Ms. de Heiligenkreu/, 242, foL
THÉOLOGIE ET DROIT CANOiN AU Xl^ ET AU XIP SIÈCLE. 315
ment omis le chapitre sur l'extrême-onction, bien qu'ils citent ce sacrement dans leur nomenclature initiale.
L'emploi d'une collection canonique en guise de dossier patristique ne se borne pas, du reste, au cas où l'auteur du recueil théologique donne au long et au large les citations qu'il y puise. L'exemple de Hugues de Saint- Victor, dans le même traité de la confirmation, est typique à cet égard. Les chapitres ii et m rappellent les idées et même les expressions des canons ii5-ii8 de la première partie de la Panorfnia d'Yves de Chartres ^ Le chapitre iv fait des emprunts textuels au canon ii4, sans le mentionner, sur la dignité delà confirmation et sa supériorité sur les autres sacrements, en raison de son ministre^. Il en va de même avec le chapitre v qui, au début, parle de la non-réitération ^, puis mentionne la nécessité du jeûne chez le confirmé et le confirmant dans des termes qui copient quasi textuellement le canon 120'^.
Une étude sur le baptême et ses cérémonies chez Hugues aboutirait à des résultats semblables : il suffira de comparer ici le De Saci^amentis avec les canons 69 et 98 de la première partie de Isl Panormia^. Le mot placuit, qui est une formule de décision juridique plutôt que l'énoncé d'un avis de théologien, trahit encore la source canonique de ces passages.
Nous ne parlons pas ici des dossiers patristiques où s'alimente la théoloorie du mariaije : la lé^^islation des empêchements canoniques passe évidemment tout entière dans les recueils théologiques. Ces exemples peuvent suffire.
Si, des essais de systématisation antérieure à ceux de Pierre Lombard, nous passons aux deux œuvres classiques par excellence que présente la codification canonique ou théologique du xn° siècle, nous constaterons les mêmes