‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 66 sur 228 · Eruditio didascalica, lib.VI, 7 (PL. CLXXVI · texte numérisé non relu

Eruditio didascalica, lib.VI, 7 (PL. CLXXVI

2. L'on trouvera une analyse de la nie'lliode de Hugues dans l'article cité plus loin du P. Claeys-Boûûaekt {Revue d'Histoire ecclésiastique^ t. X, 1909, p. 280-283), et dans Grabmann {op. cit., t. II, p. 249- 290) • voir aussi les substantielles remarques de Portalié (article cité plus loin) et de Mignon {op. cit., chap. iv et suiv., t. I, p. 177 et suiv.).

LES « SEiNTENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 117

qu'elle dépasse d'ailleurs de tout point en originalité et en envergure; des extraits servilement copiés se rencontreront sans nombre, dans les sermons de Godefroid d'Admont en Styrie, aussi bien que dans les traités théologiques d'Innocent IIP. Les manuscrits de Pierre Lombard porteront en marge de nombreuses références à Hugues de Saint-Victor, même chez les annotateurs les moins soucieux de la critique des sources '^ ; on fera des abrégés de son livre en vers latins^, et moins d'un siècle plus tard celui qui était en relation avec saint Bernard et d'autres correspondants illustres sur les plus graves problèmes dogmatiques, sera classé par saint Thomas au nombre des doctores authentici dont les paroles font autorité : « quorum çerha robur auctoritatis habent^ ». Pour qui connaît la portée de ces mots dans la terminologie médiévale, l'éloge n'est certes pas banal.

Mais avant de passer en grande partie, comme expressions ou comme idées, dans le Liber Sententiarum, le De Sacramentis devait encore alimenter un autre traité systématisé de théologie, dont l'auteur, croyons-nous, a grande chance de rester quelque temps encore, si pas toujours, inconnu. La Summa sententiarum^ ^ car c'est d'elle que nous parlons, est une œuvre courte mais substantielle, qui marque un moment décisif dans l'histoire du développement de la dogmatique. Précise et alerte dans son allure, elle a l'avantage sur les monographies d'Anselme et le De Sacramentis de Hugues, de fournir un ensemble systématisé, où le développement littéraire est remplacé par un

1 . Homiliae dominicales et/estivales (PL. CLXXIV, passim) ; De sacro altaris my.stcrio, lib. IV, 12 et siiiv. (PL. CCXVII, 863 CD, 864, 807 AC; 878 D, etc., à comparer avec PL. CLXXVI, 462 D, 463 BC, 470 C, 471 AB, 465-466 AB, etc.); voir le chapitre v, appendice E, p. 355.

2. Voir l'étude déjà cite'e sur les Notes marginales du « Liber Sententiarum » [Revue cC Histoire ecclésiastique^ t. XIV, 1918, p. 5 18 et suiv.).

3. Par exemple, le manuscrit 109 de Pembroke Collège, à Cambridge (début du xiii*' siècle); un second exemplaire, plus beau que l'autre, se trouvait à Pembroke Collège, au xvne siècle [Caialogi librorum manuscriptorum Angliae, Oxford, 1697, ^' II> ^^ 2106, p. 160).

Page 1