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LES « SEiMENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 97
jusqu'à la cour romaine elle-même ^ et vingt ou trente ans plus lard, Thomas Becket se fera lire pendant ses repas le récit de la grande lutte finale 2. Même ses aventures romanesques ou sa repoussante vanité ne jettent qu'une ombre momentanée sur son succès; et si les pièces satiriques, si nombreuses en ces périodes, s'emparent de cet épisode peu honorable ^, elles ne laissent pas de montrer, à chaque page, la place immense occupée dans les imaginations par le fameux « Magister Petrus ». La liste est longue de ceux qui ont écouté ses leçons : il n'y manque, peut-on dire, qu'un petit nombre des noms illustres de l'époque : papes, cardinaux, archevêques et évêques forment un groupe imposant parmi ses anciens élèves et les disciples de sa pensée, voire même parmi ses amis et ses admirateurs^. C'est tellement
I. Les affirmations répétées de saint Bernard sont significatives à ce sujet (Epistola clxxxviii, clxxxix, cxci, cxcii, cxciii, ccgxxx, cgcxxxi, cccxxxii, GcGxxxviii ; PL. CLXXXK, 353 B, D, 355 C, 357 ^•> ^^9 ^i ^^^ AB, 537 AD, 543 D); Geoffroi de Saint-Thierry, parmi les lettres de saint Bernard, cccxxvi (PL, CLXXXU, 53 1 B) ; Othonde Freising, Gesta Ffiderici/mperatoris, iib. I, 48 (MGH. SS. t. XX, 377) ; Gerhoch deRei- CHERSBERG, Epistola XXI, passuji (PL. CXCIII, 577-578 A; 585 A); Liber de novitatibus fmiustempons, cap. xxv (MGH. Libelli de Lite, t. III, p. 3o3). Sur les lettres de Gerhoch relatives à Abélard et à son école, voir Bach, Die Dogmengeschichte des Mittelalters^ Vienne, 1870, t. II, p. 192-194, 390 et suiv., qui cite divers extraits de lettres inédites, p. 3yi,n. 2, 397 ; etc. ; voir aussi Deutsgh [op. cit.^ p. 472-473), qui ne regarde pas comme établi que le destinataire de deux de ces lettres soit Abélard.
1. Walter Mapes, De nugis curialiiau, I, 24^ ^dit. Th. Wright (Camden Society, t. L, Londres, i85o, p. 40 et 42).
3. Walter Mapes, édit. Th. Wright, The latin poems commonly attributed to fValter Mapes (Camden Society, t. XVI, Londres, 1841, p. 28-29); Primas (Hugues d'Orléans), dans W. Meyer, Die Ox/order Geschichtc des Primas., n. xviii, vers io5 et suiv., dans les Nachrichien de Gôtlingen, 1907, p. io3, 108, etc. ; Roman de la Rose, édit. Méon, t. Il, p. tiiS; Barsaz-Breiz, Chants populaires de la Bretagne, édit. Th. DE LA V1LIEMARQUK, Paris, i839, l. I, p. 93. L'authenticité de la correspondance avec Héloïse, diverses fois contestée, a été maintenue par Hauréau [Notices et extraits des manuscrits de la Bibiothèque Nationale, Paris, 1895, t. XXXÏV, 2^ p.^rtjg p i56); unenouvelle tentative par Petbella, dans les Rendiconti dcl R. Istituto Lombarde di science e letterc, série II, t. XLIV, Milan, 191 1, p. 554 et 606, ne semble pas appelée à plus de succès [Neues Archiv,\.. XXXVIII, 1913, p. 386; voir la note de B. Schuri).