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La codification canonique du IX^ au XP siècle

Avant de passer à ce nouveau stade de l'élaboration théologique, celui que l'on pourrait appeler le moment des monographies et des conflits dialectiques, un autre facteur important de la codification dogmatique doit arrêter notre attention ; car ses progrès, parallèles à ceux de la dialectique, grandissent pendant le x*' et le xi« siècle, jusqu'à donner peut-être le branle à la systématisation théologique. Nous voulons parler de la longue série des recueils canoniques qui jalonnent tout le moyen âge jusqu'au Décret de Gratien. C'est sur ce terrain pratique, plutôt en dehors des écoles et dans l'entourage épiscopal, que devait

Geschichtsqucllcn, édit. G. Meyer von Knonau, dans les Mitteiliingen zur vaterlàndischen Geschichte, N. F. t. V et VI, Saint-Gall, 1877, p. 33o et 33i.

1. PL. CXXXIX, 287^ Histoire liftcraire^ t. VI, p. 585* Bubnov, op. cit., p. i5o-i5i.

a. RicHER, Historiarum libri quatuor.^ lib. III, 56 et suiv. (MGH. SS. t. III, p. 619 et suiv.); Libellas de ratione et uti (PL. CXXXIX, 167 et suiv.), lettre préfaceà Othon III, dans J. Havet, Lettres de G erbert^ Paris, 1889, p. 126; voir PicAVET, Gerbert^ un pape philosophe, Paris, 1897, p. 106 et suiv., et 144 et suiv.

se faire le premier pas vers un exposé synthétique des données acquises : ici s'ouvre par voie d'échange, toute une série de services que se rendent mutuellement la théologie médiévale et le droit canon en formation. C'est par ces collections, souvent fort entremêlées de théologie dogmatique, surtout chez leurs premiers auteurs, ceux du groupe rhénan, et même après eux, chez les écrivains italiens ou français, qu'est entamé le travail de la systématisation. A ce titre, elles nous demandent un coup d'œil rétrospectif qui supplée à ce que les pages précédentes consacrées surtout à la dialectique, ont forcément omis dans cette étude ; nous le pousserons jusque vers les premières années du xii° siècle, pour terminer en une fois tout ce qui concerne le droit canon ^. Pour peu qu'on ait feuilleté la volumineuse littérature canonique qui précède le Décret de Gratien, point de convergence de tous les travaux antérieurs, l'on constate sans peine la préférence marquée qui s'attache, dès le vii« ou le VIII® siècle, aux recueils systématiques. Si les abrégés méthodiques de Fulgence Ferrand ~ et de Gresconius ^ sortent peu de l'Afrique, l'on ne tarde pas à ranger dans un ordre méthodique, ou à doubler d'une table des matières systématique, la grande collection chronologique, YHispana^ qui circule sous le nom d'Isidore de Séville ^ ; ce qui facilite singulièrement l'usage de ce répertoire, auquel présidait l'ordonnance chronologique. Cette disposition, par ordre des matières, garantit à la collection, dite Irlandaise^ une grande partie de la vogue dont elle jouit dès son arrivée sur le continent au viii® siècle^. Les productions pseudo-

1. Cet exposé sera bref, car le chapitre iv de ce volume reprendra avec plus d'ampleur les rapports de la théologie et du droit canon dans l'œuvre de leur codification. Nous ne donnons ici que les indications nécessaires au lecteur pour suivre le développement historique des deux sciences.

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