‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 47 sur 228 · Voir plus haut, chap. i, i et 2, p. 21-27, 35 et · texte numérisé non relu

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ment disposés ^ La satisfaction qu'ils provoquent chez leurs lecteurs pendant tout le moyen âge est affirmée par les trois exemplaires du De summo bonOy ou Sententiae^ d'Isidore que, dès 822, possédait la bibliothèque de Reichenau^ et par la gratitude de l'abbé de Saint-Riquier à la réception d'un exemplaire des Sentences de Tayon 3. Le Pro-^ gnosticon de Julien de Tolède figurait dans diverses bibliothèques en France, en Italie, en Allemagne, dès le x^ siècle ^. Dès lors les copies de ces œuvres se multiplient sans cesse, comme en témoignent de nos jours les grands dépôts de manuscrits.

Ce sont les premiers modèles des Lihri Sententiarum du xii^ siècle, et l'on verra plus loin que le Magister ^y\1 à deux d'entre eux au moins un certain nombre de ses matériaux. Cela ne veut pas dire toutefois que l'on pourrait trouver directement dans ces œuvres l'origine de la compilation lombardienne. Sans doute, plusieurs des historiens de la théologie se contentent de les citer comme les modèles des compilateurs du xii^ siècle^; la description qu'ils donnent

1. Isidore, De summo bono ^ ou Sententiae, eu trois livres (PL. LXXXIIl, 537-738), auxquels s'ajoute plus tard un quatrième livre, pris surtout à saint Gre'goire et à Tayon (PL. ibld., ii53-i'20o); voir Wig- GERS, Schicksale dcr Augustinischen Anthropologie, dans la Zeitschrift fur die historische Théologie, t. XXV, i855, p. u68-324; Tayon, Sententiarum libri quinque^ empruntés presque exclusivement à saint Grégoire et quelque peu à saint Augustin (PL. LXXX, 727-992) • Julien, Prognosticon futuri saeculi libri très (traité des fins dernières 5 PL. XCVI, 453-

2. Becker, Catalogi bibliothecarum antiqui, Bonn, i885, vi, 327, 328 et 329, p. 10.

3. Voir plus haut, eh. i, i, p. 25, ce qui regarde la diffusion des Sententiae de Tayon. "

4. Le Prognosticon, dont les manuscrits actuellement encore existants, sont fort nombreux, se rencontre en 83 1 à Saint-Riquier, à Saint-Gall et à Fleury, au ix^ siècle, à Bobbio, au x<^ siècle, en triple exemplaire, à S^^-Marie de Crémone, en 984, à Lorsch, au x<^ siècle, à Chartres, au xi^ siècle, à Saint-Bertin, au Bec, et deux fois à Corbie au xiie siècle, etc. (Becker, op, cit., xi, 141, p. 27- xv, 242, p. 34 et 49', xxxii, 568, 543 et 606, p. 71 et 72; xxxvi, 76, p. 81; xxxvii, 368, p. io8^cxxxvi, 144 et 167, p. 28oet 281, etc; Cuissard, o/j. cit., p. iv).

5. M, Gerbert, De recto et per verso usu theologiae scholasticae, Saint- Blaise, 1758, p. 3- Macaire de Saint-Elie, Introductio ad historiani litterariam theologiae, Gratz, 1785, p. 48 et 49; Wiest, Introductio in historiam litterariam theologiae revelatae, Ingolstadt, 1794, p. 249-251.

de ces ouvrages, à La suite de Mabillon ^, ne laisse même pas toujours soupçonner que depuis l'époque du grand mauriste, les textes imprimés ont pris la place de l'inédit 2. En tout cas, le plan de ces recueils, trop souvent encore incomplet, ou trop chargé de morale et d'ascétisme, ne put inspirer beaucoup le travail de Pierre Lombard^, et le contenu comme la méthode, on le verra tantôt, différent notablement.

Il y a tout lieu de croire, par contre, qu'ils furent plus influents sur les nombreuses collections de Sententiae, toutes inédites ou peu s'en faut, dont on constate l'éclosion au XI® ou au XII® siècle. G. Robert, à la suite d'Hauréau et de Denifle, en a signalé un certain nombre dans son étude sur les écoles et l'enseignement de la théologie au xii® siècle, et les travaux de Grabmann ont fourni une nouvelle liste plus précieuse encore^. Nous ne nous attarderons pas à reprendre cette nomenclature, que sans doute de nouvelles recherches dans les bibliothèques augmenteraient aisément. Mais quelques œuvres méritent d'être citées ici, qui voient le jour au début du XII® siècle et ont leur rôle dans le mouvement d'idées d'où procède Pierre Lombard.

C'est d'abord \ Elucidarium swe Dialogus de summa totius christianae theologiae ^, qu'avec Endres et Heinze, contre

Lobstein fait la part trop grande à Isidore comme influence [Encyclopédie des sciences religieuses, t. VIII, p. 347-348).

1. Traite' des études monastiques, Bruxelles, 169.2, partie II, chap. vi, p. 284 et suiv.

2. FÉRET, La faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres, Moyen Age, Paris^ 1894, t. I, p. 5,

3. L'ouvrage de Tayon traite de sujets dogmatiques dans le premier livre, au début du second et dans le cinquième; le reste est, avant tout, théologie morale, ascétique ou pastorale. Isidore fait une part non moins large à ces matières d'ordre pratique; à partir du ch. vi du livre Il [de praedestinatione ; PL. LXXXIII, 606), il n'y a guère de question dogmatique dans toute son œuvre; l'on peut voir aussi Grabmann, op. cit., t. I, p. 245-247.

4. Robert, op. cit., p. i25-i3i', Hauréau, Notices et Extraits de quelques manuscrits de la Bibliothèque Nationale .^ Paris, 1891 et suiv,, t. II, p. 48, 180, i85, 194, 208; t. III, p. 229; t. IV, p. 148, 262, etc.; t. VI, p. 23, 65, etc. ; Denifle, article cité de VArchivf. Litt. Gesch,, t. I, p. 587-589; Grabmann, op. cit., t. II, p. i3i et suiv., i4i-i5o.

5. PL. CLXXIl, 1109 et suiv.; Endres, Honorius Augustodunensis, Kempten, 1906, p. 22-255 Honorius Augustodunensis und sein Elucida-

Kelle et Hauck, il y a lieu, croyons-nous, de ne pas enlèvera cet énigwatique Honoré d' Autun au profit d'un de ses élèves : œuvre de jeunesse, puisque la dédicace rappelle le souvenir encore tout frais, semble-t-il, des années d'étude, et qui par suite doit se placer au début du xii® siècle; œuvre de vulgarisation, comme toutes les autres tombées de la plume de cet encyclopédiste, qui popularise l'enseignement des écoles; œuvre de fusion, ou mieux de compilation fort mélangée, qui recourt de-ci de-là au syllogisme avec emphase, malgré le genre populaire de l'exposé, et introduit dans le mouvement des esprits ^ quelques idées anselmiennes, dues sans doute à d'anciennes relations avec Cantorbéry. Le plan manifeste encore bien des tâtonnements et des lacunes. Si le premier livre traite avec quelque ordre de Dieu et de la création, puis de la rédemption et de la christologie, le second est un mélange confus de toutes sortes de questions; le troisième se cantonne dans l'eschatologie 2. Le succès de cet ouvrage dialogué fut immense; il entre en grande partie dans le Lucidarius populaire et ses nombreux remaniements en toutes langues'^, qui en répandent la

num, dans les Historisch-politlschc Blâtter, t. CXXX, 1902, p. 1^7- 169- voir aussi Historisches Jahrbucli, t. XXIV, 1903, p. 827-828, et Philosophischcs Jalirbuchyi. XVI, 1903, p. 455; Kelle, Ueber Honorius Augustodunensis und das Elucidariuni, dans les Sitziuigsbericlite de Vienne, t. CXLIII. 1901, xiii, p. i-i4; ibid., t. CXLV, 1903^ vu, p. 1-44; 6t Uiitersuchungen iiber den nicht nachweisbaren Honorius... und die ihm zugcschriebene ÏVcrke [ibid., t. CLII, 1906, 11, p. 1-27); Hauck, op. cit., t. IV, 1903, p. 432; Ueberweg Heinze, op. cit., l. II,

1. Elucidarium, préface (PL. CLXXII, 1109); voir aussi Endres, Honorlus Augustodunensis, Kempten, 1906, p. 22 et n. i.; p. 16-20; p. 96; Hauck, op. cit., t. IV, p. 43o.

2. Livre H (PL. CLXXII, ii33) : le mal, le pe'che', prospérité des méchants, etc. ; dignités ecclésiastiques et simonie, providence et prédestination, ignorance de Dieu, péché originel, concupiscence, transmission du péché par les parents, mariages et empêchements, ministres sacrés et moines, laïcs, petit nombre des élus, rédemption pour tous, etc.; ce contenu n'est pas d'accord avec les indications du De luminaribus ccclesiac, sive de scriptorïbus ecclesiasticis, lib. IV, 17 (PL. CLXXII, 232-233).

3. ScHORBACH, Studicn ûber das deutsc.lic Volksbuch fAicidarius und seine Bearbeitungen in fremdcu Sprachen, dans les Quellen und Forscliungen zur Sprach- und KultuigeschiclUe dcr Gennanischcn P^olker,

substance dans tout le moyen âge et dont l'un, en vieil anglais, nous est conservé dans un manuscrit de l'année 1 19.5 environ. Cela permettra à l'œuvre d'Honoré d'alimenter longtemps la vie religieuse des foules et de servir d'inspiration à l'ornementation sculpturale extérieure et intérieure de nos cathédrales^. Malgré sa très probable priorité chronologique, il serait difficile, croyons-nous, de lui assignei une influence immédiate sur les produits théologiques des écoles. La forme dialoguée par voie de questions et de réponses, pâle reflet des dialogues anselmiens, est encore utilisée par d'autres écrivains, dans des travaux à peu près i onlemporains et qui tiennent de plus près aux écoles : tel, Hugues de Rouen, d'abord abbé de Reading, qui traite dans divers ouvrages^, vers ii3o-ii35, de la plupart des parties d^^ la dogmatique, même de celles qui manquent dans les Sentences, comme le traité De ecclesia. L'exposé ample, coulant et sans guère de dialectique ni de citations patristiqies, rappelle un peu, sans en avoir ni la solidité ni la puissance, le procédé du De sacramentis de Hugues de Saint- Victor, La méthode et le but poursuivi différencient totalement ces œuvres des nombreux recueils d'origine scolaire qui jouent un si grand rôle au xii^ siècle et qui nous font rentrer im-

Strasbourg, 1894, t. LXXIV- Endres, op. cit.^ p. 2^, n. 3 et p. 26, n. I.

1, Voir Sauer, op. cit., p. 12-22 et passiin.

2. Dialogorum sea (juaestioniun tlieologicarum libri septem, presque achevé totalement avant son élévation au siège de Rouen en ii3o (voir PL. CXCII, ii4'^> et Histoire littéraire, t. XII, p. 6) : livre I, Dieu et ses attributs; II, créatures, prédestination, etc.; III, libre arbitre; IV, chute des anges et d'Adam ; V, remèdes du péché, sacrements du baptême et de l'eucharistie; VI, profession monastique, prérogatives, béatitude éternelle; VII (ajouté après ii3o), exposé de la Trinité (PL. CXCII, 1141-1248). Contra haercticos sui temporis, sive de ecclesia et eius ministros (composé plus tard, vers ii4o; PL. ibid., i255) ; livre I, Trinité et Incarnation, sainteté et autorité de l'Eglise, nécessité du baptême, même pour les enfants, excellence de l'eucharistie et obligation de la recevoir; II, sept ordres ecclésiastiques, fonctions, etc.; III, objections des Bretons : résurrection des corps, mariage, vœu de continence du clergé et des moines, motifs de l'institution de l'Eglise (PL. IBID., 1255-1298). Sur la biographie de Hugues d'Amien ou de Rouen, voir l'étude de P. Hébert, dans la Revue des questions historiques, t. LXIV, 1898, p. .325-371.

médiatement dans la lignée d'où descend Pierre Lombard. Ces productions qui appartiennent plus strictement à la littérature ihéologique des écolessont habituellement caractérisées par le nom fréquemment déjà rencontré de Sentent tiae. Héritier des anciennes Flores, et fruit de l'antique « defloratio », comme nous le dit un moine de la Haute-Autriche : Flores {e sanctis patfibus) quos solemus, quasi singulari lomine Sententias adpellare^ , rien n'autorise h attacher à ce titre une signification juridique, comme quelques-uns )'ont voulu récemment -. Mais tandis que ce titre servait à désigner jadis une suite d'extraits pris au courant de la plume, comme l'on en trouve partout dans les dépôts de manuscrits, et dans le genre de ceux que nous avons énumérés plus haut, l'on remarque, au début duxii® siècle, que le mot s'applique plus fréquemment, sans exclusivisme toutefois, à un arrangement d'extraits disposés dans un ordre systématique, selon la façon d'Isidore et de Tayon. C'est là d'ailleurs tout le mérite du travail, car à ce genre de productions s'applique ce que nous dit EUies Dupin des chaînes exégéliques, si fort en honneur au haut moyen âge, en Orient, comme en Occident : « Ce travail... ne demandait presque que des yeux pour lire el des doigts pour copier 3. » Désormais ce genre encore peu personnel de l'activité littéraire se déploie avec une intensité grandissante.

I. Megingotus, dans B. Pez, Thésaurus anecdotorum novissinius^ Augsbourf?, 1723, t. IV, p. iii-iv.

a. Gieseler traduisait par « dogmes » {Berne rkungen ûber Ahàlard's Sententiae^ dans les Theologische Studien und Kritiken, t. X, 1837^ p. 368); Haiick y voit un sens juridique {op. cit., t. IV, igoS, p. 410, n. 2 et 4); voir aussi Denifle, article cité de XArckivf. Litt. Gesch,^ t. I, i885, p. 587-589. Le Glossaiium de Du Gange qui donne beaucoup d'exemples de Temploi judiciaire du mot, ne fait qu'une petite place à son usage théologique ; il en va de même avec le mot « sententialiter », si fréquemment rencontré dans les écrits des théologiens médiévaux (t. VI, p. 189, édit. Didot, 1846). Harnack {op cit., t. III, p. 373, n. i), qui rejette avec raison le sens de dogmes ou de formules juridiques, traduit par « werthwoUe vota bedeutender Mânner (tabulae originalium) » ; est-ce bien exact? Voir l'article déjà cité, Le traite de Pierre Lombard sur les sept ordres ecclésiastiques, dans la Revue d'Histoire ecclésiastique, t. X, 1909, p. 290, n. 2.

3. Méthode pour étudier la théologie, édit. Dinouart, Paris, 1768, p. i35.

84 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU Xir SJiCLE.

Sans entrer dans les questions d'antériorité chronologique — car beaucoup reste à faire dans ce domaine — Ton ne peut omettre de citer une production importante soitie probablement de l'école de Liège, d'après les investigatÎQns de HùfFer, qui l'attribue à Alger ^. Ces Sententiae Magistri A. nousdonnent, sansguère de commentaire, sur les priiicipaux points de la doctrine révélée, une série d'attestations patrisr tiques^, qui entrèrent en partie dans le Dect^etum deGralien et enrichirent directement ou indirectement le dossier patristique du Magister Sententiarum ^. C'est là le principal intérêt de l'œuvre. Caries matières traitées sont trop peu nombreuses pour représenter toute la dogmatique; la transcription est fort servile, comme dans le traité des ordrçs ecclésiastiques^, et le plan laisse beaucoup à désirer, même dans les manuscrits les plus complets ^. Les réflexions personnelles n'y viennent pas non plus encadrer les textes, comme dans l'œuvre canonique du même auteur, ou dans son De sacramenlo altaris.

Plus éclectiques sont les Sententiae d'Anselme de Laon et celles contenues dans le manuscrit Y, 43 sup. de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, que Grabmann attribue au fameux juriste Irnérius de Bologne. Sans entrer ici dans la discussion de cette attribution qui nous paraît pour le moins

1. Beitràge zur Geschichte der Quellen des Kirchenreclits , Munster, 1862, p. 28 et suiv. • Maassen adopte le même avis {Zur Geschichte der Quellen des Kirchenrechts und rômischen Rechts im Mittelalter, dans la Kritische Ficrteljahrschrift fur Gesetzgebung und Rechtsivissenschqft, t. V, i863, p. 186-188). M. Saltet fait des réserves qui méritent considération [Les Réordinations ^Var'is^ 1907, P- ^71)-

2. Nous avons examiné les ms, 388i, de Paris, Bibl. Nation., fol. 191-230, et i3i7 de la Bibliothèque de Troyes. La notice récente sur Alger, par dom Berlière, est à lire, dans le Dict. hist, et gc'ogr.^ t. I, p. 423-424.

3. HÙFFER, op, cit., p. 61 et suiv. ; Richter, Beitràge zur Kenntniss der Quellen des Canonischen Rechts, Leipzig, i834, p. 12-17 ; Friedberg, Corpus luris Canonici, Leipzig, 1879, t. I, p. lxxii.

4. Voir notre étude, Le traité de Pierre Lombard sur les sept ordres ecclésiastiques, âoLUS la Revue d'Histoire ecclésiastique, t. X, 1909, p. 3oi et 3o2.

5. Voir dans P. Fournier les renseignements sur le contenu de ces divers manuscrits, L.es collections canoniques attribuées à Yves de Chartres,d^ns la Bibl. des Chartes^ t. LVIII, 1897, P* 65i-653.

LE . « SKiNTEiNTIAE )> DE PIERRE LOMBARD. 85

conteslabl.'j^, l'examen des chapitres cités par Grabmann dit assez la rature mêlée du contenu et, malgré quelques essais de grou )emenls, le manque d'un principe d'ordre pour l'enseir ble^.

PIuj étendues, mais guère plus dogmatiques, sont les Sentcntiae attribuées à Anselme de Laon et dont Saltet, puis Grab nann , ont donné la table des matières ^. La grande partie est d'ordre moral ou ascétique, d'autres passages s'occupent de l'interprétation des expressions bibliques. Une partie du premier livre et le dernier, sur les sept dont se r. npose tout l'ouvrage, ont un contenu nettement dogmatique : Dieu et Trinité, angélologie, foi, eschatologie; puis, de-ci de-lh, se rencontrent quelques déclarations sur les sacrements, sans ordre ni suite*. Ce qui y est dit sur l'eucharistie, par exemple, est fort inférieur du point de vue ihéologique, aux énoncés si nets d'Yves de Chartres dans sa Panormia^ : en somme, œuvre plus développée qu'importante, qui confirme l'appréciation d'un contemporain, reconnaissant à l'auteur de la Glossa interlineaj^is une grande abondance et une réelle complaisance dans l'étalage des citations^. La diffusion de cette œuvre, retrouvée à Paris, à Vienne, à Munich et en Calabre, où on la transcrit en II 88^, dépasse de beaucoup l'influence qu'elle exerça di-

1. Grabmann, op. cit.^ p. i3i-i34; Heyer, Compte rendu de l'ouvrage de KuHLMANN, Der Gesetzeshegriff beim hl. Thomas von Aquin^ Bonn, 1912, dans la Zeitschiift Savi'gny, t. XXXIII, Kan. Abt. t. II, 191a, p. 396-399.

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