‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 44 sur 228 · Id., lib. I, I, n. 2 (iBiD.^ 5o C · texte numérisé non relu

Id., lib. I, I, n. 2 (iBiD.^ 5o C

mas, Saint-Maurice et Paris, 1901, p. 124 et suiv.). Dans tous ces textes et études, l'on verra combien, même alors, persiste l'imprécision des termes.

Le sens du mot « tJieologia » chez Denis l'Aréopagite, est multiple ; le mot désigne tantôt la sainte écriture, tantôt la divinité et ce qui s'y rapporte : De caelesti hierarchia, II, 1; IV, 2, 3; VI, 12, etc.; PG. III, 138 B; 180 BG ; 200 CD, etc. (sens de sainte écriture); De mystica tlieologia, I, 1, 3; III, etc. ; PG. III, 997 B; 1000 G; 1032 D; 1033 A, etc. (sens de divin, divinité, ce qui s'y rapporte, etc.). Sur le sens du mot « theologia, GeoXoyta » dans les temps antérieurs, l'on peut consulter Petau [Dogmata théologien, Prolegomena, cap. i; Paris, 1644, t. I, p. 1 et suiv.; édit. Fournials, Paris, 1865, t. I, p. 1 et suiv.). Une nombreuse liste d'exemples est apportée par Grapix dans ses notes à sa ivdiàMciionà'^usohQ [Histoire ecclésiastique, lib. 1,1, Paris, 1905, p. 490-492 ; dans la collection Textes et Documents de Hemmer- Lejay). Le Greek Lexikon de Sopiiocles (New- York, 1900, p. 575 et 796) est fort peu abondant pour le mot GeoXoyfa, plus fourni au mot oîxovo{j.(a, son corrélatif en quelque sorte. Pour le moyen âge, l'ouvrage de Demfle [Die Uniwersitaten des Mittelalters bis IWO, Berlin, 1885) donne beaucoup d'exemples de la synonymie entre theologia et sacra pagina ou divina pagina, jusqu'en plein xii^ siècle et même ensuite, p. 99, n. 192; 100, n. 198; 656, n. 11, etc. Les exemples à prendre dans les œuvres imprimées ou inédites sont sans nombre.

APPENDICE B

Le programme scolaire et le rôle propédeutique des sept Arts.

1. La manière devoir qui fait des sept Arts la préparation à la Bible et aux sciences religieuses, domine déjà dans la période antérieure, chez Bède le Vénérable, un des parrains intellectuels de la renaissance carolingienne. Elle est reprise, à l'époque carolingienne, par Alcuin, l'héritier de la tradition scolaire élaborée sur le sol irlandais, breton et anglo-saxon; le but théologique de l'étude est nettement indiqué dans un de ses poèmes [Carmina, cxni, vers 19 et suiv.; MGH. Poeta aevi Carolini, t. I, p. 344). Sur tout ceci, voir Roger, L'Enseignement des lettres classiques d'Anselme à Alcuin, Paris, 1905, p. 320 et suiv., p. 437-448.

2. L'organisation du programme carolingien s'inspire beaucoup des idées, voire des expressions du De doclrina christiana de saint Augustin (PL. XXXIV, 15-121), sans même toujours passer par Gassiodore [Institutiones divinarum et saecularium litterarum ;

PL. LXX, 1105 et suiv.), comme on peut le voir en comparant certaines particularités du capitulaire cité de Charlemagne avec le De doctrina christiana, 111,29; ou le préambule des leçons d'Alcuin (PL. CI, 89 et suiv.), avec le traité De ordine (PL. XXII, 993 et suiv., surtout le livre II qui y est résumé); ou le troisième livre du De institutione clericorum avec le De doctrina christiana, qu'il transcrit souvent textuellement (voirl'édit. Knôpfler, qui imprime en italique les textes empruntés d'ailleurs, dans les Verôffentlic/ningen de Munich, I, 5, 1900, p. 187 et suiv.). La remarque en avait déjà été faite par Ch. Daniel, dans son livre jadis remarqué : Des études classiques dans la Société chrétienne (Paris, 1853, p. 134-145); voir aussi Eggersdor- FER, Der hl. Augustinus als Paedagoge, dans les Strassburger Studien, Fribourg-en-Br., 1907, t. VIII, 3 et 4, p. 201 et suiv.

3. Le rôle propédeutique du programme est affirmé par Bède, p. ex. dans le début de son De schematibus et tropis (édit. Halm, p. 607 ; voir aussi Roger, op. cit., p. 307 310) ; par Alcuin, De dialectica (PL. CI, 951-976, surtout 952 G, 959 G); De grammaiica (IBID., 854 A); par Théodulfe, Capitulare, 19 et 20 (PL. GV, 196) ; par Raban, De institutione clericorum, III, 2 et 20 (édit. Knôpfler, dans les Verôffentlichungen de Munich déjà cités, I, 5, 1900, p. 19 1 et 227-230) ; par Hilduin, Vita S. Dionysii, cap. xvii (PL. G VI, 37 D). Au xii* siècle, cette valeur propédeutique est rappelée par Daniel de Morley ou mieux de Merlai, dans sa très intéressante préface en tête de sa Philosophia (publiée par V. Rose, dans Hermès, t. VIII, 1874, p. 347-348) et par l'auteur inconnu de la première traduction latine de ÏAlmageste, faite sur le grec vers 1160-65 en Sicile; voir sa dédicace publiée par Gh. H. Haskins et PuTNAM LocKWOOD {The Sicilian translators ofthe twelfth century, dans les Harvard Studies, t. XXI, 1910, p. 99-102).

4. Les deux comparaisons bibliques qui servent de justification à cette place des sept Arts dans l'enseignement ecclésiastique sont prises à l'Exode (m, 22 et xii, 35) et au Deutéronome (xx, 12). A la suite de saint Augustin [De doctrina christiana, II, 40; PL. XXXIV, 63) et de saint Jérôme (Epistola xxi, 13, ad Damasum papam; Epistola lxx, ad magnum oratorem urbis romanae, PL. XXII, 385 et 667), ces comparaisons se retrouvent, entre autres, chez Gassiodore [op. cit., cap. xxviii ; PL. LXX, 1142) ; chez Alcuin (Epistola cccvii; MGH. Epistolae, t. IV, p. 470) ; chez Wala- FRiD Strabon {Glossa ordinaria, loc.cit. ; PL. GXIII, 193,220-221 et 47i) ; chez Prudence de Troyes {De praedestinatione contra J. Scotum; PL. GXV, 1016, G) ; chez Raban {op. cit., III, 18 et 26 ; édit. citée, p. 225, 240-242); chez Rathier de Vérone (Epistola m, à Robert de Trêves, n. 2; PL. GXXXVI, 650, Qiinvectiva de translatione S. Metronis, n. 1.; ibid., 454 B), dans le Chronicon S. Benigni (PL. GLXII, 842); chez Pierre D amien (6'ermo VI, de

S. Eleuchadio; PL. CXLIV, 540-541); chez Rupert de Deutz [De Trinitate et operibus eiiis ; In Deuteron., lib. I, 9; PL. CLXVII, 928-929); chez Dan. de Merlai (recueil cité, t. I, 1866, p. 348). Elle est rappelée par ceux-mémes qui se défendent de puiser dans les trésors de l'Egypte, comme Ambr. Autpert {In Apocalypsim, lib. VIII, préface; dans la Maxima bibliotheca veterum Patrum, Lyon, 1677, t. XIII, p. 586-587). En plein xiii« siècle, le développement de l'allégorie est repris dans la fameuse lettre de Grégoire IX à l'université de Paris en 1228 (Denifle- Ghatelaix, Chartularium, etc., t. I, n. 59, p. 114). Il est surprenant que Luchaire [La société française au temps de Philippe- Auguste, Paris, 1908, p. 200) n'ait pas vu l'allégorie dans les termes employés par Grégoire IX; il prend au sens propre les mots : « ad pedissequas amplectendas », sans voir que tout le contexte de la lettre et tout l'usage des écrivains du moyen âge, quand ils parlent de ce rôle auxiliaire et inférieur des autres sciences, devait le prémunir contre ce contre-sens. Remarquons aussi à cette occasion que le rôle subalterne, donné aux sept Arts sur le terrain pédagogique, s'étend peu à peu au terrain doctrinal ; c'est ce qui peut se remarquer dans l'histoire d'expressions comme celles-ci : llieologia regina scientiarum, ou pJiilosophia ancilla theologiae (voir quelques textes, outre les précédents, dans De- NIFLE, Die Universitàten des Mittelalters, t. I, p. 98-100).

5. En particulier, les éloges donnés à la dialectique « excellente arme contre l'hérésie », se retrouvent chez les auteurs suivants : Augustin {De doctrina christiana, II, 31 et suiv. ; PL. XXXIV, 57 et suiv.) ; Cassiodore {De institutione divinarum litterarum, xxvii, et De artibus et discipUnis libei'alium artium, m ; PL. LXX, 1140- 1141 et 1167-1204); IsmoRE [Etymologiae, I, 2 et II, 22, 23, etc.; PL. LXXXII, 74, 128 C, 140-154); Alcuin [De dialectica; PL. CI, 951, 952 G, 959 C, etc.; et De grammatica; ibid. 854); Raban {De institutione clericorum, III, 2 et 20; édit. citée, p. 191, 227-230); Eugène II, décret de 826 (MGH. Leges, t. II, append., p. 17); NoTKER DE Saint-Gall {Die schriften Notkers und Seiner Sc/iule, édit. PiPER, Fribourg et Tubingue, 1882, t. I, p. 859); Bérenger {De sacra coena; édit. Visciier, Berlin, 1834, p. 100, etc.); Lan- FRANC [De corpore et sanguine Domini, cap, vu ; PL. CL, 407, etc.) ; Hériger de Lobbes [De corpore et sanguine Domini, cap. vu ; PL. CXXXIX, 185 B); Abélard (Epistola xiii; PL. GLXXVIII, 354 B, etc.). Gette liste pourrait s'allonger sans peine.

6. Pour la part que font les glossaires à la dialectique, voir Prantl, op. cit., t. II, 1885, p. 48; sur le Glossarium Saloinonis, le Vocabularium de Papias {Vocabularium de Papias, Venise, 1491, passim ; voir sa dédicace à ses fils, fol. 2), et leurs sources, consulter, en outre, G. Goetz, Der Liber Glossarum, dans les Abhandlungen der p/iil. Iiist. Klasse der Kgl. sàchsischen Aka-

demie der Wissensc/taften, Leipzig, t. XIII, 1893, p. 244, 248, etc., et U. Jeller, Bischof Salomo lll von Konstanz, Abt von Si- Gallen, dans les Beitràgc zur Kuiturgescliichte des M. A. und der Renaissance de W. Goetz (Leipzig et Berlin, 1910, t. X, p. 99 et suiv.); de plus, voir les préfaces critiques des divers glossaires édités dans le Corpus Glossariorum et les indications bibliographiques qui les accompagnent (G. Loewe et G. Goetz, Corpus glossariorum latinorum, Leipzig, 1887-1903, 7 vol.). L'examen comparé de ces glossaires et de celui de Papias, est fort suggestif à qui veut suivre le développement de l'élément dialectique, au cours des siècles. Voir les mots : Genus, defînitio, accidens, syllogismus, assumpiio, maior, etc., etc., dans Papias et dans le Thésaurus glossarum emendatarum [Corpus glossariorum latinorum^ t. VI, 1899), qui renvoie aux divers volumes du Corpus Glossariorum ou à d'autres lexiques ; Isidore de Séville et Boèce sont en cette matière les principales sources. Pour les lexiques de Saint-Gall, voir G. Meier (article c'iié du Jahrbuch fiir Schweizerische Geschichte, t. X, 1885, p. 101 et 102).

APPENDICE G

La traduction de Denis l'Aréopagite par Hilduin et par Jean Scot.

Les œuvres de Denis l'Aréopagite, envoyées de Rome à Paris, par Paul I à Pépin le Bref, vers 758 (Epistola xxiv, dans les MGH. Epistolae, t. III, p. 529; voir aussi J. B. de Rossi, De origine, hi-

storia, indicibus Bibliothecae Sedis Apostolicae commentatio,

cap. x, p. Lxxxiii, entête du catalogue des Codices Palatinilatini, de H. Stevenson, t. I, Rome, 1886), puis par l'empereur de Constantinople, Michel le Bègue, à Louis le Débonnaire, en 827 [Rescriptum Hilduini Abbads ad Ludovicum; PL. GVI, 16; voir Omont, Manuscrit des œuvres de saint Denis l'Aéropagite...^ dans IdiRevue des études grecques, t. XVII, 1904, p. 230 et suiv.), furent traduites en latin, à la demande de Charles le Chauve (Lettre dédicatoire dans les MGH. Epistolae, t. VI, p. 158-161 ; traduction dans PL. CXXII, 283). C'est cette traduction qui traverse tout le moyen âge, malgré les nouveaux essais dus, vers 1250, à Odon, abbé de Saint-Denis (Mabillon, Muséum italicum, Paris, 1724, t. 1, pars I, p. 127), et que commentent Hugues de Saint- Victor, saint Thomas, etc. (voir la notice de Traube, entête des Carmina, dans les MGH. Poetae latini aevi Karolini, t. III, p. 519, 520, 524-525, et Manitius, op. cit., p. 333, 681-682, 687). Un troisième envoi est mentionné, sans preuves à l'appui, par Mabillon

Annales ordinis S. Benedicti, Lucques, 1739, t. II, p. 536; lib. XXXI, 42) ; il aurait été fait par le pape Adrien I à l'abbé de Saint- (Denis, Fulrad, vers la fin du viii« siècle ; nous n'en avons pas trouvé de traces. Dès son apparition, la traduction de 8cot occupe l'attention du Pape Nicolas, qui veut l'examiner et l'approuve (Jaffé, 2833; lettre conservée dans le Decretum d'Yves de Chartres, lib. IV, 104; PL. GLXI, 289), d'Anastase le Bibliothécaire, qui la corrige et la loue (Epistola ii, ad Carolum Calvum; PL. GXXIX, 739-741) et d'Hincmar de Reims, qui la cite {De praedestinatione Dei et libero arbitrio, cap. xxxiii ; PL. GXXV, 313). Cette traduction a-t-elle été précédée de celle d'Hilduin?

A en croire ce qui se répète fréquemment, l'abbé de Saint- Denis, le célèbre auteur des Areopagitica, chargé par Charles le -Chauve de réunir tout ce que l'on savait de la biographie de l'Aréopagite, aurait traduit aussi les œuvres de son héros ; mais cette traduction, trop imparfaite, aurait été jugée inutilisable, et au moment où Jean Scot arriva en France, les manuscrits venus de Constantinople et de Rome à Paris reposaient encore à l'abbaye de Saint-Denis, objet d'une admiration profonde qui confinait à l'ébahissement; l'empereur aurait alors chargé Jean Scot de faire une nouvelle traduction. Ce récit est reproduit par Bardeivhewer (Païro^og-Ze, Fribourg, 1910, p. 466); on le trouve dans divers historiens comme Staudeamaier (/. Scotus Erigena und die Wissenschaft seiner Zeit, Francfort, 1833, p. 162-163) ; Mullinger {The Schools of Charles the Great, Londres, 1877, p. 177); Saint-René Taillandier {Scot Erigène et la Philosophie scolastique, Paris, 1843, p. 73); ce dernier pourtant est moins affirmatif. La même assertion se rencontre dans le Kirchenlexikon, sous la plume de Hipler (t. III, p. 1795). Dans la Realencyckopâdie (t. VIII, p. 73-74), Foss n'en dit mot, pas plus que dans sa dissertation : Abt Hilduin von St Denis, Dionysius Areopagita (Programme, Berlin, 1886). "L'Histoire littéraire (t. IV, p. 610-613) n'en parle pas non plus; l'assertion qu'elle émet plus loin (t. V, p. 425), ne peut être exacte, puisque Hilduin parle nettement des livres de Denis, écrits en langue grecque, « authenticos libros graeca lingiia conscriptos » (PL. CIV, 16 C) ; il ne pouvait donc être question d'une traduction déjà faite à Constantinople et envoyée en France par l'empereur Michel.

La lettre de Louis le Pieux à Hilduin parle sans nul doute de la traduction des œuvres de l'Aréopagite^ : « Monere te volumus ut quidquid de eius notitia ex Graecorum historiis per interpre-

I. Nous devons une bonne partie de ces renseignements à l'obligeance du P. Stilgmayr, do Feldkirch, depuis longtemps un des maîtres dans la question dionysienne.

72 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU* XIl^ SIÈCLE.

tationem sumptum, vel quod ex libris ab eo patrio sermone conscriptis et auctoritatis nostrae iussione, ac tuo sagaci studio interpretumque sudore in nostram linguam explicatis, huic negotio inseri fuerit congruum... in unum corpus redigas (Bouquet, t. VI, p. 348; MGH. Eplstolae Karolini aevi, t. III, p. 327).

La mission confiée par l'empereur à Hilduin fut exécutée soit par lui-même, soit par des interprètes sous sa direction {Hescriptum Hilduini ad Ludovicum, n. 16; PL. G VI, 16 B, et MGH. Epistolae Karolini aevi, t. III, p. 328 et suiv.). Quelques fragments nous restent encore de cette traduction : on les trouve dans les Areopagitica, qui nous fournissent les inscriptions latines des chapitres, racontent la Visio Carpi (Epist. viii, ad Demophilum) avec quelques additions, et reproduisent la lettre à Jean (Epistola x, ad Joannem) presque en entier ; voir les titres des chapitres dans la Vita S. Dionysii, auctorc Hilduino, cap. ix et suiv. (PL. ibid., CVI, 29, etc.); la Visio Carpi de V Epistola VIII, lem., cap. xv (PL. iBm. , 34-36); la lettre à Jean, lem., cap. xvi (PL., lem., 37); la lettre à Apollophane (en latin seulement), iBm., cap. xiv (PL., IBID., 33-34), etc. Un peu plus tard, en 859, un disciple d'Hilduin, Hincmar de Reims, fait diverses fois allusion aux écrits de l'Aréopagite et en cite quelques passages : De divinis nominibus, III, 2, dans le De praedestinatione dissertatio posterior (PL. GXXV, 225 B, 226); De ecclesiastica hierarchia, cap. ii et m (î^io^.,cap.xxv et xxxiii ; PL. ibid., 226 BC et313B);Z)e cœlestihierarchia, cap. xv [ibid., cap. xxxiii ; ibid., 313 B). La traduction est autre que celle de Jean Scot et laisse beaucoup à désirer ; Hincmar citerait donc d'après le travail d'Hilduin et non d'après celui de J. Scot (voir aussi Traube, dans les lohannis Scotti Carmina, préface; MGH. Poetae aevi Carolini, t. III, p. 520, n. 1).

Avant le travail d'Hilduin, l'on possédait aussi quelques passages traduits de l'Aréopagite, comme le montrent les extraits invoqués parmi les témoignages patristiques (Mansi, t. XIV, 421-460) au concile national de Paris sur les images, en 825 ; ce sont les mêmes qu'avait introduits Adrien dans sa défense du second concile de Nicée (Mansi, ibid.). En possédait-on davantage? Il ne semble pas; ces pièces émanent sans doute des mêmes traducteurs que ceux qui sont chargés par Adrien de traduire les actes de Nicée. Mais une conjecture que me suggère le P. Stilgmayr n'a rien d'invraisemblable, à savoir que pendant son séjour à Rome en 823, Hilduin aurait traité de la traduction des œuvres de l'Aréopagite, avec les mêmes Grecs auxquels il dut ses sources biographiques, sinon avec les traducteurs du concile de Nicée.

APPENDICE D

La patristique dans les conflits théologiques de Pépoque

carologienne.

1. Nous avons déjà mentionné au cours de ce chapitre un certain nombre des œuvres qui font surtout appel aux textes des Pères; ajoutons-y les indications suivantes. L'on peut voir dans le précis de la carrière de Gottesclialck, composé par Traube à l'aide des témoignages contemporains, les n. 19, 22, 29, 34, 39, 40,45. etc. qui parlent des arguments patristiques présentés par l'ancien moine de Fulda (MGH. Poetae Karolini aeui, t. III, p. 707-720). Les autres auteurs qui invoquent surtout les témoignages d'autorité, sont principalement : Amulo de Lyon, Epistola ii (PL. GXVI, 86 G); De praedestinatione et gratia Dei ex Augustino (iBm. 106-140) ; Hincmar, De praedestinatione (PL. GXXV, 55-474); Prudence de Troyes, Epistola ad Hincmarum, etc. (PL. CXV, 971-1010); Raban, Epistola xliv, à Hincmar de Reims {^IGiYi.Epistolae, t. V, p. 490) et Epistola xxii, à Notingusde Vérone (iBm., p. 428, et PL. GXII, 1530 D), avec tout le traité auquel cette lettre sert de préface (ibid., 1531-1554); Loup de Ferrières, Collectaneum de tribus quaestionibus, dédié à Charles le Ghauve (PL. GXIX, 647-666) ; Ratramne de Gorbie, De praedestinatione Dei (PL. GXXI, 12); Jean Scot, Liber de praedestinatione, à partir du chap. xi (PL. GXXII, 398 et suiv.).

2. Dans les autres controverses, l'on peut citer surtout les noms suivants, sans que toutefois nous prétendions apporter une liste complète : Alcuin, Adversus Jiaeresim Felicis, chap. iv, etc., Adversus Elipandum, chap. xxv, etc. (PL. GI, 89 et 261) ; De fide sanctae et individuae Trinitatis (extraits de saint Augustin, de saint Fulgence.-û^e Fide adPetrum, etc. ; PL. GI, 11-58); Libellus de processioneS. Spiritus [PL. GI, 65-83); l'authenticité reste douteuse, malgré ce que dit Turmel {op. cit., p. 256, n. 2), mais la date se place au début du ix^ siècle (voir la préface de Dûmmler dans les MGH. Epistolae, t. IV, p. 482; l'épître dédicatoire, p. 490); Adrien II, pape, Epistolae Adriani papae (PL. XGVI, 1203 et suiv., et MGH. Epistolae, t. V, p. 3-57); Benoit d'Aniane, Testimonioruni nubecula (PL. GUI, 1381 et suiv. ; introduit toute une série de témoignages bibliques contre Félix d'Urgel); Agobard de Lyon, De imaginibus sanctorum (PL. GIV, 199-228); Liber adversus Fe lice m [ibid., 30-70; voir par exemple, 35 G), etc.; Ratramne, Contra graecorum opposita (PL. GXXI, 243-304; la preuve patristique est contenue dans les livres III et IV) ; Théodulphe, De Spiritu Sancto (compilation de textes patristiques

beaucoup plus vaste que celle du Libellas attribué à Alcuin ; PL. CV, 239 et suiv.) ; Eniîe di-: Paris, Liber adversus Graecos (PL. CXXI, 683 et suiv.), etc., etc. ; les Libri Carolini (PL. XGVIII, 999-1246; nouvelle édition en préparation pour les MGH. par Bastgen; voir, du même auteur : Das Kapitulare Karls des Grossen ûber die Bilder oder die sogenannten Libri Carolini, dans le Neues Archiv, t. XXXVI, 1911, p. 629-666 et t. XXXVII, 1911-1912, p. 13-51, 453-533); Du^gal, Dungalliresponsa{FL. GV, 465-530 etc.), etc.

APPENDICE E

Les sept Arts dans les biographies ecclésiastiques

du X^ siècle.

Les sept Arts comme préparation au sacerdoce sont à signaler dans les biographies suivantes des grands évêques et abbés du x^ siècle ou du commencement du xi^ : Odon de Cluni (*f- 902), Vita S. Odonis abbatis, lib. I, 13 et 19 (Mabillon, Acta Sanctorum O. S. B. t. V, p. 154 et 157); Brunon de Cologne (+ 965), Ruotgeri cita Brunonis (MGH. SS. t. IV, n. 4, 5 et 8; MGH. SS. t. VI, p. 256 et 257); Ulric d'Augsbourg(t973), Gerhardi Vita S. Udalrici, n. 1 (MGH. SS. t. IV, p. 386) ; Jean de Gorze (f 973), Vita lohannis Gorziensis, n. 13, 18 et 83 (MGH. SS. t. IV, p. 340, 342 et 360); Rathierde Vérone (f 974), Liutprandi Apodosis, lib. III, 42 (MGH. SS. t. III, p. 312); Cadroë de Waulsor (f 975), Vita S. Cadroae Abbatis, n. 10 et 11 (Mabillon, Acta Sanctorum O. S. B. t. V, p. 491 et 492); Dunstan de Cantorbéry (f 988), Vita S. Dunstani archiepiscopi Cantuariensis (Wharton, Anglia Sacra, Londres, 1691, t. II, p. 93-94); Oswald de Worcester et d'York (f 992), Vita S. Oswaldi, n. 4 (édit. Raine, dans les Rerum britannicarum medii aevi scriptores, t. LXX, ii, p. 5 et 6); Wolfgang de Ratisbonne (f 994), Othlonis vita S. Wolfgangi episc.,n. 4 et 5 (MGH. SS. t. IV, p. 528) ; Adalbert de Prague (+997), Vita S. Adalberti episcopi, n. 3, 4 et 5 (MGH. SS. t. IV, p. 582-583) ; Willigis de Mayence (t 1011), Libellas de Willigisi consuetudinibus, n. 1 et 3 (MGH. SS. t. XV, 743 et 744) ; Bernward de Hildesheim (f 1022), Thangmari vita S Be?mcvardi episc, n. 1 et 2 (MGH. SS. t. IV, p. 758-759) ; Héribert de Cologne (f 1021), Lamberti vita Heriberti, n. 3 (MGH. SS. t. IV, p. 741-742); Ebles de Roucy, de Reims (f 1033), Gesta episcoporum Cameracensium, lib. III, 25 (MGH. SS. t. VII, p. 473); Meinwerkde Paderborn (1036;, Vita S. Meinwerci, n. 3 et 160 (MGH. SS. t. XI, p. 108 et 40).

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