PL. CXCII
4. Par exemple, lib. t, Dist. 11, 3 : iv, 2 et 3; ix, 9: lxiii, i, etc. ; II, Dist. xxxLV, 6; 111/ Dist. xxii, i (PL. CXCII, 626, 534, 547, 637. etc., 734, 8o3).
ou trente ans plus tard, le mystique exagéré de la grande abbaye parisienne, quand il donnera cours à ses diatribes, toujours violentes et souvent injustes, contre d'illustres représentants de la théologie de son siècle^. L'on voit, par l'exemple de cette modération, toute relative d'ailleurs, de Pierre Lombard, combien le mouvement de saint Bernard et de ses partisans, avait eu d'efficacité pour endiguer les tendances exagérées des théologiens dialectiques.
Mais à côté et, sans doute, en dépitde l'abbé de Clairvaux, que divers événements de sa vie montrent favorable aux saines études, cette réaction débordait de ses limites raisonnables; les tentatives outrancières de certains esprits s'opposaient à tout travail spéculatif ou à tout essai personnel. Il leur suffisait, à ceux-là, de répéter littéralement les textes antérieurs, sans souci des témoignages patristiques nouvellement découverts^; ils fermaient les yeux à l'examen de tout problème. Même Guibert de Nogent, si personnel en d'autres matières, celui qu'on a nommé « le plus intellectuel » de son siècle, se fait l'écho de ces récriminations 3; il ne partageait pas les goûts de son maître si vénéré, saint Anselme, pour la spéculation. Heureusement, un groupe assez puissant reconnaissait la légitimité du travail du raisonnement et, sans sortir des bornes permises, cette tendance se traduisait par une forte activité théologique. Une espèce de mot d'ordre semble même exprimer à ce moment les visées de ces pionniers de la pensée dogmatique : à leurs yeux, le croyant doit pouvoir rendre compte de sa foi à lui-même et à ceux qui le combattent ; à l'attaque, il faut opposer la lutte avec les mêmes armes. C'est un texte de saint Pierre qui lui sert de devise : de fide quœ est in nobis 7'atio reddenda omnibus. Cette formule se retrouve, avec emphase en quelque sorte, sous la