‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 88 sur 228 · irf.,chap. IX (PL. ibid., io65 AB · texte numérisé non relu

irf.,chap. IX (PL. ibid., io65 AB

5. Ibid. ^ préface [Ph. ibid..^ io43-io44) etchap. xx (PL. ibid., io85B). Pour une analyse pUis développée du contenu théologique, voir Grab- MANN [op. cit., p. 399-402), et Bach [op. cit., t. IL, p. 180-190) ; celui-ci ne date pas la pièce au milieu des événements contemporains*, Grabmann la fixe entre 11 76 et 1181.

LES « SEiNTENT[AE » DE PIERRE LOMBARD. 155

tache la correspondance d'un ardent lutteur de l'Allemagne du sud, Gerhoch de Reichersberg, dont une thèse De gloria Filii hominis, est approuvée par le concile de Tours de 1 163. Les Annales de Reichersberg citées tantôt ont pris soin de nous conserver le souvenir de cette approbation, tout comme elles nous instruisent de la première interdiction des « tJ'opos et indisciplinatas quœstiones », à propos des débats christologiques^.

La situation de Gerhoch dans les controverses de l'époque, et sa place honorable parmi les principaux partisans de la réforme ecclésiastique, faisaient de lui un redoutable adversaire. Dans l'histoire de la dogmatique, il se caractérise également par une activité littéraire et une fécondité polémique qui fait sans cesse rencontrer son nom dans les écrits contemporains. On l'a comparé à saint Bernard, avec certaines restrictions; lui-même ne se fait pas faute, en omettant ces réserves d'ailleurs, de s'attribuer un rôle identique à celui de l'abbé de Clairvaux^. Sa carrière n'est pas moins agitée, et aidé de deux de ses frères Arno et Ruediger^, il la rend plus bruyante. Plusieurs fois, il fait le voyage de Rome et se glorifie de la faveur dont il jouit près du Saint Siège ; il a le talent du reste de faire valoir ses œuvres et de remémorer ses titres à la reconnaissance^; ses lettres aux Papes et aux membres de la curie romaine

1. Annales Reicherspergenses, a. 1164 (MGH. SS. t. XVII, p. 470-

2. Liber (le simoniacis^ préface (MGH. LibelLl de lite, t. III, p. i[\i). La bibliographie est fort abondante; citons Bach, op. cit.., t. Il, p. Sgo- 446; Hauck, op. cit., t. IV, p. 434-4^0; PoRTALiÉ, article cité, t. I, p. 4i3-4i8; Sackur, bonne préface, donnant le cuniculum vitae, avec les sources, dans l'édition des traités polémiques (MGH. Libelli de lite, t. III, p. i3i-i36).

3. Voir la iettrexviirde Gerhoch (PL. CXCïII, 566 B), et VApologeticus contra Folniarum d'Arno, qui transcrit, sans le dire^ un long passage de cette lettre (édit. W^eichert, Leipzig, 1888, p. i4); cette édition laisse tout à faire au lecteur pour l'identification des citations patristiques et la recherche des sources.

4.Epistolaxvn(PL. GXCIII, 667-568); Epistola xxi (PL. ibid., 676- 678)^ Prologue du Liber de gloriaet honore Filii hominis (PL. CXCIV, 1075-1078); les .annales Reicherspergenses lui consacrent, à lui et à ses travaux, une fort élogieuse notice (C/ironicon Magni Presbyleri, a. 1 169 ; MGH. SS. t. XVII, p. 490-497).

sont nombreuses ; ses autres écrits, qui s'échelonnent sur plus de quarante années (i 19.6-1 169), « remplissent à peu près tous les coins de la terre », au dire d'un contemporain^.

La position que prend Gerhoch dans les questions sacramentaires, ou dans la querelle adoptianiste, ne doit pas nous arrêter ici : ardent défenseur de ce qu'il croit l'orthodoxie, il pèche autrement que par excès de langage; quelques exagérations confinent à l'hétérodoxie^. Contre Pierre Lombard, ses attaques visent avant tout la christologie, et il multiplie les accusations contre le Magister' et ses amis^, surtout à propos de l'adoration de latrie et du culte de dulie. Jadis, ardent partisan de la dialectique, il semble par moments se placer à l'extrême opposé et ne rien admettre au delà des expressions de la lettre^. Plus sage apparaît un de ses contradicteurs, Eberhardde Salzbourg, qui le rappelle à la modération avec une fermeté et une franchise qui réjouit 5. Comme le font déjà remarquer les auteurs de VHistoire littéraire^ les accusations de Gerhoch ne sont certes pas justifiées s'il s'agit du passage des Sentences sur l'adoration <5; c'est ce qu'Eberhard avait déjà dit dans la lettre qui vient d'être citée.

I. Eberhard de Bambehg, Epistola vi(PL. CXCIII, 5oo C) ; Sackiir [op. cit.^ p. i35) donne à la collection de ses écrits l'épithète de « moles ». Une e'dition critique de toutes ses œuvres, si remplies de renseignements sur les contemporains, rendrait de grands services.

1. PoRTALiÉ, article cité (t. I, p. 41^)? Hurter, Nomenclator^ t. II, p. ii4-ii5.

3. Epistola XVII, à Alexandre III (PL. CXCIII, 565-566)-, Epistola xv, à Eberhard de J3amberg [ibid.^ 547 ^) 5 Libellus de ordine donorum Sancti Spiriias (MGH. Libelll de lite, t. III, p. 275)*, la date des Collectanea sur saint Paul serait fixée par ce texte avant 11 42- 11 43 (voir ibid., p. 273); Epistola xxiii, à Othon de Freising (où tous ses adversaires en christologie sont nommés Gilbertins; PL. ibid., 586-594); Epistola xviii, au cardinal Henri [ibid.^ 571 D).

4. Epistola m, à Othon de Freising (PL. CXCIII, 491 CD); Epistola xviii, au cardinal Henri {ibid.^ 571 BC) ; Commentariux in psalmos, Ps. XI, 4 et 5, et pars LV, prologue [ibid.^ 806 et 1374 A) ; Liber de gloria et honore Filii hominis^ préface (PL. CXCIV, 1073-1076) ; Epistola xxi, aux cardinaux (PL. CKCHLSyfi B et 584 B).

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