Sagesse
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AUTIILR UIMBAUD
Al inilicLi (lu mouvement décadent et symboliste parurent deux adolescents, dont l'un, dès les premières années du Symbolisme, quitta la poésie écrite pour la poésie vécue du voyage : c'était Artbur l\imbaud. L'autre, mort au moment du plein épanouissement de l'œuvre, avec toutes les promesses du génie, fut Jules Laforgue. Tous deux eurent, malgré leur âge, à cause de leur âge peut-être,
Car, lorsqu'on meurt si jeune, on est aimé des Dieux,
une inlluence énorme sur lu littérature du moment et sur celle cjui a suivi.
x\rlliur Kimbaud était né à Cliarlcvdle le i^o décembre i85i et avait fait de très bonnes études au collège de cette ville. Par mallieur, sa famille, comme il arrive trop souvent, ne comprit rien à cet enfant
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farouche, singulier, et ne sut pas adoucir pour lui ces disciplines bourgeoises qui cabrent irrésistiblement les intelligences artistes. Nous en retrouvons l'écho dans les Poètes de sept ans, qu'il faudrait citer en entier, n'étaient quelques écarts de langage véritablement trop réalistes, dus à la jeunesse du poète, à ce moment d'ingénue vigueur oii l'enfant se croit obligé de paraître cynique pour montrer sa force.
Et la Mère, fermant le livre du devoir, S'en allait, satisfaite et très fière, sans voir Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences L'âme de son enfant livrée aux répugnances. Tout le jour, il suait d'obéissance, très Intelligent; pourtant des tics noirs, quelques traits Semblaient prouver en lui d'acres hypocrisies. Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies, En passant, il tirait la langue, les deux poings A l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points. Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe On le voyait là-haut, qui râlait sur la rampe
Sous un golfe de jour pendant du toit
A sept ans, il faisait des romans sur la vie Du grand désert où luit la Liberté ravie, Forêts, soleils, rives, savanes. Il s'aidait De journaux illustrés où, rouge, il regardait Des Espagnoles rire et des Italiennes
II craignait les blafards dimanches de Décembre
Où, pommadé, près d'un guéridon d'acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert-chou.
Des rêves l'oppressaient, chaque nuit, dans l'alcôve.
<ç<;§i> io4 cîS'înS.— —
1^ \irnn K i;imr\i d ^ —
11 II niinait pas Dion, mais h^s lioiimu's (ju an soir lanvo Noirs, PII hloust', il vovail ronlrcr dans 1rs (aiil)oiirgs Où los crioius, on trois rouloincnls de tambour, Font, autour des édils, rire et gronder les foules. 11 rêvait la prairie amoureuse où des lioules Lumineuses, parfums sains, pubescenees d'or, Fout leur remuement calme et prennent leur essor.
Et, comme il savourait surtout les sombres cboses, (^)uand, dans la cliand)re nue, aux persicmies closes, Haute et bleue, Acremenl prise d'humidité,
Il lisait son roman sans cesse édifié
En bas, seul et couché sur des j^ièces de toile Ecrue. et [)ressenlant violcnnuenl la voile'.
Il y aurait une étude — peut-être la plus utile que Ton puisse écrire — à faire sur l'enfance des grands hommes et l'orientation qu'elle put communlc[uer à leur destinée. Il est certain que. pour Ilimijaud, là serait la source de la vérité. Dès qu'il eut la possibilité de fuir ceMe Himille vraiment trop « petile ville », il partit et ce fut la lamentable odyssée aux côtés de Verlaine. Il en a laissé un souvenir tragique dans sa simplicité qui nous le montre chef un peu épouvanté de cette funeste caravane.
Vagabonds.
Pitoyalile frcre '. que cV atroces veillées je lai dois !
I. Toutes les citations de Rimbaml >ont prises dans ses Œuvres complètes, éd. du Mercure df Frnnre.
LE SYMBOLISME
Je ne me saisissais pas fortement de cette entreprise . Je m'étais joué de son infirmité. Par ma faute, nous retournerions en exil, en esclavage ! Il me supposait un guignon et une innocence très bizarres, et il ajoutait des raisons inquiétantes. Je répondais en ricanant à ce satanique docteur et finissais par gagner la fenêtre. Je créais, par delà la campagne traversée par des bandes de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne.
(( Après cette distraction vaguement hygiénique, je m'étendais sur une paillasse. Et, presque chaque nuit, aussitôt endormi, le pauvre frère se levait, la bouche pourrie, les yeux arrachés — tel qu'il se rêvait ! — et me tirait dans la salle en hurlant son songe de chagrin idiot.
(( J'avais, en effet, en toute sincérité d'esprit, pris rengagement de le rendre à son état primitif de fils du Soleil — et nous errions, nourris du vin des Pater mes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule. »
Il l'avait trouvée bien des fois, cette formule incomparable du génie. Il nous a conté ses Délires dans Une Saison en Enfer, le seul ouvrage qui ait été publié de son plein gré et qu'il fit détruire, aussitôt son apparition chez Poot et C'*, 87 , rue Aux-Choux, à Bruxelles. Cet opuscule a été réédité et, auprès de choses délicieusement puériles, on y trouve la meilleure étude documentaire qui existe sur l'évolution de la forme et de la pensée d'Arthur Rimbaud. Il dit :
'T</^ 106 cî§';Ni,—
— ^ \i;tii( i; kimiui d ^ —
ù J' inventai lu couleur des voyelles :
\ iioii, 11 hlanr, I roii<j;(', (> hlcii. l \('it.
(( Je ri'(/l(ti 1(1 forme el le nHnircf/icnl de chfKjne consonne et, avec du rythme instinctif, je me flattai d'inventer un \ erf/e poétique accessible, un jour ou r autre, ù tous les sens. Je réservais la traduction .
(( Ce fut d\d)orit une étude. J arrivais des silences, des nuits, je sortais r inexprimable, je fixais ses vestic/es. ))
Premier que passer plus avant, notons que c'est justement cette partie de son œuvre, que l'auteur renie presque, qui a été suivie dans son plus grand détail, comme un catéchisme symboliste, par l'école instrumentiste, et son chef M. René (ihil.
Rimbaud ajoute: u Je devins un opéra fabuleux ; je vis que tous les êtres ont une faculté de bonheur : V action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle
(( Aucun des sophismes de la folie — la folie qu'on enferme — n'a été oublié par moi : je pourrais les redire tous, je tiens le système.
i( Ma santé J ut menacée. La terreur venait. Je tombais dans des sommeils de plusieurs jours, et, levé, je continuais les rêves les plus tristes. J'étais mûr pour le
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trépas, et, par une route de dangers, ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie, patrie de l'ombre et des tourbillons .
(( Je dus voyager, distraire les enchantements amassés dans mon cerveau. Sur la mer, que j^ aimais comme si elle eût du me laver d'une souillure, je voyais se lever la Croix consolatrice. J'avais été damné par V arc-enciel. Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver. Ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la Force et à la Beauté. »
Cet enthousiasme de la mer, ne le retrouvons-nous pas dans Bateau ivre, poème d'une beauté de légende, obscur parfois, mais plein de génie, avec une ardeur d'expression qui n'a pas été surpassée ou même égalée ?
« J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants. Des écumes de fleurs ont béni mes dérades Et d'inefl'ables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones, La mer, dont le sanglot faisait mon roulis doux Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes Et je restais ainsi qu'une femme à genoux.
Presqu'île ballottant sur mes bords les querelles Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds. Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles, Des noyés descendaient dormir h reculons.
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Or moi, baleau pcnJu sous les clieveux des anses, Jotr par rourni;;iM dans l'éthor sans oiseau. Moi donl les Monilors et les voiliers des Hanses N "auraient pas re|)êclié la carcasse ivre d'eau,
l.ihre, fumant, monlé de brumes violettes. Moi (jui trouais le ciel roui^a'ovant comme un mur Qui porte, conl\tui-e e.\([uise aux bons poètes, Des licbens de soleil et dc^: morves d'azur,
Qui courais, taclié de lunules électricjues Plancbe folle, escorté des bippocanipes noirs, (Juand les Juillets faisaient crouler à coups de triques Les cieux ultramariiis aux piofonds entonnoirs,
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues Le rut des Héliémots et des Maclstroms épais, Fileur éternel des immobilités bleues, Je regrette l'Europe aux anciens parapets.
J ai vu des arcbipels sidéraux et des îles Dont les cieux délirants sont ouverts au vo<j;ueur. Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles, Million d'oiseaux d'or, ô future vigueur?
\hiis. vrai 1 J ai trop pleuré. Les aubes sont navrantes, Toute lune est atroce et tout soleil amer. L'acre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes. Ob ! (jue ma quille éclate ! Ob ! que j'aille à la mer !
Si je regrette une eau d'Europe, c'est la ilaclie Noire et froide où vers le crépuscule endjaumé Un enfant accroupi, plein de tristesse, làclie Ln bateau frêle comme un papilloîi de Mai.
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Je ne puis plus, bercé par vos langueurs, ô lames ! Enlever leur sillage aux porteurs de cotons, Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes, Ni nager sous les yeux horribles des pontons. »
C'est pourtant ce retour au pays aimé tout de même que l'on n'a pas su voir dans Rimbaud. Là était sa grâce particulière et, s'il eût connu ce bonheur dont il parle aA^ec tant d'avidité, sa force s'en serait accrue, et nous aurions de lui une œuvre plus complète. Il suffît, pour s'en rendre compte, de voir dans ses Illuminations, qui sont d'adorables Petits poèmes en prose, celui qui se nomme Après le Déluge, à la fois si ému et si inoqueur, qui se termine par cette phrase pleine de mystère : (( Et la Reine, la Sorcière, qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous conter ce qu'elle sait et que nous ignorons. » On finit par se demander, ivre d'étrangeté, si la Sorcière n'est pas l'âme même de ce singulier adolescent. Il faut lire, comme une musique incantatoire et dont on demeure obsédé, la pièce intitulée Aube :
(( J'ai embrassé l'aube d'été.
(( Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent et les ailes se levèrent sans bruit.
(( La première entreprise fut, dans le sentier déjà
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empli de frais cl Itle/ncs éclats, une Jlcnc (jiii nie dit son nom.
(( Je ris au wnsscrjali «fui s'échevèle à travers les supins : à la cime anjentcc je reconnus la déesse.
(( Alors je levai un à un les voiles. Dans Vallée en a( filant les liras. Par la plaine oiije F ai dénoncée au coq. A la (jrand ville, elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et, courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
(( En haut de la route, près dun bois de lauriers, je tai entourée avec ses voiles amassés et j'ai senti un peu de son imme/ise corps. L\iube et V enfant roulèrent au bas du bois.
(( Au réveil, il était midi. »
Ceci, c'est la pure hallucination du poète, dans 1 antliropomorpliisme ingénu des contes de fée, mais avec quelle ardeur violente et quelle délicieuse puissance d'imagination ! Ces minutes de joie sont rares. L'amertume de cette enfance mal aimée revient et détruit la flamme. Y a-t-il rien au monde de plus triste que ce rêve d'enfant, si brusquement cassé :
(( Au bois, il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.
« Il y a un horloge qui ne sonne pas.
(( // y a une fondrière avec un nid de bétes blanches.
<( Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
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(( Il y Cl une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
(( // y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route, à travers la lisière du bois.
Ci II y a enfin, quand on a faim et soif, quelqu'un qui vous chasse. »
A quelle image, à quelle illumination — c'est le mot anglais pour illustration — se rattache ce passage de féerie? C'est ce que nous ne saurons jamais. Tel quel, ne ressemble-t-il pas à ces bizarres petits poèmes en musique dont les enfants tristes ou malades enchantent leurs demi-sommeils? Dans son étrange simplicité, il a surpassé peut-être tous ceux que Rimbaud découvrit au cours de son errante jeunesse, de Paris en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Suisse, en Grèce, à Java où il déserte et passe un mois dans les forêts mal explorées, puis en Suède et en Norvège, à la suite d'une tournée de saltimbanques. Est-ce cet idéal d'enfance qu'il a poursuivi jusqu'en Arabie?
C'est cela qu'il fallait voir, imiter, s'il était possible : non dans la forme trop spontanée pour être imitable, mais dans cette naïveté, cette jeunesse âpre et désolée, si caractéristiques du génie de lUmbaud.
L'heure n'était point à la simplicité. Ce ne fut pas cette âme indomptable qui devait mener le poète, après de multiples traverses, jusqu'au fond de l'Abyssinie ; ce ne fut même pas le réalisme tout espagnol
— "î^gîs lia cîg-îsi, —
^^ AUTiirii niMii.vui) ^-
(les Chercheuses de Poux qui tentèrent Fimitation. Le Nocable était Dieu et Mallarmé était son prophète. Ce fut le Sonnet des Voyelles qui fut annexé à la Bible du Symbolisme et connut les honneurs du plagiat.
A noir, E blanc, I ronge, U vert, 0 bien. Voyelles, Je dirai qnel([ne jour vos naissances latentes : A noir corset velu des mouches éclatantes Qui bonibillent autour des puanteurs cruelles.
Golfes d'ofubre ! E candeur dos vapeurs et des tentes, Lances des glaciers tiers, lames, frissons d'ombelles. 1 pourpres, sang versé, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes.
L cycles, vibrements divins des mers virides. Paix des pàtis semés d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux.
0 suprême clairon plein de strideurs étranges. Silence traversé des Mondes et des Anges, 0 l'Oméga, ravon violet de Ses Yeux!
A quoi répondait cette théorie.^ Rimbaud lui-même la considère comme la chimère d'un esprit malade. On y voulut voir cependant toute une formule d'art nouveau. L auteur ne s'en souciait pas. Il voyageait comme nous l'avons dit, apprenait les langues étrangères pour quoi il était singulièrement doué; puis, pour se soustraire à la désolante monotonie de sa province, il partit à Chypre où il surveilla les travaux du palais du gouverneur, de là à Aden, enfin en Abyssinie,
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pour se créer une situation lucrative et surtout indé pendante.
Sa correspondance reflète les soucis qui lui furent causés, là encore, par l'incompréhensive affection des siens. Il demande des livres de travail, d'un travail urgent, pour apprendre la langue des pays qu'il visite, ou des instruments d'arpentage de première nécessité: on lui fait des objections sur le prix, le mode d'envoi. Il finit par les recevoir quand il n'en a plus besoin. Envoie-t-il sa photographie .^^ On lui reproche sa tenue. Il s'est fait photographier pieds nus, en costume de colon î On le juge inélégant, sans voir le sentiment qui poussait le fils à se faire voir « tel qu'il était )), dans la pensée que cela ferait plaisir aux siens, le rendrait présent parmi eux. Mais non : il eût dû se mettre en frac pour les chameliers de ses caravanes.
Il court, il travaille, il met en rapports le gouvernement de la République avec le négus Ménélik, crée à la France une alliance qui n'était pas sans intérêt. Les siens n'y font nulle allusion, il finit par n'en plus parler. Toujours sur les routes, couchant à la belle étoile, il prend un rhumatisme. Un jour, il tombe évanoui et demeure ainsi plusieurs heures tandis que la lourde pluie d'équinoxe lui ruisselle sur le corps. Il est malade, son genou gonfle : il doit retourner en Europe. C'est le moment où sa famille le prévient qu'une nouvelle loi militaire lui prescrit des périodes d'instruction e( qu'il n'est point en règle.
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VUTIIl II lUMHM 1)
Il est à Marsoillo. on lui coupe la jambe, et c'est sur et' j)()inl de ilroil inililaire, (ju'une déniarclie eut uns au poini, ([ue l'on juge hini de le tournienlcr. Le niédecin l'envoie chez lui, mais le climat des Ardennes est trop froid pour ce colonial. Il retourne en vue de la mer, et celte l'ois, c'est pour mourir. La veille de sa mort (le lo novembre 1891), il dictait une dernière lettre pour demander à repartir vers l'Orient. Ce nomade, cet enfant sauvage, si hardi, si plein de génie, garda jusqu'au dernier moment l'illusion de son départ. Il avait juste l\o ans.
Depuis 187/4, il n'avait plus fait de littérature et nous devons ses œuvres à la piété fraternelle de M. Pierre Dufour (Paterne Berrichon), mari de M"* Isabelle Rimbaud, écrivain elle-même. Il eut quelque peine à les rassembler, car Rimbaud s'en désintéressait. Toutes ses pensées s'étaient tournées vers l'action. Les ouvrages de ses dernières années, qu'il a laissés en des mains amies, mais lointaines et qui ne se sont pas encore ouvertes pour la gloire de Rindjaud. sont purement scientifiques. Ses lettres mêmes n'ont qu'un intérêt documentaire. Jamais ne fut plus vrai le mot sur Sainte-Beuve :
Un poète mort jeune, à qui l'homme survit.
Cependant que l'auteur peinait et souffrait, sa gloire grandissait en France et beaucoup, s'ils avaient connu la solitude d'esprit et la mauvaise santé du poète, se