Etat C du manuscrit, voir p. i
2. C'est-à-dire après le grand ébranlement cérébral du poète. Cf. M°" R. Lesclide. V. Hugo intime. Paris, Juven, 1903, p. 2 et sqq.
3. La forteresse du Fraxinet et sa dernière garnison furent détruites par Guillaume de Provence en 980.
Absence de méthode. Comment V. Hugo consultait Moreri. — Dans ce large espace de temps, Hugo recueille des noms et des faits, abstraction faite de leur concordance de date. Son premier souci de documentation historique, si Ton peut donner ce nom à ses singulières recherches, l'amena, comme toujours, à consulter Moreri, et de quelle étrange façon ! Il choisit, en effet, l'article Malespine et feuilleta la lettre V pour en extraire les notes qui suivent :
Moreri.
(Article malespine.)
Maïespine, marquisat souverain d'Italie, c'est proprement celui de Masse.
Guillaume Slale$pine. marquis de Lunigiane. ' servit l'empereur Olbon contre les Sarrasins de la Calabre, et il épousa Giberge, fille de Gnaimar, prince de Saicme.
Obizon, son fils.
Azolin Malespine qui fut père d'Azon, marquis en Italie. On dit que celuy-cy <'pousa Ermengarde. fille de Hugues II. comte du Mans. Leun enfants furent Fouques qui rivait en 1099 ;
Hugues, comte du Mans, qui vendit le comté à Elie de la Flèche, son cousin.
Isnard (1108) qui épousa Sichclganta, qu'on rroil fille d'un roi de Sardaignc.
Obizon son fils.
llorello, auquel les Génois firent la guerre l'an 11 72 et il leur céda Pictracoperta pour avoir la paii.
Guillaume Malespine. marquis de Masse.
Carrare, servit les Génois contre les .\slésans, et mourut laissant divers enfants, entre autres Isnard qui suit. Alt>ert ; Franrois-Mainfroi.
Isnard Malespine, marquis de Masse, épousa (jibitose. fille d'.\zon V, marquis de Mantoue et de Ferrare et d'Elise d'Antioche, dont il eut Gabriel qui laissa Spinetta Malespine, chassé de ses Etats par Castruccio Castracani ; il se retira auprès de Mastin de l'Escale, prince de Veronne.
Notes de V. Hugo.
(Ms. p. 253.;
Guaymard, prince de Saleme,
Agrippin et Gilou, Guaymard, Malaspina.
Obizon, fils d'Azon, marquis en Italie.
Foulques, fils de Rodolphe (Rie., t. 508)«. Hugues, comte du Maus.
Êlie de la Flèche, son cousin.
Sichdganta, fille du roi des Sardes.
Isnard, Morcllo, Allemands-.
Pietra-Coperta.
Carrare.
Il servit les Génois contre les .Astésans {Cons.
Albert; François-Hainfroi.
Et le roi de Vicence, Mainfroi.
Il épousa 1^ fille du marquis Azon, Cubitosa (Con»., V. 87-88;.
Elise d'Antioche.
Spinetta.
Castracani.
Martin^ delà Scala le prince de Vérone {Cons.. T. 43-44).
1. Abréviations : Cons. Les Conseillers probles et libres. — Elc. Elciis. — Fab. La Confiance du marquis Fabrice.
2. Dans le fragment 25"3 que nous citons ici, cette note est située, pour la rime, immédiatement au-dessous de Hugues du Mans.
3. 11 semble bien qu'en lisant l'article Malespi.ne, V. Hugo ait eu d'abord l'intention d'écrire non pas Martin, mais Maslin : en tous les cas. il adopta Martix. Martin pour Mastin est d'ailleurs une faute qu'on rencontre dans les éditions de Moreri postérieures à i683 : art. Yéro:»e.
Galéol, p6rc de SpinoUa II; Charles III, roi de Napics, lui donna le duché de Gravina.
Antoine Albcric épousa Jeanne Malespine, sa cousine, marquise de Fivizano, dont il cul six lils dont Gabriel, lige des marquis de rosdinovo.
Jacques Malespine acquit Carrare, Monita et Lavcnza. Il fut lieutenant de Ludovic Sforce, lan 1470 ; il eut de Thadea Pic, fille de François, marquis de la Mirande, Albéric qui suit.
Alliéric Malespine... Il épousa Lucrèce, fille de Sigismond d'Est. Il eut de cette alliance trois tilles. L'aînée fut mariée à Scipion de Fiesque, comte do I^vagnc. Richarde (1515) pril une seconde alliance avec Laurent Cibo, comie de Fercntillc.
Sa troisième sœur prit alliance avec le célèbre Bojardi, comte de Scandanio.
Galcotti.
Le duc de Gravina(S/c , v. 510).
Fivizano.
Fosdinovo [Etc., y. 533).
un fils qu'il eut de Thadea, marquise de Mirande ' grande
Sigismond d'Est qui fit faire à Lucrèce offrande Fiesque, comte de Lavagne.
Laurent Cibo(Co»s.,v.23), comte de Férenlille Boiardo, comte de Scandanio.
Lettre V.
VALENCE. Conciles. Quelques évoques des Gaules, à la tète desquels était Pliebadius d'Agen, s'assemblèrent en 374 à Valence... Ce canon fut fait au sujet d'Acccplus, évèque do Fréjus. Au deuxième concile (oSt) Sapaudus d'Arles présida... En 890 Louis, fils de Bozon. fui établi roi d'Arles, par les prélats assemblés an cette ville.
VERCEIL. Conciles.
Jean François Bonhomme, évèque de cette ville, y tint un synode l'an 1375.
VITERBE. Tiberio Mutio Domicelli, évêquç de Viterbe, y publia des ordonnances synodales l'an ! 614 et 1624.
VRBAIN IV. Se nommait /acçxes-Pantaléon.
D'autres assurent que son nom de famille était du Court-Palais. Nous savons du moins qu'il n'était fils que d'un savetier... Quelque temps «près, il se retira à Orviete.
VRBAIN V. François, natif du domaine de j'ende en Gévaudan.
VRBIN. archevêché. La ville capitale est Urbin, les autres sont Pezaro, Gubio, Senigaglia, Urbanea, Cagli, Moniefeltre.
Notes de V. Hugo.
Phcbadius d'Agen.
Acceptus, évèque de Fréjus {Fab., v. 767). Sapaudus d'.\rles fut président du concile (de Valence) {Cons., v. 21).
Sieur Jean François Bonhomme, évèque de Verceil. haut conseil.
{Cons., V. 3.)
Tiberio Mulio Domicelli, Tévèque de Viterbe.
Urbain quatre... Ayant fait nommer pape Jacques de Court-Palais, ce fils d'un savetier (Fab.,v. 684).
Orvielto
Cet Urbain V, natif de Mende en Gévaudan.
Villes : Urbin, Monlefeltro, Gubio, CagH. (Pezaro a été inscrit au verso de la page à côté de Massa et Carrara, citées plus haut).
Victor Hugo se fait un jeu de trouver dans Moreri des vers tout faits :
Il servit les Génois contre les Astésans.
OU de transformer sur-le-champ la note en alexandrins complets ou en hémistiches :
Obizon, fils d'Azon, marquis en Ilalie.
Il épousa La fille du marquis Azon, Gubitosa.
Martin de la Scala, le prince de Vérone. ....Sichelganta, fille du roi des Sardes.
Husfues, comte du Mans.
.... Laurent Cibo, comte de Férentille.
Acceptus, évêque de Fréjus.
Doraicelli, levêque de Viterbe.
Cet Urbain V, natif de Mende en Gévaudan. Ayant fait nommer pape Jacques de Court-Palais, ce fils d'un savetier... Sieur Jean-François Bonhomme, évêque de Verceil.
Sur cette même feuille de notes, Hugo a jeté encore des vers improvisés et quelquefois incomplets, dont quelquesuns semblent un reflet de souvenirs contemporains :
Le pape... qu'il aille demander
Une fuite rapide aux galères de Gênes* (Fab., 4i-4'^)>
et les autres sont une préparation au décor moyen-âgeux :
L'exarque Sapaudus et le marquis Sénèque
(Cons., V. ai-22).
Le duc d'Urbin avec son frère l'archevêque
[Cons., V. 3i).
Le mégaduc (Guiscard'i et Gui, comte d'Athènes
{Cons., T. 45).
Avec son fils le sombre capitaine
{Cons., V. 4(J)-
Dont les clairons semblaient des bouches d'aquilon
[Cons., y. 47).
De plus, des petits rois, Guiscard et Thassilon
(Cons.. V. 48).
Fiers, hommes de paroles, ils ne s'embrouillaient point Aux finesses du clerc au sordide pourpoint
moine
I. On connaît la fuite terrestre de Pie IX à Gaëte. Cette même feuille
contient encore deux vers curieux, issus d'une lecture ou de la fantaisie du
poète, utilises dans Elciis (v. 534) '■
L'armte au premier choc plie et ce guerrier rare Prit la fuite cl reyiul en chemise en Ferrarc.
Qui crache du latin et fait des hexamètres
Etant des gens de guerre et non des gens de lettres
{Elc, V. io5-io8).
Et vous n'avez point là Bélisaire pour faire échec à Totila.
{Elc, V. 981-82).
On peut remarquer que parmi ceux de ces vers de premier jet qui ont été retenus par Hugo, les uns ont été utilisés pour Ratbert, les autres pour Elciis, ce qui est une preuve de plus de la communauté d'origine des Quatre Romances .
Autre source générale du Romancero italien, La Vicomterie. — Moreri ne fut pas, avec Pfeffel, la seule source de Hugo; il semble bien que parmi les auteurs consultés à propos de l'Italie du moyen âge, il faille compter aussi le député de la Convention La Yicomterie de Saint-Samson', auteur des Crimes des Papes. La lecture de la préface fait songer au procédé de généralisation et d'images concrètes habituel à V. Hugo ; il y a là une manière de synthèse gauche et brutale des crimes de la papauté : sorte de maçonnage informe et grossier qui est comme la caricature de l'édifice élevé plus tard par l'auteur de la Légende des Siècles.
Cette préface n'est autre que l'explication d'une gravure où l'on voit des bûchers, un ange exterminateur* qui tient un glaive au milieu des nuages ^ une femme qui, les seins découverts, et pareille à Matha,
92. Couchée et comme lasse au milieu des coussins, Enivre des prélats d'attitudes lascives ;
auprès, un prince qu'on fouette de verges, des instruments de torture, un tigre revêtu d'ornements pontificaux et qui