Op. cit..^ p. 1,6, 7 etc
J. De corpore et sanguine Domini, n. i (PL. CXXXLY, 180 A).
Thierry ^, etc. D'autres fois, c'est sur un point spécial d'exég^èse patristique que ces contradictions apparentes mettent aux prises les écrivains du xii*^ siècle. La question christologique, par exemple, surtout après les discussions de 1 148, fait diverses fois apparaître le nom de saint Hilaire, dont on oppose la doctrine à celle d'autres docteurs. Un correspondant de Philippe de Harvengt est particulièrement difficile à convaincre en cette matière-. Une lettre inédite, citée plus loin, de Gerhoch de Reichersberg-, s'occupe d'un conflit semblable ; on en trouve du reste la trace dans beaucoup d'autres de ses écrits. Le problème de la communion de Judas à la dernière Cène ' constitue encore un autre de ces cas, où les contradictions patristiques apparentes mettent en éveil la sagacité des Magistri de l'époque. Certains textes de Jean Damascène provoqueront des essais d'exégèse analogues chez Pierre Lombard, chez Arno de Reichersberg, etc.*. Il serait oiseux d'allonger la liste de ces exemples. Rappelons plutôt la formule qui commence à s'introduire dans la première moitié du siècle et qui affirme le succès des tentatives de conciliation. C'est comme un mot d'ordre, ou une devise, exprimée dans une phrase antithétique, que l'on rencontre fréquemment en ce moment : « non sunt ads>ersiy sed dwei'si ». Elle fait écho au mot de Pierre Abélard, qui disait au début de son Sic et non : « Cum nonnula sanctorum dicta, non soliun ah inçicem diçersa^ veriim etiam invicem ad{>ersavideantury). Le même mot se présente dans sa lettre aux moines de Saint-Denis, qui est datée de 1121^.
Le verbeux Hugues Métel l'écrit aussi à un de ses corres-
I. Nous nous permettons de renvoyer encore une fois le lecteur à l'élude, Eucharistie en Occidenl au XI I^ siècle, dans le Dictionnaire de Théologie Catholique^ t. V, p. 1269 ^^ passiin.
■2. Episl. V, M et VII (PL. CCIII, 40 et suiv.).
3. Voir quelques avis des Pères ou des écrivains des xi^-xiiic siècles, dans Te'tude de Sigm. Reknhard : fp^ar Judas der f^erràter bei der Ein setzung derhl. Eucharistie gcgenwartig? dans la Zeitschriftfiir Katholische Théologie^ t. XXXV, 191 1, p. 39, 41 et passim.