‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 6 sur 228 · Voir la liste de ces manuscrits au chap. iv, appendice B · texte numérisé non relu

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cipes qui présideront à son développement, en succède une autre, plus modeste assurément : c'est celle de la décadence postcarolingienne, période de désarroi, de barbarie et de ténèbres, pendant laquelle les écoles qui parviennent à subsister se font parfois remarquer par leurs joutes subtiles : la dialectique, plus en honneur que jamais, glisse un trait de lumière sur l'opacité des esprits.

3. En même temps, les besoins pratiques de la vie chrétienne et du gouvernement épiscopal font éclore toute une série de collections canoniques : longues et indigestes compilations, entremêlées d'apocryphes ou de falsifications voulues; petits manuels abrégés, composés à dessein pour le service de l'évêque; traités plus étudiés où les textes se chargent de commentaires, tout cela forme une végétation touffue, aux ramifications entrelacées, dont la floraison dernière sera recueillie avec soin par le travail collectionneur du Lombard.

4.. Vers le milieu du xi^ siècle, les progrès du mouvement intellectuel, les controverses bérengariennes , les luttes des Investitures, où l'on manie la plume encore plus que l'épée, selon le mot de Dûmmler, constituent un nouveau stade dans la marche du travail théologique. Les questions sacramentaires et les essais de la systématisation canonique y occupent le premier rang, notamment avec Pierre Damien, Bernold de Constance, Anselme de Lucques et Yves de Chartres; ainsi sont légués des éléments de toute nature, plans, idées, matériaux, principes, théories, au groupe des compilations organisées, qui ouvre la voie à l'œuvre du Maître des Sentences.

Moins d'une génération après, le travail toujours plus intense de l'esprit qui scrute le contenu de la révélation, les excès des « dialectici moderni » , les tentatives de la spéculation dogmatique, plus d'une fois hétérodoxes, caractérisent le mouvement d'idées qui signale à l'attention de l'historien l'époque d'Anselme de Cantorbéry (1109), d'Abélard (i i4îi)j de Hugues de Saint- Victor (i i4i), de saint Bernard (i i53) et de Gilbert de la Porrée (i i54). C'est le moment où les travaux de la systématisation théologique suivent ou

accompagnent la codification canonique. Alors arrive de Bologne à Paris le modeste théologien de Novare, recommandé par l'évêque de Lucques à saint Bernard et par celuici aux Victorins de Paris. Quelque dix ans plus tard il a composé son Liber' Sententiarum, résumé, sinon transcription, de tous les ouvrages immédiatement précédents; car, lorsqu'il ne s'approprie pas des pages entières de ses devanciers, il subit constamment l'influence de leurs principes, de leur programme ou de leurs solutions.

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