T. 1^, xvr, XVII et xvm, p. 873-986 (Innspruck
les fleurs poétiques à rimitation des anciens. En Italie, ce sont les « i>rammatici » qui vont jusqu'à réveiller l'émulation de rAlIemagne; par leurs multiples pérégrinations, dont tirait gloire le grand historien de la littérature italienne, Tiraboschi, mais sur les causes desquelles les historiens modernes ne sont pas encore fixés, ils prennent le rôle de professeurs cosmopolites^; au xi® et au xii*^ siècle, cet exode des maîtres italiens donnera encore de beaux noms aux écoles de France et de Normandie. L'Allemagne ne voit germer sur le sol de ses monastères ou de ses cathédrales, comme Worms, Spire, Magdebourg, Wurzbourg, Mayence, Corvey, Hirschau, Fulda, Reichenau , Saint-Gall, que des Schulbiïcher, manuels scolaires, parfois même publiés en langue vulgaire, comme à Saint-Gall, où l'on traduit en allemand des opuscules de grammaire et de dialectique. La Lotharingie, par contre, stimulée par l'exemple de Brunon de Cologne, forme des écolâtres et des évoques pour l'empire et voit fleurir longtemps ses centres d'études : Metz, Verdun, Toul, Liège, Lobbes, Gembloux, etc. En France, l'essor est plus durable encore; il se confine, il est vrai, plus ou moins exclusivement, aux écoles du nord de la Loire; car ce que nous dit un neveu de l'abbé de Cluse, en Lombardie, d'après ce que rapporte Adhémar de Chabannes^, n'est pas bien louangeur pour la partie méridionale; mais Paris, Reims, Chartres, le Bec, Tours, Angers, etc., sont des noms qui resteront désormais célèbres dans l'histoire des lettres au x° et au xi^ siècle. La réputation des écoles de Poitiers et de l'Anjou rejaillira jusque sur ses seigneurs; une des gloires pédagogiques de Reims, l'écolâtre de la cathédrale, changera son nom de Gerbert en celui de Silvestre II ; plusieurs « scholastici » deviendront de grands évêques : tel Fulbert de Chartres, comme Lanfrancet plus tard Anselme, originaire semble-t-il de l'Italie,
i. Storia délia litteratiua italiana, Florence, i8o(), t. III, i, p. 285- 286 (Lib. IV, chap. 11, n. i et 2); Fr. Novatj, communication citée plus loin, dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres^ 1910, p. 171-172.