‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 67 sur 228 · PL. CLXXVI · texte numérisé non relu

PL. CLXXVI

exposé nerveux et succinct. Aux « rationes » peu nombreuses et précises, elle juxtapose les arg^umenls de l'Ecriture et des Pères, les « sententiae » comme on disait alors, et telles que depuis longtemps l'on aimait de les accumuler, A ce point de vue, la Summa diffère nettement du De Sacra-mentis ;\e caractère bref et rapide de son exposé tranche même sur le genre plus développé qui se rencontre dans la plupart des œuvres d'Abélard; elle rappelle la façon de YEthica ou du Scito teipsum ^ . Cette différence dans les procédés est d'autant plus frappante que l'œuvre tient de très près à la double source des productions abélardiennes et victorines, si bien qu'on peut les considérer comme le confluent des deux courants. Bien des matériaux sont abélardiens. Dans mainte conception, dans mainte doctrine et même dans quelques erreurs, l'on peut retrouver sans peine la marque abélardienne ~. Le plan aussi nous rapproche sensiblement de l'école d'Abélard; de part et d'autre, nous y constatons les même lacunes ; les fins dernières font défaut, ainsi que le traité de Tordre et du mariage; ceux-ci ont été ajoutés après coup à l'œuvre et se retrouvent souvent dans les manuscrits, grâce aux additions empruntées habituellement soit à Gautier de Mortagne^, soit à Yves de Chartres*. Il est même frappant de noter que telle autre production apparentée à l'école d'Abélard, comme les Sen-

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