Cf. pp
2. Hugo connaissait les œuvres de Barjaud. Le Conservateur littéraire (t. III, p. 121) avait publié un fragment de son épopée sur Charlemagne (cf. le Parricide, p. 317).
devant Rome, et, signalant les vertus distinctives de chacun, parlait ainsi du neveu de Tempereur :
Roland, qui seul détache et soulève un l'ocher Que dix guerriers en vain tenteraient d'arracher, Et qui, déracinant le tronc noueux d'un chêne Dans sa robuste main le balance sans peine'.
Le procédé de contamination. — Ce court emprunt, fait à TArioste, nous semble d'un grand intérêt ; il nous montre Hugo, usant, dès 1846, du procédé de généralisation, dont il ne se départira plus.
Les emprunts au Roland furieux seront plus nets et plus nombreux dans le Petit Roi de Galice. L'agglomération des légendes les plus diverses autour d'un seul nom, et même au prix de graves erreurs historiques, paraîtra à Y. Hugo une des lois de l'épopée. Il croira pouvoir élaborer à lui seul le travail de la tradition.
Il a créé, lui semble-t-il, le Burgrave par excellence, en juxtaposant les générations successives des seigneurs féodaux du Rhin et en amalgamant des récits légendaires de l'Allemagne. C'est d'une manière analogue, qu'au Roland de la Chanson de Theroulde, il tend, dans le Petit Roi de Galice^ à substituer un Roland issu d'une généralisation idéale et fait du mélange de toutes les fables qu'il (-onnaît sur le héros.
I. Homère ou V Origine de V Iliade et de l'Odyssée. Poème suivi de fragments d'un poème intitulé Charlemagne. Paris, Blanchard, 181 1.