‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 104 sur 303 · Ibid., XXIII · texte numérisé non relu

Ibid., XXIII

voici venir toute une troupe de gens armés qui escorte un malheureux lié sur un mauvais roussin.

Cf. 9G. En partant, on l'avait lié sur un mulet ;

Roland quitte Isabelle, pique droit sur les bourreaux, les écarte, interroge la victime : le jeune Zerbin lève une tête innocente, atteste le ciel qu'il n'est pas coupable, et Roland juge par son récit qu'il mérite sa protection et sa défense...

« Déchaînez ce chevalier, canaille maudite, séciMe Roland d'une voix terrible, ou je vous extermine tous ! »

Cf. 326. Ça, le premier qui monte à cheval, je le tue.

« Eh ! quel est donc ce massacreur de gens ? dit d'un ton ricaneur un drôle insolent qui commandait ces satellites. Croit-il être un brasier ardent, et nous croit-il donc de cire ou de paille, pour nous anéantir si facilement ? »

A ces mots, le drôle ose baisser sa lance contre le terrible comte. Mais il ne peut échapper à

« la rude atteinte de Roland. Le coup lui rompit les vertèbres du coup, et rétendit mort sur la poussière. Le paladin pousse sa lance au travers du corps du second, et tirant la redoutable Durandal, il fait voler la tête à l'un, partage l'autre par la ceinture. »

363 Mais Durandal se dresse, et jette Froïla

Sur Pacheco, dont l'âme en ce moment hurla.

« Ces misérables tombent de toutes parts sous le tranchant de son épée, et plus de cent sont déjà morts ou prennent la fuite.

Plus du tiers mord la poussière. Roland chasse le reste devant lui, il taille, il fend, il blesse, perce, il.trouque tous ces vils assaillants :

470. Larges coups, flots de sang par les bouches vomis. Faces se i-enversant en arrière, livides. Casques brisés roulant comme des cruches vides. Flots d'assaillants toujours repoussés, blessés, morts, Cris de rage. O carnage, ô terreur !... 477. Le meurtre sur les morts jette les morts, et rit.

« Ils jettent tous épées, casques, boucliers, épieux, masses, pour fuir plus facilement. L'un court le long du chemin, l'autre à travers

champs, ceux-ci courent se cacher dans les bois, ceux-là dans les cavernes. L'impitoyable Roland les poursuit, frappe sans cesse '.»

Les bandits...

58 1. Tremblant comme des bœufs qu'on ramène à l'étable, Reculaient, lui montrant de loin leur coutelas. Et, pas à pas, Roland, sanglant, terrible, las. Les chassait devant lui parmi les fondrières.

La parenté des deux récits est manifeste.

Les Discours. — Mais avant la bataille entre Roland et ses agresseurs, on rencontre chez V. Hugo tout un développement en discours, procédé fréquent chez le poète. La source est autre.

Le jour où Victor Hugo traduisit sur la page du Journal du Dimanche la prose de Jubinal, il dut se réjouir que le moyen âge fût, pour ainsi dire, allé à sa rencontie. Ces dialogues entre Charlemagne et ses barons, las de la guerre, la longue riposte de l'empereur, n'étaient-ce point une page àe^Burgraves, écrite il y avait huit siècles ? Hugo avait, pour justifler sa rhétorique, l'autorité même d'un texte de moyen âge. Aussi recherchera-t-il, dans \a. Légende des Siècles, [es occasions les plus nombreuses de développer dans cette forme dialoguée, ses thèmes favoris sur le moyen âge ^ thèmes très simples et analogues à ceux qui reviennent sans cesse dans les romans de chevalerie :

a) le guerrier : pittoresque de son armure, son endurance-.

b) indignité du moine pour le trône ^

c) concours ou complicité d'un chevalier, acheté par le don d'une ville *.

d) combat fabuleux ^

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