‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 8 sur 228 · C'est ce que l'abbé Leiav fait iudicieuseï · texte numérisé non relu

C'est ce que l'abbé Leiav fait iudicieuseï

que l'abbé Lejay fait judicieusement observer dans son analyse de l'ouvrage cité de Roger {Revue critique d'histoire et de littérature, nouvelle série, t. LXII, 1906, p. 3io-3i4).

10 LE MOUVEMENT TIIÉOLOGIQUE DU XIP SIÈCLE.

« ti'wium », et les disciplines du « quadr'wium », léguées par Cassiodore^ aux écoles occidentales comme préparation à l'étude de la Bible, constituaient le point do départ des études religieuses, lia légitimité même de celte première culture, au moins en théorie — car la pratique prenait souvent une allure différente, non seulement chez Bède le Vénérable, pour son époque un esprit des plus cultivés à l'antique, mais même chez les moines missionnaires, poètes et voyageurs, que la verte Erin ou les monastères anglosaxons déversaient périodiquement sur le continent ^ — résidait dans la valeur de son rôle propédeu tique. Un des ancêtres intellectuels les plus influents de la renaissance carolingienne, Bède le Vénérable, se prononce fortement pour cette subordination. L'héritier de ses idées, sinon son disciple, Alcuin, le premier ministre de l'instruction publique sous Charlemagne, comme l'appellent Guizot et Mullinger, n'a pas d'autres principes; Théodulfe, le premier initiateur après Charlemagne des écoles rurales, et Raban Maur, le « précepteur de la Germanie », sont dans les mêmes idées ^. Les vieilles comparaisons des dépouilles de l'Egypte ou de la captive juive, classiques depuis Jérôme et Augustin, traversent tout le moyen âge, en passant par les exégètes, les théologiens, les chroniqueurs, les biographes, les épisloliers, les poètes, jusque bien au delà du xii® siècle*. Les textes législatifs de Charlemagne consacrent cette manière de voir, par exemple la fameuse lettre à l'abbé Ban-

1. De institutione dwinanim litterarum, xxvii, et De artihus et flisciplinis liberalium artium, m (PL. LXX, ii4o-ii4i et 1 167-1204).

2. Voir, par exemple, la correspondance de saint Boniface, évêque de Mayence (Epistola ix, x, xxix, etc. \ MGH. Epistolae Merowingici et Karolini aevi, t. I, p. sSo, aSy^ 281, etc.), ou de Lull, e'vêque de Mayence [Epistola Cuthberto; ibid., p. 4i4)i sur \es Scotti, dont les remarques e'crites dans les environs du lac de Constance ont pourre'sultat d'interpoler pour longtemps le texte de Solinus (e'dit. Mommsen, Berlin, 1895, p. xrvii, lxiv, etc.), voir Gougaud, L'œuvre des Scotti dans l'Europe continentale , dans la Revue d' Histoire ecclésiastique , t. IX, 1908, p. 37, 255 et suiv. , et Levison, Die Iren und die frànkische Kircke, dans la Historische Zeitschrift, troisième se'rie, t. XIII, iQiS^ p. i et suiv.

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