‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 24 sur 228 · Historiarwn libn\ III, 43 (MGH. SS. t. III, p. 6i · texte numérisé non relu

Historiarwn libn\ III, 43 (MGH. SS. t. III, p. 6i

2. L. DELisija, Rouleaux des morts du IX^ au XF^ siècle ^ Paris, 1866, p. 95 et suiv., 107, etc.

3. Pour le détail, voir, outre De Wulf, op. cit.^ p. 168 et suiv., Ueberweg-Heinze, op. cit.^ p. 173 et suiv., avec l'abondante biblio-

34 LE MOUVEMENT TflÉOLOGlQUE DU XII« SIÈCLE.

La théologie reste ce qu'elle était jadis : lecture intelligente de la Bible et de quelques saints Pères, connaissance des symboles, des canons et des cérémonies rituelles. Elle ne figure dans l'enseignement, plutôt en dehors des écoles, que sous la forme de préparation immédiatement pratique aux fonctions sacrées. L'instruction du clergé demeure toujours élémentaire; même le latin est souvent en souffrance. Car l'ignorance s'étend à toutes les classes de la société, sans qu'on puisse toujours en excepter les candidats au sacerdoce ou à l'épiscopat. Le concile de Trosly (Soissons) a des constatations désolantes ; la prédication se contente de traduire au peuple, en langue vulgaire, ou de lui répéter des homélies faites par autrui ^ Par contre, les biographes ne manquent pas de signaler le rôle propédeutique des sept arts au sacerdoce, en exposant « con amore » les progrès réalisés en grammaire, en dialectique, en rhétorique, par les saints évêques ou abbés dont ils relatent la carrière. A les entendre, c'est cette étude préparatoire qui leur vaut leur élévation à un siège épiscopal ou abbatial, beaucoup plus qu'une culture théologique entendue dans le sens moderne du mot; de celle-ci, l'hagiographie ne fait pas ou guère mention 2. Si l'on peut faire des réserves sur l'exactitude des divers passages de ces Vitae, au moins les renseignements fournis sur les études nous reflètent-ils les idées courantes à l'époque de leur rédaction. Le petit poème qui figure en tête d'un exemplaire des statuts monastiques

graphie qu'il fournit; De Wulp, Le problème des Unwersaux dans son évolution historique du IX^ au XIII^ siècle, dans VArchivfûr Geschichte der Philosophie, t. IX, 1896, p. 4'*7 et suiv. ; Reiners, Der Nominalismus in der FrUhscholastik, dans les Beitràge, t. VIII, y, p. 5 etsuiv. (Munster, 19 10).

I. Concile de Trosly (Mansi, t. XVIII, p. 263 et suiv.) ; Abbon de Saint-Germain, Préface de son Liber [choix de sermons), compose' à la demande de Fulrad de Paris et de Frotaire de Poitiers (PL. CXXXII, 761-762).

a. Voir plus loin, l'appendice E, p. 74.

offert à Henri II vers ioi2-ioi3, et composé par l'abbé de Sève, Gérard, énonce les mêmes idées sur la valeur propédeutique des sept arts cultivés à l'école de Bamberg-, « supérieure à Athènes^ ». Les règlements de Rathier de Vérone sont en harmonie avec ce que disent les hagiographes ^. Dans les productions de l'époque, pas de recueil encore qui expose dans l'ensemble d'un système les données révélées; la vie est toute à l'action, dévouée à la réforme morale que personnifient, à côté de plusieurs grands évoques, les moines de la branche clunisienne ou les fondations d'Hirschau^. Les controverses, dont quelques-unes accusent jusque dans leurs expressions la grossièreté des esprits, sont peu nombreuses; l'hérésie, à ce moment, est « grossière et matérielle », comme dit Ampère^. Une seule œuvre notable est à signaler ici; le traité d'Hériger de Lobbes^, qui continue la discussion jadis soulevée entre Paschase Radbert et Ratramne; tandis que la grande partie du livre de Gézon de Tortone consiste dans la transcription de Paschase Radbert et des saints Pères ^. Au nom d'Auxilius, de Vulgarius et de Liudprand de Crémone, se rattachent quelques bonnes idées dogmatiques sur la

1. Jaffé, BihliotJieca reruni germanicarum^ t. Y, p. 483, vers 33-43.

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