Et, n'ayant plus d'épée, il leur lançait des pierres
Mais dans quelle mesure V. HRgo était-il renseigné sur ces traditions ? Les a-t-il seulement connues? On ne saurait l'afiirmer, même en tenant compte de sa curiosité éveillée de bonne heure à cet égard par Nodier, Jubinal et leur entourage.
L'influence des légendes locales paraît évidente, mais d'autre manière : car il est, semble-t-il, une contamination bien plus vraisemblable à imaginer que celle du dieu Taranis et de Roland Petit.
Et c'est tout simplement celle de Roland et de Pelage. Mêler volontairement ou involontairement les exploits attribués par les Romanceros aux deux grands vainqueurs des Maures, voilà qui est à la fois naturel et conforme aux procédés de généralisation habituels à V. Hugo et à tous les poètes de la tradition populaire. Roland et Pelage, voilà bien les deux héros qu'il était impossible que la fable, émanée du poète ou du peuple, ne confondît pas.
Toutes les histoires de la Biscaye racontent comment Pelage, attaqué dans sa dernière retraite de la gorge de Covadonga*, par une armée de Maures, envoya rouler sur ses ennemis des blocs de rochers, et fît des païens une hécatombe miraculeuse. Des exploits analogues sont prêtés par la légende à Rodrigue, dernier roi des Goths. Remises en lumière, au commencement du xtx^ siècle, par les Romances historiques d'Abel Hugo, par les dix poèmes d'Emile
I. V. Hugo a donné le nom de Covadenga à un personnage de Ruy Blas.
Deschamps, par les tragédies et les odes de Guiraud, ces dernières traditions étaient certainement familières à Hugo. Elles sont la source première de la dernière attitude de son Roland :