Libclli de Lile^ t. II, p
Pères. Des autres modes de concordance préconisés par Bernold-d'Hincmar, il n'est pas question chez Yves.
Par contre, Alger de Liège se contente de recourir à la distinction entre les lois nécessaires et les lois contingentes, comme l'avait fait Yves ; il a même pris, comme titre, l'idée maîtresse du droit strict et de la dispensatio, qui fait tout l'objet du prologue de la Panormia. La préface d'Alger rappelle de fort près le début de celle d'Yves^.
Avec Abélard, les modes de conciliation vont être codifiés en une dissertation critique, remarquable pour son époque. L'œuvre a laquelle elle sert de préface a été longtemps fort défavorablement jugée, comme si la juxtaposition de textes /;ro et contra^ qui constitue tout le Sic etNoriy n'avait pour but que de rendre hésitant le lecteur sur les points de la foi les plus importants. Le nom même de Sic et Non, (( oui et non », recèle une saveur sceptique, qui n'aurait plus rien de catholique, si on prenait \çiS mois prout sonant. Nous croyons toutefois que l'analyse des principes contenus dans le prologue et sa place dans l'histoire de la conciliation des autorités doit écarter cette interprétation, comme on l'a vu plus haut^. Ici nous n'envisageons que la contribution, apportée par Abélard, aux essais d'harmonisation.
C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre dans cette histoire. Jusqu'ici, en effet, les canonistes avaient eu le rôle principal dans la collaboration; leur apport avait été considérable ; tandis que la théologie figurait surtout à la colonne du passif, tout l'actif était inscrit au bénéfice du droit canon. Avec Abélard, qui enregistrera les résultats acquis, nous tournons une page nouvelle où, à leur tour, les canonistes viendront s'inscrire comme débiteurs.
Abélard signale d'abord^ les principales causes qui nous rendent difficile l'intelligence des écrits anciens, et qui ont donné naissance à ces contradictions apparentes ; puis, il indique quelques voies de solution qui mènent à une conciliation harmonieuse. Plusieurs de ces idées avaient déjà