‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 74 sur 228 · I. Op. cit., passim[VL. CXCIX, 1127 et suiv · texte numérisé non relu

I. Op. cit., passim[VL. CXCIX, 1127 et suiv

1. Guillaume de Saint-Thierry, Disputatln altéra adversus Abaclan/um, lib. 1 (PL. CLXX, 288 AB) ; Robert de Melun, ou Tauteur de la préface De modo coUigendi summas (Ms. de Bruges, 191), s'oppose aussi à l'introduction des témoignages grecs.

3. Guibert, Tropologiae in prophetas Oscc et Anios, lib. II (Os. vu, 14 ; PL. CLVI, 337 D, 378 A).

LES « SEjNTENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 137

plume d'écrivains contemporains nullement suspects, depuis saint Anselme et ses correspondants, jusqu'au grand adversaire des théories christologiques de Paris, le batailleur prévôt bavarois, Gerhoch de Reichersberg, en passant par l'auteur de la Surnma sentenliarum, Robert de Melun, et Alain de Lille, auxquels l'on peut ajouter Abélard d'une part, et de l'autre Hugues de Saint- Victor i.

Dans pareille situation des esprits, Pierre Lombard, qui avait eu sous les yeux les livres d'Abélard et peut-être entendu ses leçons, trouva une excellente leçon de modération. A bien des pages de son œuvre, l'on recueille l'impression qu'il ne veut pas sonder davantage le mystère et qu'il s'arrête devant les limites de l'inscrutable. De là même, des indécisions, qui déconcertent le lecteur désireux de connaître son idée dans les controverses des temps 2. Car, de toutes les questions qui se débattaient à ce moment, son livre ne laisse aucune sans mention, dirait-on. C'est même un des avantages de son recueil d'avoir classé avec ordre ces multiples opinions et de nous renseigner ainsi sur les divers courants qui se partageaient la pensée théologique vers ii4o-ii5o; l'on regrette seulement qu'il les laisse toutes dans l'anonymat. Mais, quoi qu'il en soit de ces discussions contemporaines, l'auteur veut avant tout présenter dans un harmonieux ensemble la doctrine traditionnelle, extraite de l'Ecriture, des Pères et des Docteurs, de manière à rendre peu regrettable l'absence d'autres livres. Les arguments d'autorité viendront donc au premier plan ; la dialectique interviendra ensuite, soit pour établir la conciliation entre ces textes, soit pour discuter les avis contemporains, soit pour glisser de-ci de-là une note un peu plus spéculative. Il va de soi que la nature des diverses matières demandera tantôt des appels fréquents à la dialectique, tantôt se contentera

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