‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 195 sur 228 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

3. Op. cit. ^ chap. I, i, p. 6-9 : De septem generalibus causis conirarietatum in canonibus cmergentium.

débet causa canonis promulgandi, casus canonis promulgati finis et forma pt'omulgationis ^ persona cuius favore vel odio promulgatur, amplius praeter hec, tempus et locns^ ». Mais l'œuvre de Pierre de Blois fut trop peu répandue et, par suite, eut trop peu d'influence pour qu'il faille s'y arrêter davantage. Elle est toutefois un indice, que l'on ne peut négliger, de l'état des esprits à ce moment.

En théologie, grâce aux Sentences de Pierre Lombard, également tributaires d'Abélard en ce point comme en d'autres, la règle si sage du Sic et Non fut appliquée dans toutes les écoles. L'usage fréquent de ces distinctions entre les divers sens d'un mot est, chez les canonisteset les théologiens, un fait trop connu pour que nous devions nous y arrêter. Il vaut mieux constater tout de suite que, pour légitime qu'ait été cette méthode — qui n'est en somme qu'un principe de bon sens scientifiquement exprimé — la perspective de ses avantages exerçait une fascination trop forte pour ne pas faire gauchir les jugements les plus solides. Rien de bien surprenant donc si l'abus en a plus d'une fois vicié l'usage, ou si la subtilité s'est donné carrière au préjudice d'une saine exégèse. Il n'est pas rare que des sens divers aient été infusés dans un mot, dont l'écrivain n'avait pas le moindre soupçon. A un moment où l'interprétation historique des textes n'était pas commandée par les principes qui la régissent aujourd'hui, et manquait des instruments de travail dont disposèrent les siècles suivants, pareil écueil était inévitable ; l'on se contentait de trouver divers sens possibles, dont un au moins satisfît aux exigences de la conciliation. Le travail ultérieur qui consistait à contrôler l'hypothèse propice par la recherche de la vraie pensée de l'auteur, n'a pas chaque fois fait l'objet d'une tentative sérieuse. N'en tenons pas trop rigueur à nos pères; oserions-nous dire que leurs descendants actuels sont toujours à l'abri de ce reproche?

Un exemple typique des excès auxquels pouvait mener l'abus de ces distinctions dans le sens des mots, vaut la peine

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