I. La Haye, H. van Bulderen
u. Nous ne mentionnons, bien qu'il les possédât, ni le livre de Charles Blanc, De Paris à Venise (1857), guide purement descriptif, ni les quatre tomes de Baretti, De Londres à Gênes, qui ne se rapporte qu'à l'Espagne.
3. J'ai rencontré dans la bibliothèque de Guernesey une traduction d'Aloyse Schreiber qui date de 184 1- Le Rhin : Guide des voyagelrs dans les contrées du Rhin, les vallées et hains voisins, en Hollande et en Belgique, par Aloyse Schreiber, traduit de l'allemand par G. A de Schwarz, Heidelberg, 1841. Ce n'est pas cette édition qu'a consultée V. Hugo; elle est postérieure aux voyages de i838-i84o, et de plus elle ne contient pas les Légendes rhénanes utilisées par V. Hugo dans son volume du Rhin et en particulier pour le Beau Pecopin. Cette traduction Schwarz a dû être trouvée et achetée par V. Hugo à l'époque de ses voyages de 1862-69. La traduction qu'il a consultée pour le Rhin et à laquelle sa mémoire est remontée au moment de la composition de la Légende des Siècles est la quatrième édition de l'abbé Henry : Manuel des voyageurs sur le Rhin qui passent depuis ses sources jusqu'en Hollande, à Bade, à la vallée de la Mourg et à la Forêt-Noire, aux principaux environs et aux hains de ces contrées, par A. Schreiher, conseiller aulique et historiographe de S. A. R. le grand-duc de Bade ; traduit par M. le professeur l'abbé Henry. Quatrième édition: Entièrement revue et corrigée et considérablement augmentée avec trois cartes nouvellement dessinées par M. le D' Streit, major de Prusse à la suite ; à Heidelberg, chez Engelmann ; à Strasbourg et Paris, chez Treuttel et Wurtz ; à Londres, chez Treuttel et Wurtz, Treuttel jeune et Richter. Sans date; préface signée 1 A. Schreiber, Bade, janvier i83i. Cette édition contient, page 5 19, un supplément de vingt-cinq légendes : Traditions populaires aux environs du Rhin, au mont Taunus et aux environs de la Forêt-Noire.
Cette édition est rare : j'ai trouvé à la Bibliothèque de Versailles l'un des exemplaires qui existent encore actuellement.
à Paris étudié de près des œuvres historiques. Il méditait d'écrire une Histoire du Rhin : il en avait recueilli les matériaux. Ces matériaux se trouvent aujourd'hui dispersés, et sans doute incomplets, dans les manuscrits du Rhin et des Btirgrm'es conservés à la Bibliothèque nationale.
Il y a là dix-huit pages de notes et de résumés écrites entièrement de la main de V. Hugo '.
V. Hugo a procédé tantôt avec la discipline d'un écolier méthodique et consciencieux; tantôt, au contraire, avec toute la fantaisie d'un poète qui, à grandes enjambées, moissonne du pittoresque et transforme déjà, chemin faisant, ce qu'il récolte. La plupart de ces résumés ont été composés d'après le Nouvel abrège chronologique de VHistoire et du Droit public de V Allemagne, par M. Pfeffel-, jurisconsulte du roi aux affaires étrangères .
On se rendra compte de la manière dont Hugo collectionnait les noms et les détails d'événements dans l'histoire en comparant ses notes avec le texte de Pfeffel, en ce qui concerne Frédéric Barberousse.
I. Cf. - i" Ms. des Burgras'es, Philippe, fils de Barberousse, p. 70 ; Barberousse, pp. 71, 72, 7>, 77. — 1" Ms. du Hhin, auquel est joint un cahier de quelques feuillets intitulé : Résumé, Barberousse, p. 807, 3o8. Quatrième expédition d'Italie, pp. Sog, 317, Sig, 820, Sai, 322, 323, 824, 325, 326, 827.
a. Paris, Delalain, 1787. Nous avons tenu le livre entre nos mains à Guernesey; un assez grand nombre de pages avaient des « oreilles ». Hugo, dans la préface des Burgraves, cite cette phrase de VHistoire d'Allemagne de Kohlrausch : « Aux douzième et treizième siècles, dit Kohlrausch, le litre de ^«r^rav-e prend rang immédiatement au-dessous du litre de roi », et M. Jean Giraud [Revue d'Histoire littéraire, 3« trimestre 1909) a montré quelle part il est possible de faire à Kohlrausch dans les sources du Rhin, iS^i. Il reste que Kohlrausch n'est pas la source principale des notes et des résumés de V. Hugo. En ce qui concerne la Légende des Siècles, écrite en iSSG-og, il est impossible de remonter directement à Kohlrausch, puisque V. Hugo n'avait sous la main, à Guernesey, que ses manuscrits du Rhin et des Burgraves, et n'y possédait d'autre histoire d'Allemagne que l'ouvrage de Pfeffel, ici signalé.
Mss. des Burgraves, p. 77.
Notes de Viclor Hugo.
Fr. I donne la couronne de Danemark à Sueiion, que lui disputèrent Kanut et Valdemar.
L'emp. juge investit les rois vassaux avec l'épée — cl les princes avec lY-tendard.
Marquisat de Toscane nomme l'archevêque (le Magdebourg, se fait couronner une seconde fois à Ratisbonne.
I{épudie à la diète de Constance, sa femme Adélaïde de Vo/ilboury, sa cousine au 4' degré.
Milan l'offense: il envoie les fourriers de l'empire recueillir les contributions de guerre en Italie, — Oibert ab orto. — Gérard le Noir : consuls de Milan.
Se fait couronner roi d'Italie à Pavie, puis à Monta. Couronna- empereur à Rome par Adrien IV.
Henri Jasomerpol. margrave d'Au- I riche, se démet du duché de Bavière en faveur de Henri le Lion, duc de Saxe, et lui en remit les sept étendards.
Frédéric érigea les margraves d'Autriche en ducs d'Autriclie, leur donna rang parmi les ducs nationaux, Palatini archidiices, et immédiatement après les princes électeurs.
Dépose Hermann de Stahleck, comte palatin du Rhin, donne le comté palatin à son frère, Conrad de Hohenstaufen.
Épouse Béatrice, fille de Renaud, comte de Bourgogne, rattache le royaume d'.\rles à l'empire. Le roi d'Angleterre reconnaît la suprématie de l'empereur.
Le pape veut qu'il le remercie à propos de la couronne impériale pour lui avoir accordé le bénéfice : les cardinaux l'appellent frère, il se brouille avec Rome.
Il se brouille avec Rome. Le cardinal Roland légat.
Frédéric déclare qu'il relève de Dieu seul.
Crée roi Ladislas, duc de Bohème.
Punit Milan, se fait couronner encore à Mon/,a.
Pfeffel.
Nouvel abrégé chronologique de l'histoire et du droit public d'Allemagne. Paris, Delalain, 1787, pp. 318-3.10.
Cette couronne (de Danemark) était disputée au roi Suénon, par Canut, (ils du roi Magnus, et par Valdemar,
Les rois vassaux devaient être investis avec l'épée, et les princes avec l'étendard.
Le chapitre de Magdebourg s'élant divisé dans l'élection du nouvel archevêque, Frédéric intervient. Il donne au duc Welf, le marquisat de Toscane. Frédéric, après s'être fait couronner une seconde fois à Ratisbonne.
Diète de Constance. Frédéric y répudie sa femme Adélaïde de Vohibourg, sous prétexte qu'elle était sa parente au quatrième degré.
La populace (de Milan) déchire et foule aux pieds le mandement... Frédéric détache les fourriers de l'empire pour recueillir les contributions imposées, à cette occasion, aux Etats de Lombardic.... Les consuls de Milan, Gérard le Noir et Otbert ab orto, cherchent à faire périr son armée
S'élant ensuite fait couronner roi d'ilalie. d'abord à Pavie, puis à Monza, Frédéric marche à Rome... il y est sacré et couronné empereur par .\drien IV.
Un différend subsistait depuis douze ans entre Henri le Lion, duc de Saxe, et Henri Jasomergot, margrave d'Autriche, par rapport au duché de Bavière. Ce dernier se démit entre les mains de Frédéric du fief contentieux et lui remit les sept étendards.
Frédéric érigea en sa faveur le Margraviat d'Autriche en duché héréditaire... il donna aux ducs d'Autriche un rang parmi les ducs nationaux, l'alatini archiduces, el immédiatement après les princes électeurs.
Le Comité Palatin du Rhin, devenu vacant par la déposition de Hermann de Stahleck. est conféré par l'empereur à son frère Conrad de HoUemlaufen.
Frédéric célèbre son second mariage, avec Béatrice, héritière de Renaud, comte d^- Bourgogne. Celte alliance res serre les liens quelconques qui attachaient encore le royaume d'Arles à l'empire. Le roi d'Angleterre, qui était alors en guerre avec le roi de France, recherche l'alliance de Frédéric et s'engage à le secourir de toutes les forces de son royaume, par une suite des égards qu'il devait à sa qualité d'empereur.
Le pape, par un bref, exhorte l'empereur à* faire relâcher ce prisonnier par égard pour le St-Siège, et par un juste retour de reconnaissance envers le Souverain Pontife qui s'était empressé de lui conférer la couronne impériale, et qui s'applaudissait encore de lui avoir accorder ce bénéfice. Ces expressions insolites et la qualification insolite de frère, que lui avaient donnée les cardinaux ayant été relevées par la Diète de Besançon, le cardinal Boland, l'un des légats, soutient que l'Empire est un fief du Saint-Siège.
Frédéric déclara qu'il portait la couronne de l'Empire par le bénéfice de Dieu seul.
Ladislas, duc de Bohème, que l'empereur avait nommé son vicaire en Allemagne, obtient le titre de roi.
Frédéric assiège Milan : la ville se rend : l'empereur la punit. Il se fait couronner pour la 3' fois à Monza.
Bulgaru» de Bulgarie. La reclierclie des droils de la couronne est confia à
quatre jurisconsultes bolonais : Butgaru* de Balgaris....
Henri le Lion et Albert l'Ours sou- Henri le Lion et Albett lOiir* se liguent pour faire la
mellent les Slaves. guerre aux Slaves, et les asservissent.
FrWéric convoque les Étals de Fri-déric convoque les États de ce royaume dans les
Milan dans les champs de Roncale. champs de Roncale. La ville de Milan fut rasée, et Ion
Milan rasée — la charrue sur les ruiucs sema du sel dans les slllous comme une marque de malé-
— on y sème du sel. Mal»'>diclion '. diction.
Cette consultation de Pfeffel est non moins évidente en ce qui concerne soit la suite de la biographie de Frédéric Barberousse, soit les événements marquants du règne de Philippe, fils de Barberousse^, et c'est encore Pfeffel que nous retrouvons dans la plupart des notes du résumé du manuscrit du Rhin^. C'est donc à Pfeffel que V. Hugo doit la plupart de ses connaissances précises sur l'histoire des descentes des empereurs d'Allemagne en Italie.
Amalgame et généralisation des renseignements recueillis.
— Car il faut bien voii- que les Quatre Romances ne sont, selon le procédé ordinaire de Hugo, qu'une généralisation
I. Il en est de même de toutes les notes prises sur Frédéric I, que nous citons ici, en mettant en tèle le numéro des pages de Pfeffel, où l'on pourra retrouver leur source :
P. 33o. Choisit entre deux papes. Alexandre III et Victor IV, puis Victor est excommunié par Alexandre.
P. 33 1. Canonisation de Charlemagne par Pascal III. Frédéric vend à Barisona, grand juge d'Arboréa, la royauté de Sardaigne — conflit — il partage l'ile entre les deux républiques de Gènes et de Pise.
P. 332. Fait pendre les otages des villes lombardes, et jette son gant dans l'assemblée des Etats de Milan. Peste.
P. 333-34o. Alexandre III, réfugié à Venise, donne l'Adriatique pour épouse au doge :
Frederico imperante et Pedro pontificante.
Chute et démembrement de Henri le Lion, duc de Bavière. Avec les débris, j'ai fait quatorze princes.
Les princes des Slaves créés ducs de Poméranie. Saladin prend Jérusalem.
Frédéric se croise, ii88; mort 1189. 1" grand maître de l'Ordre Teutonique.
P. 340. Henri Walpott de Bassenheim.
a. P. 70 du Ms. des Burgraves .