v. ii5-i
4. (v. 3o5-32o). Cf. Aymerillot : Narbonne ; Masferrer : Oloron.
Quelle part faut -il faire au souvenir et à la connaissance des Légendes espagnoles ? — Ces thèmes ne sont d'ailleurs le propre d'aucune littérature nationale au moyen âge; ils appartiennent à toutes les épopées guerrières de ce temps : ils n'ont rien de particulièrement espagnol.
Cette constatation nous amène à nous demander à quel degré la présence de Roland convient au moyen âge de l'Espagne et quelle raison V. Hugo pouvait avoir d'introduire ce chevalier français dans le décor si nettement exotique de la gorge de Tolosa.
11 en avait plus d'une.
Tout d'abord l'exemple de l'Arioste qui envoie Roland délivrer en Espagne la princesse Isabelle.
Puis les légendes locales : un bon nombre d'entre elles placent Tenfance de Roland en Espagne* et jusqu'en 1880, certains érudits eux-mêmes étaient persuadés que la Chanson (C Aspremont qui raconte les exploits de Roland dans son enfance avait pour cadre l'Espagne : il plaçait Aspremont dans le pays pyrénéen-. Or V. Hugo méditait d'écrire un Roland Petit : ce titre figure dans ses projets de table de la Légende des Siècles.
Plusieurs traditions basques parlent d'un jeune Roland, briseur d'arbres et tueurs de loups : une autre le montre attaqué par des chiens, saisissant le premier par la tète et s'en servant comme d'une massue pour assommer les survivants'; mais le jeune Roland basque est avant tout un habile lanceur de pierres, comme tous ses compatriotes.
M. Gerquand, dans ses Légendes et Récits populaires du pays basque prétend qu'il s'est fait, dans le folk-lore de la contrée, une confusion entre Roland et un démon local du nom de Taranis qui a pour attribut de lancer des pierres et,
1. Cf. Cerqland. Légendes et Récits populaires du pays basque. P.tu, L. Ribaud, 1875-82, t. IV, p. 8a.