‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 194 sur 228 · Op. cit., p. 7 et suiv., p. 19, etc · texte numérisé non relu

Op. cit., p. 7 et suiv., p. 19, etc

ment à la différence des significations que peut présenter un même mot, et il le fait plus d'une fois explicitement, en indiquant qu'il y voit le moyen de rétablir la concordance entre les textes. Une longue liste d'exemples peut se lire dans la brochure de Thaner *, qui les divise en quatre catégories : ceux qui présentent expressément des distinctions comme telles; ceux qui y recourent sans le dire expressément ; ceux qui distinguent les sens divers sans viser pour cela à une conciliation ; ceux qui exposent des significations multiples. Contentons-nous de mentionner ici un de ces exemples :

Dist. L, 3* pars : « Quomodo igitur huiusmodi auctoritatum dissonantia ad concordiam revocari valeat breviter inspiciamus. » Suivent alors, avec les autorités à l'appui, les divers sens des mots crimina (occultes ou publics), homicida (avec ou sans nécessité de défense), paenitentia (solennelle ou privée), etc. ; voiries canons 28, Ss, 61 , 62, etc., avec les Dicta Giatiani correspondants.

Cette méthode nouvelle, systématiquement introduite par Abélard, avait dès lors acquis droit de cité dans l'enseignement canonique. Les glossateurs du décret et tous les canonistes suivants en feront désormais usage. Les règles mises en avant par Pierre de Blois n'apportent rien de bien nouveau, mais elles sont énoncées dans un exposé systématique qui s'appuie sur une large base d'induction ; c'est là le côté original de l'œuvre. Les principes sont ceux d'Yves, d'Abélard et de Gratien. Pierre nous dit, du reste, dans sa préface qu'il s'est beaucoup inspiré chez autrui^. Après avoir fait remarquer l'origine des diverses législations en général, l'auteur énumère les sept causes de conflits qu'il a relevées, et apporte de nombreux exemples^; ce qu'il aurait pu ajouter, c'est que les domaines de plusieurs de ces causes se compénètrent; les voici : « diligenter enim considerari

1 . Op.cit.^ p. 26-28 ; voir aussi l'avis de Fh. Heyer, qui corrobore notre manière de \ oïr [Zcitschrift der <Savigny-Sti/tung déjà. citée, p. 390-391).

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