AYMERILLOT
Jubinal et les manuscrits de la Chanson iVAinieri. — Le texte de Jubinal. — Les erreurs de JubinaL — La supercherie du Chant d'Altabiçar. — Corainent Jubinal a cette fois facilité la tâche du poète. — Autres sources : a) le sentiment de la nature ; b) le voisinage des Burgraves ; c] V. Hugo est à lui-même sa propre source. — Scrupules de vérité historique, — Evolution de l'inspiration du moyen âge chez Hugo après le coup d'Etat.
Jubinal 8t les manuscrits de la Chanson d'Aimeri. — Jubinal donnait cette fois, comme modèle, àV. Hugo, une adaptation somme toute habile, malgré ses contresens de détail, des premières pages du manuscrit 24369 de la Chanson d\iimeriK
Le manuscrit 24369 est surtout celui qu'a consulté Jubinal. La Bibliothèque nationale ne possède que deux manuscrits d'Aimeri de Narbonne : le i448 et le 24369, Le i448 est le moins net, et Jubinal, médiocre liseur, a dû préférer le plus facile.
Les preuves données jusqu'ici pour établir que Jubinal s'est servi du 24369, ont été tirées des noms propres-. Ce manuscrit nomme Ric hier, un héros appelédans le i448 Richard. Jubinal écrit Richer. De là une première probabilité. Jubinal, il est vrai, altère tous les noms qu'il rencontre : il écrit Hue, pour Hoël ; Beauléande, pour Biaullande ; Gérard pour Gyrard. Mais le changement de Richard en Richer n'est guère vraisemblable, et l'on procède généralement en sens inverse, du moins connu au plus connu ; il est plus naturel de transposer Richer en Richard, que Richard en Richer. De là un premier argument.
En voici un autre tout au moins aussi probant. Jubinal