf von Glan- VELL [Die Kauoiiessaniuilun^ des Kardinals Deusdedit^ Paderborn, 1905) ; le texte seul avec l'appareil critique a paru ^ la mort a empêche' l'auteur de livrer au public l'étude comple'mentaire annoncée.
3. Anselini... Lucensis collectio canonuin.^etc., recensuit Fr. Thaner (Innspruck, 1906)5 le premier fascicule, comprenant quatre livres sur treize, a seul paru.
4. Quelques extraits en sont publie's par Mvi [Patruni Nova Bibliotlieca.^ t. VII, pars III, p. 1-76); voir aussi Ballerini^ De antiqiiis colleciionibus etc. IV, i5 (PL. LVI, 338-342).
5. B aller INI, /><? antiquis collectionibus etc. IV, 17 et 18 (Ibid., 346 etsuiv.); Theiner, Disquisitiones crilicae, eic.^ p. 338, 841, 345, 356, etc. ; FouRNiER, me'moire cité, p. 209-223 ; Une collection canonique italienne du commencement du XH^ siècle.^ dans les ylnnalcs de renseignement supérieur de Grenoble, t. VI, 1894, p. 343-438; La collection de Tarragone^ dans les Mélanges Havet, Paris, 1896, p. 259-281 ; etc.
6. Voir les textes dans les éditions partielles, ou complètes, citées plus haut. La collection d'Anselme de Lucques revient en divers endroits sur les prérogatives de l'Eglise romaine, par exemple, lib. XII, 42 : « ... et quotiens de universali synodo dubitatnr, ab apostolica sede
THÉOLOGIE ET DROIT CANON AU Xl^ ET AU XIF SIÈCLE. 293
Quod Romana ecclesia a Cliristo primatum obtinuit (Deusdedit, lib. t, 18, 5o, 76).
Qiioti ab eodem omnium ecclesiarum caput sit instituta (id., lib. I, 5oet 63).
Quod ab eodem summorum negotiorum difiinitio illi tradita sit (iD., lib. I, 53).
Quod eodem iubente idipsum apostoli instituenint (id., lib. I, 6, 48, 54, 57, 58, 59, 65, 57, 68).
Quod apostoli conslituerunt iiullam debere fieri sinodum absque auctoritate (m., lib. I, 70).
Anselme de Lucques a les mêmes doctrines, parfois dans les mêmes énoncés (voir lib. I, i, 8, 9, 10, 11, 22, 23, 66^ 67, 68, etc.). Il y ajoute des chapitres sur la pureté de la foi de l'Eglise romaine :
Quod a regulis romanae ecclesiae nullatenus convenit deviare (lib. I, 12).
Quod ecclesia romana nunquam a fîde erraverit (lib. I, i3; voir aussi lib. 1, 65, etc.).
Quod... Petrus a soliditate fidei petra dicitur et in nave eius omnes tuti sunt (lib. I, 69; voir aussi lib. I, 65, 67, 68, etc.).
Quod romana ecclesia semper inimaculata permanserit et permanebit (lib. I, 60).
Quod ab apostolica sede fidei veritas est inquirenda, tanquam abipso Petro, qui fidei plenitudinem breviter complexus est, dicens : Tu es Cbristus, etc. (lib. I, 57).
Les chapitres du livre IV de Bonizon de Sutri, intitulé De excellentia /?o/?zfl/?<3ei?6'6'^esz<2e, contiennent les mêmes idées; remarquons que cette collection n'est pas un simple assemblage de textes; Fauteur y ajoute des développements de son cru.
4. Quod romana ecclesia a Domino sit fundata 7. Quod romana ecclesia caput sit omnium ecclesiarum, 9. Quod romana ecclesia a tramite veritatis non erraverit. 16. Quod romana ecclesia semper sine macula fuerit^.
Des chapitres du même genre, dépendant d'une des col-
veritas requiratur « ; lib. XII, 47 : « non esse veram fidem quae cum romana ecclesia non convenit » (ms. de la Bibl. Nation., lat. 12519, fol. 202' et 204').