‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 10 sur 303 · Pp. lll-Wj · texte numérisé non relu

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Il y aurait presque plus de vraisemblance encore à citer VAmadis des Gaules. Cette collection figure, en effet, au catalogue de la bibliothèque de Victor Hugo. A Guernesey j'ai tenu les dix volumes entre mes mains. C'est un choix de romans de chevalerie, publié à Evreux chez Ancelle, en 1796 : le tome IV contient entre autres Guérin de Montglave ' et le récit du duel d'Olivier et de Roland dans l'île du Rhône : il se peut que Victor Hugo ait possédé ce volume dès 1846. Mais le style édulcoré du comte de Tressan est vraiment bien éloigné de la couleur de la Légende des Siècles, et là encore, les preuves matérielles d'emprunt sont absentes.

De pareilles lectures, s'il les a faites, ont pu éveiller la curiosité de V. Hugo à l'égard du sujet, elles ne lui ont pas servi de modèle direct.

C'est le texte de Jubinal qui a été suivi pas à pas par Hugo, jusque dans les contresens et les fautes d'impression qu'il contenait.

Les erreurs de Jubinal : preuves matérielles d'imitation. — L'adaptation du roman de Bertrand de Bar, que Jubinal offrait à la lecture de Victor Hugo, avait été faite d'après la lecturedes manuscrits du fonds royal 749^3 (aujourd'hui i374) et 7535 (aujourd'hui i448). Ces manuscrits avaient été signalés et étudiés par Francisque Michel dès i834, dans son introduction du Roman de la Violette. Ce Roman de la Violette est une des premières publications sérieuses qui aient été faites auxix^ siècle sur le moyen âge. Victor Hugo possédait le volume à Guernesey, et Jubinal, si superficiel qu'il fût, ne pouvait ignorer une édition de .celte importance.

Renseigné par Francisque Michel, Jubinal a-t-il lu les deux manuscrits? On en peut douter : Jubinal a fourni à V. Hugo un bien singulier nom : Sinagog. Ce Sinagog est-il une faute d'impression due aux protes du Journal du Dimanche, qui auraient imprimé Sinagog pour Sinagos? La

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