I. Op. cit.^ p
qu'on le cite; il nous est fourni par un des canonistes les plus judicieux que présente la série des glossateurs de Gralien. Il s'agit de l'âge des enfants offerts en oblats aux monastères, d'après l'usage antique. Le texte attribué à Isidore, dans le traité de Smaragde sur la règle de saint Benoît^, invoque l'exemple d'Anne, mère de Samuel, qui offre son fils au temple : Samuel puer um suum natum et ablactatum Deo pietate ohtulit (Juc, i, 24). Huguccio [\ 12 10), ordinairement si ferme dans son jugement, n'hésite pas à recourir à un triple sens attaché au mot sesvQ, ablactatum : « Très enim sunt ablactationeSy prima est a lacté matris que fit III^ anno. Secunda est a lacté infantie que fit VIP. Tercia est que fit a lacté pueritie, que fit XIP anno... Si ergo intelligatur de secunda çel IlPablactatio ne ^ prohat piopositum'^yy. C'est ne pas se montrer bien exigeant en fait d'exégèse historique !
Il faut reconnaître toutefois que, malgré l'usage maladroit qu'on en fait, au risque de fausser complètement l'instrument, la règle mise en circulation par Abélard, et empruntée par le droit canon à la théologie, partait d'une idée fort juste qui introduisait un véritable progrès dans la manipulation des documents historiques.