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Premières Poésies. Lacomblcz, Bruxelles, i

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fondement qu'au temps où il vIa ait près de son oncle, l'abbé Victor Yilliers de l'Isle-Adam, mort en odeur de sainteté. Il lui gardait une tendresse fdiale et lui dédia Vlntersigne, l'un des contes les plus étranges et peut-être les plus réels qui soient dans son œuvre. Il avait étudié les sciences occultes, et les phénomènes vulgarisés aujourd'hui sous le nom de télépathie ne lui paraissaient pas plus impossibles que d'autres généralement admis. Pourquoi la pensée ne pourrait-elle pas s'extérioriser pour avertir d'une séparation prochaine et douloureuse un être qu'il faut à la fois quitter et consoler de ce cruel départ "^ Il n'y avait pas là de quoi déconcerter le chrétien, qui, même au milieu des enivrements et des misères de la vie littéraire à Paris, pleurait d'amour en parlant de sa foi.

De cette vie littéraire, il connut d'abord toutes les joies. Ses débuts, dit un de ses biographes, eurent l'air d'une entrée dans la gloire. Dès 20 ans, en i858, il publiait, chez Lacomblez, à Bruxelles, Deux Essais de poésie, suivis l'an d'après de ses Premières Poésies qui ne furent jamais suivies d'autres poèmes.

Il avait, dès son arrivée à Paris, trouvé deux amis qui lui demeurèrent fidèles : le critique Marras et le grand poète Léon Dierx. Ce fut par Dierx que Yilliers connut Baudelaire avec lequel il fut en correspondance suivie et qui ne fut pas sans influence sur lui, non pas directement, mais en lui révélant Edgar Poe. L'étrangeté mathématique du conteur améri-

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laiii \c séduisit pai' un côté (raincrtunic (|uc l aspoct de la vie réelle éveillait déjà dans l'auteui" de Trihulnl Bonftoinct.

Il fil. en i8(k). une espèce de retiaite dans sa famille et en sortit, en 1861, avide de voir le monde, (( de vivre sa vie » comme on dit à présent. C était l'âge des longs espoirs et des vastes pensées. Villiers publia, Tannée suivante, Isis, singulière histoire d'amour, qui devait être le prélude d'une série de 7 volumes. Cette œuvre, romantique à l'excès, manifestait cependant des qualités de style et des vues psychologiques assez belles pour mériter l'estime de Théodore de Banville.

A ce moment, une révolution rendit vacant le trône de Grèce. Le bruit courut de sa candidature. On ne sut jamais s'il l'avait véritablement posée ou si c'était une de ces mystifications dont il avait le secret et qu'il tenait de Baudelaire. Il était alors très bizarrement installé, dans un appartement fort beau, meublé de choses des plus hétéroclites. Son indifférence en cette matière scandalisait Gustave Guiches, qui. le voyant privément, aurait cependant pu comprendre que ces acquisitions, faites au gré de sa fantaisie, n'existaient pas à ses yeux par elles-mêmes, mais par le souvenir de celte fantaisie ou par quelque association d'idées qui lui était devenue précieuse. Un piano tenait la place d'honneur, un piano qu'il garda toujours, aux moments de pire détresse. C'était un musicien miraculeux. Quand il avait connu Wagner, son

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œuvre l'avait ravagé d'enthousiasme et son admiration éclate en mainte page, tel le Tsar et les Grands- Ducs où il décrit une des inoubliables représentations deBayreuth. Un jour, chez Judith Gautier, aussi poète, aussi AAagnérienne que lui, il improvisa une symphonie sur Jupiter — jamais écrite par la suite — dont Vandante, expression musicale du mythe de Danaé, resta, dans le souvenir de tous ceux qui l'entendirent, une éblouissante révélation. Il renonça à la musique aussi bien qu'à la poésie : ce n'était pas son chemin. Il voulait agir non sur les sentiments ou les sensations, mais sur les idées: aussi s'adonna-t~il presque exclusivement à la nouvelle ou au drame philosophique, réalisant ainsi la devise qu'il avait imposée à sa Revue des Lettres et des Arts : « Faire penser. »

Avant de publier cette éphémère revue, Villiers avait donné Elen en i864, puis, en i865, Morgane, drames romantiques encore, mais où les théories d'Hegel se font jour ; dans Elen surtout, dont l'action est moins précise, mais où se dessine vigoureusement ce que les poètes de i83o appelaient la « femme fatale ».

Villiers fit deux voyages en Allemagne, l'un en 1868, l'autre au début de 1870. Il en revint pour faire jouer la Révolte au Vaudeville. Cet acte, lourd dépensées, avait le tort immense d'arriver avant l'heure. On était accoutumé aux (( femmes incomprises » qui cherchaient dans l'adultère un être pour les consoler. Paul de Saint-Victor exprima le regret de cette forme

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