J!^e ^Ain, lettre XXIV
5. Où nous retrouvons d'ailleurs le marquis de Montferrat et le duc d'Urbin, v. 3i et 36, cités plus haut.
ne saurait nier, c'est qu'entre toutes les diètes dont le souvenir se présentait à la pensée du poète, la célèbre diète que Frédéric Barberousse tint dans les champs de Roncales s'imposa d'abord à son esprit. Outre que Frédéric Barberousse était l'empereur dont Hugo, après les Burgraçes^ connaissait le mieux l'histoire, le débat de Roncales était trop visiblement voisin des questions qui s'agitaient alors en Italie, pour que l'exilé de Guernesey dédaignât le rapprochement.
En i85o, l'Autriche mettait encore en usage, dans les Ecoles italiennes, un petit manuel significatif : Des'oirs des sujets envers leurs souverains^ pour servir à V instruction et aux exercices de la seconde classe des écoles élémentaires. A cette demande : Pourquoi les sujets doivent-ils se comporter comme des serviteurs ? la réponse était : Parce que le souverain est leur maître et a tout pouvoir tant sur leurs biens que sur leur vie\
Or voici ce que Hugo pouvait lire dans La Vicomterie :
« Frédéric Barberousse tint une assemblée à Roncales : là, il y eut un trafic des droits du peuple entre les nobles, les prêtres et l'empereur. Une dispute s'éleva entre deux jurisconsultes, Martin prétendant que les sujets avaient seuls la propriété de leurs biens, et Bulgaris soutenant, au contraire, que l'empereur était maître de tous les biens de ses sujets. Frédéric, comme de raison, fêta beaucoup celui-ci et lui fit présent de son cheval^ ».
A Jean de Garrara qui vient de déclarer :
i36. Je suis ton homme-lige, et toujours, n'importe où, Je te suivrai, mon maître, et j'aimerai ta chaîne,
ce n'est pas son cheval que donne Ratbert, mais son collier d'or. Le geste est le même.
1. Milan, 1824. Cité par Bianchi-Giovini, p. i et 2. h' Autriche en Italie, Paris, i853.